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    Cossette et Cosmos campent sur leurs positions

    Cosmos n'augmentera son offre d'achat que si l'agence lui ouvre ses livres, ce qu'elle lui refuse toujours

    Cossette estime que l’offre d’achat de 7,87 $ de Cosmos, équivalente à celle de sa rivale Mill Road, n’est pas dans son intérêt supérieur et recommande son rejet pur et simple.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Cossette estime que l’offre d’achat de 7,87 $ de Cosmos, équivalente à celle de sa rivale Mill Road, n’est pas dans son intérêt supérieur et recommande son rejet pur et simple.
    Cossette n'entend pas ouvrir ses livres au Groupe Cosmos à moins que celui-ci présente une offre «clairement supérieure» à celle de la firme américaine Mill Road Capital, qui bénéficie d'ailleurs de l'appui indéfectible du conseil d'administration de l'agence. Pas question d'augmenter la mise sans avoir eu accès aux données financières, répond Cosmos, en ajoutant qu'il n'entend pas jeter l'éponge.

    Le conseil d'administration de Cossette a lancé hier une nouvelle attaque contre le groupe fondé par deux anciens dirigeants de l'agence en affirmant que l'offre à 7,87 $ présentée par Cosmos, offre équivalente à celle de Mill Road, «n'est pas dans le meilleur intérêt de Cossette et de ses actionnaires». Il a donc recommandé son rejet pur et simple, par voie de communiqué.

    Qui plus est, il n'est toujours pas question de lui donner accès aux données financières de l'entreprise. En vertu de l'entente de fusion signée avec la société américaine, Cossette ne peut en effet se pencher sur une autre offre que si elle constitue une «proposition supérieure, au sens de l'entente de fusion, ou pourrait raisonnablement y mener».

    Or, a fait valoir hier le porte-parole de l'agence, Marcel Barthe, les 7,87 $ avancés par Cosmos ne répondent pas à ce critère. Cette offre est de plus assujettie à une série de conditions qui permettraient à cet acquéreur potentiel de se retirer à tout moment du processus de rachat, a-t-il ajouté. «Cossette ne peut donc pas accorder à Cosmos l'accès à la salle de données virtuelles et lui fournir des renseignements non publics, parce que notre entente nous l'interdit.» Dans le cas contraire, la plus importante agence de publicité de propriété canadienne s'exposerait à des frais de résiliation de 3,25 millions.

    M. Barthe a plutôt invité Cosmos — dirigé par François Duffar, ex-vice-président et ex-président de l'agence, et Georges Morin, ex-vice-président principal — à présenter «une offre clairement supérieure [...] parce que le rôle [du conseil d'administration] est de maximiser la valeur pour les actionnaires». Dans une lettre envoyée la semaine dernière au comité spécial mis sur pied par l'agence, le groupe a bien signifié qu'il serait prêt à bonifier son offre d'achat à 8,10 $ l'action, mais sous réserve d'avoir accès aux livres de l'entreprise. Mais cela ne suffit pas, selon Marcel Barthe. «On nous dit: "On peut aller plus haut". Allez plus haut ou démontrez-nous que si vous allez plus, vous avez la capacité de réaliser votre offre», a-t-il lancé hier.

    Cossette a d'ailleurs soumis une série de questions à Cosmos afin de vérifier la solidité du financement obtenu pour honorer son offre. Les réponses sont fournies au fur et à mesure, a précisé hier la porte-parole de Cosmos, Sylvia Morin. Et le groupe a clairement indiqué que «la perspective de bonifier l'offre à 8,10 $ est on ne peut plus sérieuse», a-t-elle assuré. Mais pas question de l'augmenter sans avoir vu les livres. Or, a réitéré Mme Morin, Cossette semble utiliser tous les outils à sa disposition afin de «repousser une décision» en ce qui a trait à l'accès aux données.

    Pure «paranoïa», a répondu Marcel Barthe. «Il n'y a pas de volonté de bloquer Cosmos, mais de maximiser la valeur pour les actionnaires.» M. Barthe s'est aussi permis de décocher une flèche à l'endroit de Cosmos en remettant en question les motifs qui poussent le groupe à se maintenir dans la course. «Est-ce qu'ils sont là pour faire monter la valeur des actions pour leur propre portefeuille où sont-ils là pour faire l'acquisition de Cossette?», a-t-il lâché.

    Guerre ouverte

    Visiblement, les couteaux volent bas entre les deux camps. Il faut dire que la volonté de Cosmos de racheter l'entreprise découlerait d'une mésentente quant à la gestion de celle-ci. Une mésentente qui aurait mené au départ de MM. Duffar et Morin, selon ce qu'a confirmé une source bien au fait du dossier. L'agence a également perdu des contrats importants — dont Bell, Molson et le Groupe Pages jaunes —, en plus de devoir affronter une crise économique profonde et d'assister à la diminution de la diffusion publicitaire dans les médias traditionnels.

    Pour sa part, Michel Nadeau, directeur de l'Institut sur la gouvernance, a simplement rappelé que dans les circonstances, «le rôle du conseil d'administration est de chercher à maximiser la valeur pour les actionnaires». Il n'a toutefois pas voulu spéculer sur la suite des choses dans cette saga qui dure depuis le mois de juillet.

    L'analyste Adam Shine, de la Banque Nationale, croit quant à lui que la transaction se concrétisera à plus de 7,87 $ par action. «Il est dans le meilleur intérêt des investisseurs que Cossette permette à Cosmos de prendre connaissance de ces informations pour lui donner l'occasion de formuler une offre plus élevée», a-t-il indiqué dans une note rendue publique la semaine dernière.

    Bref, d'ici l'assemblée des actionnaires de Cossette, prévue le 18 décembre, les enchères pourraient encore grimper et dépasser l'offre de Mill Road à 7,87 $ l'action, soit 131,5 millions pour le tout. L'action a terminé la journée à 8,02 $ hier à la Bourse de Toronto.












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