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    Équilibre budgétaire - Priorité à la hausse des tarifs d'Hydro

    «À quoi sert l’Hydro dorénavant: à se payer des bas tarifs ou à nous aider en santé, à nous aider à réduire la dette à long terme? L’électricité, c’est sûr que c’est une piste de solution qu’il faut avoir», a déclaré hier le ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir «À quoi sert l’Hydro dorénavant: à se payer des bas tarifs ou à nous aider en santé, à nous aider à réduire la dette à long terme? L’électricité, c’est sûr que c’est une piste de solution qu’il faut avoir», a déclaré hier le ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand.
    Québec — Alors que s'amorcent les consultations prébudgétaires, la hausse des tarifs d'électricité vient au premier rang des moyens que préconise le ministre des Finances, Raymond Bachand, pour sortir de l'impasse financière de 5 milliards qui attend le Québec en 2013-14. En deuxième place arrive le contrôle des coûts en santé par l'augmentation de la productivité, ainsi que par la possible création d'une «contribution santé».

    En matière de tarifs d'électricité, «il y a une question de fond: quel est l'écart qu'on veut par rapport à l'Ontario?», a demandé Raymond Bachand dans une allocution qu'il a prononcée hier lors du colloque, organisé par CIRANO et la chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques de l'Université de Sherbrooke, sur les enjeux des finances publiques du Québec.

    «À quoi sert l'Hydro dorénavant: à se payer des bas tarifs ou à nous aider en santé, à nous aider à réduire la dette à long terme? L'électricité, c'est sûr que c'est une piste de solution qu'il faut avoir», a soutenu Raymond Bachand devant un auditoire d'économistes tous convaincus que la «rente» d'Hydro-Québec doit maintenant servir à payer les services publics. À titre de comparaison, le consommateur résidentiel paie 6,7 ¢ le kWh au Québec tandis qu'en Ontario, le tarif avoisine les 11 ¢.

    En deuxième lieu, il faut maîtriser les coûts de santé et envisager l'imposition d'une contribution santé, a souligné M. Bachand. Le gouvernement a formé un groupe de travail, auquel participent le ministre des Finances, la présidente du Conseil du trésor, Monique Gagnon-Tremblay, et le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, pour limiter la croissance des dépenses en santé, qui s'est élevée à quelque 6 % par an en moyenne ces dernières années. M. Bachand a aussi signalé l'existence d'une dizaine de projets-pilotes en collaboration avec la CSN en vue d'améliorer la productivité dans les hôpitaux.

    Au troisième rang, le ministre a indiqué la possibilité de créer un fonds spécial en transport, tant pour les infrastructures routières que pour le transport en commun. Le quatrième point d'importance, c'est un plan à long terme de remboursement de la dette, qui pourrait se traduire par une augmentation des contributions au Fonds des générations. Enfin, la création de richesse, «c'est la vraie solution», a conclu M. Bachand. Le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Clément Gignac, planche sur une nouvelle stratégie de l'innovation tandis qu'au gouvernement, on cherche des moyens d'augmenter la population active en incitant les travailleurs âgés à demeurer sur le marché du travail.

    Interrogé par Le Devoir, l'économiste Pierre Fortin, qui participait à ce colloque, s'est montré piqué par le dur jugement qu'a porté Jacques Parizeau dans son dernier ouvrage paru la semaine dernière. L'ancien premier ministre a qualifié de «déclinologues» le groupe des lucides, notamment, dont faisait partie M. Fortin et qui font une obsession de l'équilibre budgétaire et du vieillissement de la population. L'ancien premier ministre a qualifié de «jansénisme financier» la préoccupation du déficit zéro affichée par le gouvernement de Lucien Bouchard. «Il lance des noms», a déploré Pierre Fortin. La situation démographique est une réalité et la réduction de la dette en période de croissance économique est un moyen de réduire le service de la dette de façon à dégager une marge de manoeuvre pour éponger les dépenses en santé qui iront en grandissant, a plaidé l'économiste.

    «Je me réjouis que la dette soit une obsession au Québec», a pour sa part déclaré l'économiste de l'Université de Sherbrooke Marcellin Joanis qui, avec Claude Montmarquette, ont attaché le grelot dans un rapport en 2004.

    Cité allégrement par Jacques Parizeau dans son livre, Luc Godbout, également de l'Université de Sherbrooke, a dit moins s'inquiéter du vieillissement de la population que de la baisse absolue et relative du nombre de personnes en âge de travailler. Cinq ans après la présente récession, la croissance économique ne sera plus que de 1,4 % par an au Québec, bien loin des 4,5 % enregistré durant la dernière période de croissance économique.












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