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    La raffinerie d'Ultramar à Lévis devrait survivre

    La raffinerie Shell de Montréal-Est, mise en vente en juillet dernier par Royal Dutch Shell, traite 130 000 barils. Elle emploie 550 personnes, dont 350 syndiqués.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La raffinerie Shell de Montréal-Est, mise en vente en juillet dernier par Royal Dutch Shell, traite 130 000 barils. Elle emploie 550 personnes, dont 350 syndiqués.
    Les installations d'Ultramar à Lévis devraient être épargnées par une nouvelle vague de fermeture de raffineries en Amérique du Nord. Mais cette survie reposerait notamment sur une fermeture de la raffinerie de Shell à Montréal-Est, devenue inévitable selon un expert de l'industrie.

    L'annonce, par l'entreprise texane Valero Energy Corp, de la fermeture d'une raffinerie au Delaware est venue gonfler la liste des réductions de capacité de raffinage en Amérique du Nord. Le consultant pétrolier Roger McKnight a indiqué qu'il s'agissait de la fermeture la plus importante cette année aux États-Unis, cette raffinerie ayant une capacité de 210 000 barils par jour. Selon les détails fournis par La Presse canadienne, Valero a déjà réduit la cadence dans deux autres installations du Delaware, et indiqué qu'elle le ferait dans ses installations du New Jersey d'ici à la fin de l'année. Elle a également fermé sa raffinerie de 275 000 barils par jour à Aruba, en juin. Western Refining et Sunoco lui ont emboîté le pas, au Nouveau-Mexique, au New Jersey.


    Fermeture de Shell à Montréal-Est

    Le consultant a également rappelé que Valero, premier raffineur aux États-Unis, était propriétaire d'Ultramar Canada. Le spécialiste d'En-Pro International, un cabinet de consultation d'Oshawa, estime cependant que la raffinerie d'Ultramar à Saint-Romuald, près de Québec, devrait échapper à l'actuelle série de réduction des capacités, la raffinerie québécoise de 265 000 barils par jour devant notamment sa survie à une fermeture de Shell à Montréal-Est, qu'il estime inévitable. Le conseiller ne croit pas qu'un acheteur va manifester un intérêt pour les installations montréalaises mises en vente en juillet dernier par Royal Dutch Shell. Cette raffinerie traite 130 000 barils. Elle emploie 550 personnes, dont 350 syndiqués.

    Le président de la section 121 du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP), Jean-Claude Rocheleau, a souligné hier que le dossier de la mise en vente des installations de Shell à Montréal-Est n'avait pas évolué depuis l'été dernier. «Nous en sommes au même point», dit-il. La dernière mise à jour a eu lieu en septembre. La prochaine rencontre avec la direction est prévue pour le début de décembre.

    En juillet, Shell entreprenait un examen stratégique de ses éléments d'actif en aval. Cinq options étaient à l'étude pour les installations montréalaises, soient le statu quo, la fermeture, la vente, la transformation des installations en terminal et la mise sur pied d'une coentreprise. Le syndicat apprenait en même temps que la raffinerie avait été officiellement mise en vente, le géant pétrolier cherchant alors à mesurer la présence d'acheteurs potentiels, sérieux. «Ils nous ont dit qu'il y avait des acheteurs intéressés. Mais nous n'en savons pas davantage», a ajouté Jean-Claude Rocheleau, qui a déjà vécu la fermeture d'Esso, en 1983.

    Vieilles de 75 ans, les installations montréalaises de Shell ont toujours été bien entretenues. Elles ont bénéficié d'ajouts et d'investissements fréquents, ne serait-ce que pour suivre l'évolution des normes de raffinage sans cesse resserrées. «Depuis dix ans, ces installations sont parmi les meilleures raffineries de Shell», avait expliqué le président syndical, en juillet dernier. Et lors de la flambée des cours pétroliers et des prix de l'essence en 2007, les analystes et les dirigeants ne rataient pas une occasion de déplorer l'insuffisance des capacités de raffinage. Or, les grandes pétrolières intégrées ont plutôt tendance ces dernières années à se départir de leurs activités en aval, préférant consacrer leurs ressources à l'exploration et à la production en amont. Dans le raffinage, la mode était plutôt à la construction de mégaraffineries ayant des capacités de 400 000 barils par jour, disait-on.

    «Le contexte économique a changé. Aujourd'hui, avec une demande en baisse, peut-être les raffineurs préfèrent-ils exploiter pleinement des installations plus petites plutôt que sous-utiliser des installations plus grandes. Du moins, la récession est venue relancer le débat sur la taille des raffineries», a ajouté M. Rocheleau.

    Si Shell retient le scénario de fermeture, il faudra alors surveiller la réaction de Petro-Canada, qui cohabite avec Shell à Montréal-Est en exploitant des capacités de transformation similaires. Puisqu'elle partage les coûts d'infrastructure avec Shell, si Petro-Canada doit absorber seule ces coûts, la capacité concurrentielle de sa raffinerie en sera perturbée, prévient-on.

    Le consultant Roger McKnight s'attend à une disparition prochaine de 15 % de la capacité de raffinage aux États-Unis.












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