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    Changes: Carney déplore l'entêtement de la Chine

    Tous les pays devraient accepter leurs responsabilités en favorisant un système monétaire international «ouvert, flexible et résilient», a plaidé hier le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, dans un discours prononcé devant la Foreign Policy Association à New York. Une déclaration qui vise directement la Chine et son entêtement à maintenir un régime de changes dirigés, un régime qui nuit au Canada.

    «Essentiellement, cela revient à adopter des politiques macroéconomiques cohérentes et à permettre l'ajustement des taux de change réels afin d'atteindre un équilibre externe avec le temps, a-t-il expliqué. De fait, dans le contexte de la mondialisation des marchés de capitaux, tous les pays d'importance systémique et les zones économiques communes devraient adopter un régime de change fondé sur le jeu du marché.»

    Montrant du doigt la Chine, il a rappelé que son régime de changes dirigés est différent des régimes de changes flottants fondés sur les marchés des autres grandes économies. Or, a-t-il insisté, «la seule intégration de la Chine à l'économie du globe représente un choc bien plus grand pour le système que la montée en puissance des États-Unis au tournant du siècle dernier. La part de la Chine dans le PIB mondial s'est accrue plus rapidement et son économie est beaucoup plus ouverte».

    Qui plus est, l'alignement du yuan sur le dollar américain affecte l'économie canadienne en nuisant à la compétitivité du huard. Mark Carney a d'ailleurs rappelé les impacts négatifs d'un dollar canadien fort. «La volatilité accrue et la vigueur persistante du dollar canadien ont pour effet de ralentir la croissance et de contenir les pressions inflationnistes. La Banque estime qu'avec le temps, la force actuelle du dollar viendra plus que contrebalancer les effets de l'évolution positive observée depuis juillet.» Le dollar a perdu 0,8 ¢US pour clôturer à 94,03 ¢US hier.

    Déjà, a par ailleurs prévenu l'OCDE hier, la croissance canadienne s'annonce faible et risque même d'être freinée par le chômage élevé et le lourd endettement public. «La demande extérieure et l'investissement intérieur paraissent maintenant rebondir, mais ils représentent les plus grands facteurs de risque pour la durabilité de la reprise, a fait valoir l'organisation dans un rapport intitulé Perspectives économiques. Le chômage devrait continuer à augmenter jusqu'à la fin de 2009 et la désinflation sous-jacente devrait se poursuivre pendant plusieurs trimestres, compte tenu du sous-emploi persistant des capacités.»

    L'OCDE presse également la Banque du Canada de maintenir son taux directeur à son niveau actuel — 25 points de base — jusqu'à la fin de juin 2010, comme elle s'y est engagée, «et sans doute au-delà». Elle invite aussi Ottawa à renoncer à toute nouvelle mesure expansionniste.

    «Les pouvoirs publics devraient plutôt préparer un programme détaillé et crédible d'assainissement budgétaire à moyen terme, qui serait annoncé prochainement et appliqué lorsque la reprise sera fermement engagée», souligne-t-on dans le rapport.












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