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La Réserve fédérale veut avoir le salaire des banquiers à l'oeil

Le président Obama poursuivait hier ses dénonciations des primes élevées versées aux dirigeants des entreprises et institutions renflouées par l'État. Parallèlement, la Réserve fédérale américaine dévoilait sa proposition visant à superviser la politique salariale des banques afin d'éviter le retour à la rémunération incitant à la prise de risques excessive. D'ailleurs, l'OCDE observe que si les banques rechignent encore à ouvrir le robinet du crédit aux particuliers et aux entreprises, elles sont vite revenues aux produits financiers à risque.

Barack Obama a poursuivi hier ses dénonciations. «Les Américains croient en la réussite, mais cela insulte nos valeurs quand les responsables des grosses firmes financières en difficulté s'octroient d'énormes primes alors même qu'elles dépendent d'une assistance extraordinaire pour se maintenir à flot.» Il a une nouvelle fois applaudi l'initiative du Trésor américain de commander une baisse des rémunérations totales de 50 % — de 90 % des primes — des dirigeants des sept entreprises n'ayant pas encore remboursé l'aide reçue de l'État. Et a dit souhaiter que le Congrès accouche d'une législation accordant aux actionnaires plus de pouvoir dans l'établissement de la politique de rémunération.

Sur ce dernier point, la Réserve fédérale américaine a soumis hier sa proposition visant à contrôler la politique de rémunération des banques. Cette supervision ne se limite pas aux grandes banques ayant bénéficié de l'aide publique. Elle s'étend aux quelque 6000 institutions tombant sous sa juridiction. Sans fixer de plafond à la rémunération, la Fed se propose d'analyser et, au demeurant, d'imposer son veto lorsque la politique de rémunération retenue incite les dirigeants, les opérateurs sur les marchés financiers et les agents de crédit à une prise de risque indue ou excessive.

Dans son communiqué, la banque centrale américaine a souligné à larges traits qu'elle «attend des banques qu'elles revoient immédiatement leur dispositif de primes de manière à faire en sorte qu'il n'encourage pas une prise de risque excessif, et qu'elles mettent en oeuvre des rectifications là où elles s'imposent». Elle a rappelé son pouvoir de «prendre des mesures contre toute banque engagée ou sur le point de s'engager dans toute pratique dangereuse ou douteuse».

Peu avant, le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, soutenait que les banques ne prêtent toujours «pas assez» pour soutenir l'activité économique, mais qu'elles investissent à nouveau dans les produits financiers à risque en profitant de «taux d'intérêt proches de zéro».

Outre la rémunération incitative, le secrétaire général a évoqué la confusion qui existe dans certains pays entre banques d'investissement et banques de détail (pour les particuliers). Parlant de «problème majeur, c'est ce mélange des cultures qui a été à la source de la crise» et «ce problème doit encore être résolu».

Avec l'Agence France-Presse
 
 
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