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    Construction - Le bois prend sa place

    Chantiers Chibougamau doit agrandir ses installations pour répondre à la demande de bois d'ingénierie

    Chantiers Chibougamau a notamment produit des structures pour une tour à bureaux de six étages du FondAction de la CSN à Québec, une première en Amérique du Nord.
    Photo: Chantiers Chibougamau-Nordic Struture Bois Chantiers Chibougamau a notamment produit des structures pour une tour à bureaux de six étages du FondAction de la CSN à Québec, une première en Amérique du Nord.
    Les immeubles non résidentiels érigés en bois, bien qu'encore rares au Québec, se font de plus en plus nombreux, notamment à la faveur de la stratégie d'utilisation du bois en construction lancée par le gouvernement Charest en mai 2008. Et l'entreprise Chantiers Chibougamau compte bien profiter de cette croissance.

    Plus important employeur de sa région, avec plus de 600 employés, Chantiers Chibougamau doit d'ailleurs annoncer aujourd'hui l'agrandissement de ses installations, un investissement de 12 millions de dollars rendu nécessaire pour répondre à la demande en matière de bois dans le secteur de la construction non résidentielle.

    Le directeur des Affaires corporatives et des communications et porte-parole de Chantiers Chibougamau, Frédéric Verreault, a confirmé la nouvelle au cours d'un entretien avec Le Devoir. Le bâtiment en question est déjà complété et le dernier des deux robots d'usinage des pièces de bois est en cours d'installation et devrait fonctionner d'ici une dizaine de jours.

    Cette entreprise familiale fondée en 1961 — qui s'est longtemps concentrée dans la production de bois d'¶uvre — transforme l'essentiel des ressources forestières dont elle dispose en bois d'ingénierie avec deux principaux produits, des poutrelles en «I» et des poutres en colonnes de bois lamellé collé. Ces dernières sont formées de lamelles qui sont collées ensemble pour former des colonnes en mesure de former l'ossature d'un bâtiment.

    «Ce sont des produits à valeur ajoutée qui maximisent la ressource forestière», explique M. Verreault. Et l'utilisation de ces matériaux gagne en popularité. Chantiers Chibougamau a notamment produit des structures pour le stade de soccer intérieur du parc Chauveau, à Québec. L'entreprise a fait de même pour une tour à bureaux de six étages du FondAction de la CSN à Québec et le complexe sportif du collège Marie-Victorin à Montréal. On lui doit aussi la structure du nouveau L'Barouf et du Steak Frites, situés côte à côte rue Saint-Denis.

    Le bois qui sort de leur usine a également été utilisé pour construire le tablier de la structure du premier pont en bois lamellé collé en cours d'installation sur une route publique au Québec, à Albanel, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, pour le compte du ministère des Transports du Québec. Celui-ci a une portée de 11,6 mètres. «C'est certain qu'on aspire à réaliser de plus grandes structures», ajoute le porte-parole, qui souligne que le bois est fréquemment utilisé dans ce type d'ouvrages en Europe.

    Secteur émergent

    «Cette utilisation de notre bois a débuté en 2002, rappelle par ailleurs M. Verreault. Nous avons alors commencé par l'agrandissement de notre usine. Un entrepreneur de Chibougamau a ensuite fait confiance au produit pour la construction de son nouveau bâtiment commercial. L'expertise s'est développée et les services se sont articulés.» Leur équipe de recherche et développement planche désormais sur de nouveaux produits qui pourront servir dans la construction.

    Pour l'heure, il s'agit toutefois d'un «secteur émergent» au Québec. «Mais la croissance de la demande est de l'ordre de 30 % par année depuis trois ans», explique Frédéric Verreault. Dans le contexte de la crise que traverse le secteur forestier, le développement de ce mode de construction est cependant plus que le bienvenu.

    Seulement 15 % des édifices non résidentiels sont construits en bois au Québec. Plusieurs acteurs de l'industrie estiment cependant que les produits de l'arbre pourraient éventuellement constituer jusqu'à 80 % de ce marché, ce qui entraînerait la création de milliers d'emplois dans ce secteur passablement malmené. Le Conseil de l'industrie forestière presse d'ailleurs Québec de bâtir les édifices publics en bois.

    Le gouvernement Charest a fait un premier pas en mai 2008 en annonçant sa stratégie d'utilisation du bois dans la construction. L'objectif de cette stratégie est d'accroître, d'ici l'année 2014, d'environ 360 millions de pieds mesure de planche (pmp) par année, soit l'équivalent de la production de deux scieries de taille importante, la consommation finale de bois dans les constructions de bâtiments au Québec. Cette stratégie est dotée d'une enveloppe de 16 millions de dollars sur six ans.

    Mais ce matériau ne représente-t-il pas un risque, en cas d'incendie? «Au Québec, on a l'impression que le bois est une matière combustible et que son utilisation peut être risquée, rappelle M. Verreault. Quand on se renseigne un peu plus sur cette matière, on constate qu'une pièce de structure [en bois lamellé collé] aussi dense, en cas de feu, va être affectée en surface. Mais lorsqu'on considère la vocation de ces pièces, soit de maintenir la structure en place, elles sont très performantes en cas d'incendie.»

    Qui plus est, Chantiers Chibougamau a décidé de miser sur des pratiques plus «vertes». Elle est ainsi devenue en février 2009 le premier fabricant de bois d'ingénierie nord-américain et la première compagnie privée de la forêt boréale québécoise à obtenir la certification environnementale du Forest Stewardship Council. Cette certification souligne le caractère durable des pratiques d'une entreprise.












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