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«Le pire est passé» pour le transport aérien, dit l'IATA

New Delhi — Le directeur de l'Agence internationale du transport aérien (IATA), Giovanni Bisignani, a déclaré hier que les conditions difficiles qu'a connues le trafic aérien du fait de la crise économique étaient en train de s'estomper.

«Le pire est passé, mais la reprise sera longue», a-t-il déclaré devant la presse à New Delhi. Il a précisé que l'industrie du transport aérien avait anticipé une baisse mondiale des revenus de l'ordre de 80 milliards de dollars, ceux-ci étant à 455 milliards de dollars en 2009 contre 535 milliards en 2008. «Une baisse aussi importante sera difficile à gérer. Il va falloir de trois à quatre ans pour retrouver les niveaux d'antan», a-t-il estimé.

M. Bisignani a fait remarquer que le transport aérien avait connu une crise similaire après le 11 septembre, mais qu'elle avait été amortie par de relativement bonnes conditions de marché. «Maintenant, nous avons une économie qui se trouve dans une passe difficile», a conclu le responsable.

Biocarburant

L'IATA a également annoncé qu'elle autoriserait d'ici la fin 2010 l'utilisation de biocarburants dans l'aviation civile afin de réduire drastiquement l'empreinte carbone de ce secteur. Paul Steele, chef du département de l'IATA chargé de l'innovation écologique, a déclaré à la presse à New Delhi que le biocarburant obtiendrait une certification «à la fin de l'année prochaine». La certification est généralement considérée comme la première étape technique permettant de lever des incertitudes pour que des investissements soient effectués dans l'utilisation de biocarburant de haute qualité par le transport aérien.

«Pour la première fois, le transport aérien aura la possibilité d'une alternative au carburant traditionnel» comme le kérosène pour les avions, a souligné le directeur de l'IATA, Giovanni Bisignani.

Mais les compagnies aériennes se trouvent face aux défis de contrôler leurs coûts et de se procurer du biocarburant sans affecter la chaîne de production destinée à l'alimentation humaine, a pour sa part relevé M. Steele. Les critiques de ce type de carburant mettent en garde contre le risque qu'il concurrence l'agriculture produisant de la nourriture, qu'il provoque des pénuries et pèse trop sur les ressources en eau du monde.

M. Bisignani a expliqué que le biocarburant n'était qu'une partie de la stratégie de l'IATA visant une croissance qui compense l'empreinte carbone pour aboutir finalement à une émission zéro de gaz à effet de serre. Le directeur de l'IATA a demandé à la prochaine conférence de Copenhague en décembre sur les changements climatiques de traiter le secteur de l'aviation civile comme un ensemble à part dans les mesures destinées à remplacer le Protocole de Kyoto qui expire en 2012.
 
 
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