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    Portrait - Des condos à la carte

    Développements McGill entend construire 200 condos par année à Montréal au cours de la prochaine décennie: de l'abordable au luxueux pour les familles, les empty nesters, les écolos ou les amoureux du design

    Stéphane Côté est propriétaire de Développements McGill à égalité de parts avec ses deux amis et partenaires silencieux, Philippe Boisclair et Christian Dusablon. C’est toutefois lui qui dirige la boîte.
    Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Stéphane Côté est propriétaire de Développements McGill à égalité de parts avec ses deux amis et partenaires silencieux, Philippe Boisclair et Christian Dusablon. C’est toutefois lui qui dirige la boîte.
    À l'âge de 24 ans, encore étudiant, Stéphane Côté achète en 1992, avec un ami d'enfance, deux triplex en mauvais état situés rue Saint-Urbain, à Montréal, pour les rénover eux-mêmes et les louer par la suite. Cet investissement de 120 000 $ par triplex fut le premier pas de ces apprentis entrepreneurs vers la création, en 1998, de l'entreprise Développements McGill (DM), qui depuis 10 ans a effectué des investissements immobiliers de 175 millions et vient d'annoncer une injection supplémentaire de 30 millions dans la troisième phase de son projet de condominiums dans le Vieux-Montréal. Mais ce n'est là qu'un début.

    «On a fait nos classes. À 40 ans, on est capables de passer à une autre vitesse», affirme M. Côté, qui désire construire 200 unités de condo par année au cours de la prochaine décennie, en pleine ville de Montréal.

    À 300 000 $ l'unité, il faut un investissement de 60 millions de dollars pour en construire 200. Mais pour arriver à 200 unités par année, il faut en avoir 600 en construction progressive, ce qui veut dire un investissement de 180 millions. «C'est plus facile pour nous d'emprunter 10 ou 12 millions en 2009 que ce l'était pour avoir 100 000 $ à nos débuts», souligne M. Côté, qui est propriétaire de DM à égalité de parts avec ses deux amis et partenaires silencieux, Philippe Boisclair et Christian Dusablon. Stéphane Côté dirige la compagnie.

    N'y a-t-il pas déjà surabondance de condos à Montréal? Ce n'est pas l'avis de M. Côté. Selon lui, peu de construction s'est fait entre 1990 et 2000 et il y a encore du rattrapage à faire à Montréal, où la population augmente de 20 000 par année. Dans la grande région métropolitaine, on compte 8000 mises en chantier par année. Bref, 200 unités de condo, c'est peu, constate le président. Jusqu'à maintenant, DM a touché le marché des jeunes professionnels, notamment sur le Plateau, et celui des empty nesters dans le Vieux-Montréal, c'est-à-dire les couples d'un certain âge dont les enfants ont quitté la maison, qu'ils vendent pour aller s'installer dans un condo.

    Nouvelle clientèle visée : la famille

    La prochaine vague qui viendra, pour la demande de condos urbains, sera celle des familles, prédit M. Côté. «Nous voulons garder ou ramener les gens en ville. Au Québec, on a encore le luxe d'avoir de l'espace, mais quand le coût du baril de pétrole atteindra 150 $US, les gens vont revenir en ville. Il y a aussi le coût de construction des maisons qui va continuer d'augmenter alors que les revenus baissent. En plus, garder les gens en ville, c'est vert. Le condo va donc devenir le choix de plusieurs dans les 10 prochaines années», pense M. Côté. Celui-ci note que cette tendance s'est déjà manifestée dans des villes comme Toronto et Vancouver. «Le ratio "d'inabordabilité" de Montréal est en train de rattraper celui de Toronto», constate-t-il. D'ailleurs, DM, qui inaugurait l'an passé le projet Benny de 114 condos dans Notre-Dame-de-Grâce, a attiré, pour la première fois, des familles. Et cela pour diverses raisons, dont la proximité de parcs, d'écoles, des transports en commun et aussi parce qu'il s'agissait de condos dits «éco-énergétiques».

    Actuellement, DM est très actif dans le Vieux-Montréal, avec son projet baptisé M9, lequel aura ajouté, une fois complété, 400 condos à son portefeuille immobilier. La première phase est terminée et vendue; la seconde, en cours de cons-truction, est vendue à 85 %; et la troisième est en voie de démarrage. DM annonçait récemment une injection de 30 millions dans cette troisième phase, qui comprendra 90 unités dont la configuration définitive n'est pas encore établie.

    Consulter les acheteurs avant de construire

    Pourquoi la configuration définitive n'est-elle pas encore établie? Parce qu'on consulte les acheteurs potentiels afin de savoir exactement ce qu'ils veulent. Il s'agit d'une façon nouvelle de procéder. DM propose une vingtaine de modèles différents de condos, allant d'un prix de 125 000 $ à un million. Le client intéressé peut faire une offre d'achat remboursable qu'on appelle aussi une réservation prioritaire. On demande au client s'il souhaite avoir aussi dans l'immeuble une piscine, un gymnase, etc., en l'informant de l'augmentation du prix et des frais de condo venant avec chacune de ces options. Lorsque le constructeur aura en main un nombre suffisant de clients, il verra quelle est la tendance générale dans leurs préférences, en fonction de quoi il procédera au choix final des clients et des dimensions précises de chacun des condos. Les architectes prendront la relève pour préparer les plans conformément à la demande avant d'en arriver à la construction. L'acheteur devra prévoir un délai de deux ans et demi avant de prendre possession de son condo.

    Pourquoi la configuration définitive n'est-elle pas encore établie? Parce qu'on consulte les acheteurs potentiels afin de savoir exactement ce qu'ils veulent. Il s'agit d'une façon nouvelle de procéder. DM propose une vingtaine de modèles différents de condos, allant d'un prix de 125 000 $ à un million. Le client intéressé peut faire une offre d'achat remboursable qu'on appelle aussi une réservation prioritaire. On demande au client s'il souhaite avoir aussi dans l'immeuble une piscine, un gymnase, etc., en l'informant de l'augmentation du prix et des frais de condo venant avec chacune de ces options. Lorsque le constructeur aura en main un nombre suffisant de clients, il verra quelle est la tendance générale dans leurs préférences, en fonction de quoi il procédera au choix final des clients et des dimensions précises de chacun des condos. Les architectes prendront la relève pour préparer les plans conformément à la demande avant d'en arriver à la construction. L'acheteur devra prévoir un délai de deux ans et demi avant de prendre possession de son condo.

    DM, qui demeure une petite équipe, joue le rôle de chef d'orchestre en repérant d'a-bord les immeubles et terrains intéressants, en montant le projet, en trouvant les capitaux, en s'occupant de la vente, du marketing, et en réunissant tous ceux qui le réaliseront: architectes, ingénieurs et constructeur. DM présente cela comme «une chaîne de réalisation intégrée de la construction à la vente». Les équipes peuvent donc varier d'un projet à l'autre, quoique depuis trois ans le Groupe Mayton est son entrepreneur général. DM a un autre partenaire privilégié en McGill Immobilier, une firme spécialisée dans la mise en marché de projets de condos.

    De quoi les condos de DM ont-ils l'air? M. Côté en fait la présentation suivante: «Notre signature est assez contemporaine, moderne, avec de hauts plafonds, des aires ouvertes, épurées. Nos clients sont des amoureux du design, ils veulent cette touche moderne et recherchée.» Ce sont en fait des condos milieu de gamme et haut de gamme, mais de plus en plus DM veut offrir un produit qui couvre l'ensemble du marché des condos, ce qui va de soi pour celui qui veut désormais vendre 200 condos par année.

    Dans une telle optique de croissance, la clientèle disponible est un facteur incontournable, mais pour une petite entreprise comme DM, il faut aussi se restructurer à l'interne, adopter une nouvelle stratégie, trouver le personnel et, bien sûr, avoir suffisamment d'argent disponible. M. Côté vise des projets qui auront 100 unités ou plus, qui seront réalisés par phase et qui seront «développés à la vitesse de l'absorption».

    Cette croissance anticipée au cours de la prochaine décennie nécessitera-t-elle la venue de nouveaux partenaires financiers? «Pour l'instant, on pense qu'on va pouvoir rester à trois actionnaires dans l'entreprise, mais on devra peut-être diluer notre participation dans des projets en particulier pour aller chercher de nouveaux capitaux», répond

    M. Côté, qui concentre toute son attention sur Montréal en attendant que la situation économique se rétablisse ailleurs, notamment à Vancouver.

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    Collaborateur du Devoir












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