Cossette passe aux mains d'une firme américaine
Mill Road Capital acquiert la plus importante agence de publicité canadienne pour 131,5 millions
Exit, la plus importante agence de publicité de propriété canadienne. Cossette devrait bientôt passer aux mains de la société d'investissement américaine Mill Road Capital, pour un montant de 7,87 $ l'action, soit 131,5 millions pour le tout. L'entente intervenue avec la firme du Connecticut doit maintenant être approuvée à la mi-décembre par les actionnaires.
«Nous sommes très heureux de cette opération, pour plusieurs raisons: elle reflète davantage la vraie valeur de Cossette et démontre véritablement notre engagement à maximiser la valeur pour nos actionnaires», a insisté Claude Lessard, président du conseil, chef de la direction et président de Cossette, par voie de communiqué.
L'offre du «chevalier blanc» Mill Road, qui s'établit à 7,87 $ l'action, représente en fait «une prime de 50 % par rapport au prix offert par le Groupe Cosmos, de 5,25 $ l'action le 30 octobre», a souligné hier le porte-parole de l'agence, Marcel Barthe. Ce dernier en conclut donc que Mill Road, après avoir consulté les livres de l'entreprise, a pleinement pris conscience que «Cossette vaut beaucoup plus que ce que Cosmos offre».
Il faut dire que la direction de l'agence a répété à plusieurs reprises que les propositions successives présentées par le Groupe Cosmos, fondé par deux anciens dirigeants de Cossette, étaient «opportunistes» et ne représentaient pas «la véritable valeur de l'entreprise». La proposition hostile déposée par Cosmos le 20 juillet — celle qui a lancé la saga de la vente de Cossette — s'élevait à 4,95 $ par action.
La direction de l'agence basée à Québec vient donc pour ainsi dire de barrer définitivement la route à Cosmos. Le groupe, dirigé par François Duffar, ex-vice-président et ex-président de l'agence, et Georges Morin, ex-vice-président principal, pourrait toujours renchérir. Il n'a toutefois pas été possible d'obtenir de commentaires de leur part hier. Quoi qu'il en soit, les membres du groupe, qui possèdent 18,7 % des actions de l'entreprise, ne sortiront pas nécessairement perdants de cette transaction sur le plan financier. MM. Duffar et Morin, qui ont claqué la porte de Cossette cette année après y avoir passé des années, vendront 7,87 $ une action qui en valait 2,78 $ en mai. Le titre, qui a commencé la journée à 5,85 $ hier, l'a terminée à 7,77 $, poussé par l'annonce de l'entente.
Claude Lessard est lui aussi gagnant puisqu'il demeurera à la tête de l'agence de publicité privatisée qui naîtra de «la fusion de Cossette avec une filiale en propriété exclusive de Mill Road». Il sera de plus épaulé par la même équipe de direction. «La haute direction demeure canadienne», a tenu à préciser M. Barthe. Et tous devraient être actionnaires de la nouvelle entité. «La proportion de l'actionnariat n'est pas finalisée», a cependant indiqué M. Barthe. Celle-ci pourrait atteindre, en théorie, 30 %.
Le nom de l'agence demeurera par ailleurs le même et le siège social restera dans la ville de Québec. Et «la compagnie continuera de mettre l'accent sur la prestation de services de communication marketing exceptionnels à sa clientèle nationale et internationale», a-t-on indiqué par voie de communiqué.
Propriété américaine
N'empêche que la plus importante agence de publicité de propriété canadienne passe dans des mains américaines. Claude Lessard s'est donc voulu rassurant à ce sujet. «Cette opération, qui s'effectuera avec un partenaire stratégique qui a déjà démontré beaucoup de respect pour notre entreprise, notre marque et nos gens, nous permettra de maintenir, dans la continuité, nos relations privilégiées avec nos clients qui nous ont soutenus tout au long de ce processus. Cette opération a le plein soutien de l'équipe de la haute direction.»
Thomas Lynch, directeur général principal de Mill Road, a ajouté: «Cossette est une marque exceptionnelle dans le secteur des communications et est une excellente société. Il nous fait grandement plaisir de nous associer à l'équipe de direction, qui peut compter sur notre appui indéfectible dans le cadre du déploiement de son plan stratégique.»
«Mill Road est une entreprise que nous ne connaissions pas du tout au début du processus. Nos conseillers financiers de BMO Marchés des capitaux ont sollicité l'intérêt de plusieurs centaines d'entreprises à travers le monde. Entre cinq et dix entreprises ont eu accès aux données de Cossette», a expliqué de son côté Marcel Barthe.
Pour le spécialiste des communications Jean-Jacques Stréliski, cette transaction devrait surtout permettre à Cossette de se sortir de «la situation délicate» que représente son statut de société publique. L'offre à 7,87 $ serait aussi des plus intéressantes, selon lui. L'entreprise devra cependant revoir en profondeur son mode de gestion et son modèle d'affaires afin de démontrer qu'elle est en mesure de demeurer compétitive, et ce, même sur le plan international.
Cossette a en outre convenu de ne pas solliciter d'autres propositions d'acquisition, mais se réserve le droit d'examiner toute proposition qu'elle n'a pas sollicitée si le conseil est d'avis qu'elle constitue une proposition supérieure. Il pourrait résilier l'entente dans le cas d'une telle proposition supérieure, sous réserve du droit de Mill Road d'égaler la proposition supérieure ou de recevoir une indemnité de résiliation de 3,25 millions.
Une assemblée extraordinaire des actionnaires sera convoquée «le, ou vers le» 18 décembre afin qu'ils se prononcent sur cette entente.
«Nous sommes très heureux de cette opération, pour plusieurs raisons: elle reflète davantage la vraie valeur de Cossette et démontre véritablement notre engagement à maximiser la valeur pour nos actionnaires», a insisté Claude Lessard, président du conseil, chef de la direction et président de Cossette, par voie de communiqué.
L'offre du «chevalier blanc» Mill Road, qui s'établit à 7,87 $ l'action, représente en fait «une prime de 50 % par rapport au prix offert par le Groupe Cosmos, de 5,25 $ l'action le 30 octobre», a souligné hier le porte-parole de l'agence, Marcel Barthe. Ce dernier en conclut donc que Mill Road, après avoir consulté les livres de l'entreprise, a pleinement pris conscience que «Cossette vaut beaucoup plus que ce que Cosmos offre».
Il faut dire que la direction de l'agence a répété à plusieurs reprises que les propositions successives présentées par le Groupe Cosmos, fondé par deux anciens dirigeants de Cossette, étaient «opportunistes» et ne représentaient pas «la véritable valeur de l'entreprise». La proposition hostile déposée par Cosmos le 20 juillet — celle qui a lancé la saga de la vente de Cossette — s'élevait à 4,95 $ par action.
La direction de l'agence basée à Québec vient donc pour ainsi dire de barrer définitivement la route à Cosmos. Le groupe, dirigé par François Duffar, ex-vice-président et ex-président de l'agence, et Georges Morin, ex-vice-président principal, pourrait toujours renchérir. Il n'a toutefois pas été possible d'obtenir de commentaires de leur part hier. Quoi qu'il en soit, les membres du groupe, qui possèdent 18,7 % des actions de l'entreprise, ne sortiront pas nécessairement perdants de cette transaction sur le plan financier. MM. Duffar et Morin, qui ont claqué la porte de Cossette cette année après y avoir passé des années, vendront 7,87 $ une action qui en valait 2,78 $ en mai. Le titre, qui a commencé la journée à 5,85 $ hier, l'a terminée à 7,77 $, poussé par l'annonce de l'entente.
Claude Lessard est lui aussi gagnant puisqu'il demeurera à la tête de l'agence de publicité privatisée qui naîtra de «la fusion de Cossette avec une filiale en propriété exclusive de Mill Road». Il sera de plus épaulé par la même équipe de direction. «La haute direction demeure canadienne», a tenu à préciser M. Barthe. Et tous devraient être actionnaires de la nouvelle entité. «La proportion de l'actionnariat n'est pas finalisée», a cependant indiqué M. Barthe. Celle-ci pourrait atteindre, en théorie, 30 %.
Le nom de l'agence demeurera par ailleurs le même et le siège social restera dans la ville de Québec. Et «la compagnie continuera de mettre l'accent sur la prestation de services de communication marketing exceptionnels à sa clientèle nationale et internationale», a-t-on indiqué par voie de communiqué.
Propriété américaine
N'empêche que la plus importante agence de publicité de propriété canadienne passe dans des mains américaines. Claude Lessard s'est donc voulu rassurant à ce sujet. «Cette opération, qui s'effectuera avec un partenaire stratégique qui a déjà démontré beaucoup de respect pour notre entreprise, notre marque et nos gens, nous permettra de maintenir, dans la continuité, nos relations privilégiées avec nos clients qui nous ont soutenus tout au long de ce processus. Cette opération a le plein soutien de l'équipe de la haute direction.»
Thomas Lynch, directeur général principal de Mill Road, a ajouté: «Cossette est une marque exceptionnelle dans le secteur des communications et est une excellente société. Il nous fait grandement plaisir de nous associer à l'équipe de direction, qui peut compter sur notre appui indéfectible dans le cadre du déploiement de son plan stratégique.»
«Mill Road est une entreprise que nous ne connaissions pas du tout au début du processus. Nos conseillers financiers de BMO Marchés des capitaux ont sollicité l'intérêt de plusieurs centaines d'entreprises à travers le monde. Entre cinq et dix entreprises ont eu accès aux données de Cossette», a expliqué de son côté Marcel Barthe.
Pour le spécialiste des communications Jean-Jacques Stréliski, cette transaction devrait surtout permettre à Cossette de se sortir de «la situation délicate» que représente son statut de société publique. L'offre à 7,87 $ serait aussi des plus intéressantes, selon lui. L'entreprise devra cependant revoir en profondeur son mode de gestion et son modèle d'affaires afin de démontrer qu'elle est en mesure de demeurer compétitive, et ce, même sur le plan international.
Cossette a en outre convenu de ne pas solliciter d'autres propositions d'acquisition, mais se réserve le droit d'examiner toute proposition qu'elle n'a pas sollicitée si le conseil est d'avis qu'elle constitue une proposition supérieure. Il pourrait résilier l'entente dans le cas d'une telle proposition supérieure, sous réserve du droit de Mill Road d'égaler la proposition supérieure ou de recevoir une indemnité de résiliation de 3,25 millions.
Une assemblée extraordinaire des actionnaires sera convoquée «le, ou vers le» 18 décembre afin qu'ils se prononcent sur cette entente.
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