samedi 28 novembre 2009 Dernière mise à jour 23h41


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Perspectives - Wall Street l'insolente

Wall Street n'a rien compris. Sauvées à coup de centaines de milliards en fonds publics, les grandes banques américaines ont renoué avec la profitabilité et avec la rémunération stratosphérique.

Le chiffre a surpris. Selon un calcul du Wall Street Journal, les 23 plus importantes institutions financières américaines verseront 140 milliards en bonus cette année. Un record! La marque précédente s'établit à 129 milliards et remonte à 2007, année d'éclatement de la bulle des subprimes. En 2008, alors que la crise faisait rage et que Washington devait engager directement 700 milliards dans le sauvetage des grands piliers de Wall Street, les primes n'ont été «que de» 117 milliards.

Visiblement, Wall Street n'a rien compris. Du moins, ses acteurs n'auront finalement retenu de la crise que l'aléa moral, soit cet empressement du gouvernement et de la Réserve fédérale à voler au secours des institutions offrant un risque systémique. Car ces grandes institutions continuent à stimuler la performance immédiate. Les 23 plus grands joueurs devraient cumuler un bénéfice de 437 milliards cette année, battant la marque précédente de 345 milliards établie en 2007. Pendant ce temps, sur Main Street, les emplois se perdent par centaines de milliers et les entreprises continuent de se heurter à des guichets fermés dans leur quête de financement.

Barack Obama l'a dénoncé cette semaine. «Nous ne devrions plus jamais faire face à une calamité potentielle provoquée par la spéculation imprudente [...] le manque de prévoyance et la primauté des intérêts individuels d'une poignée de personnes.»

Mais là s'arrête le pouvoir du président devant les géants de la finance. Lorsque les fonds publics sont en jeu, on peut assister à des initiatives tel ce plafonnement à 500 000 $US des salaires des dirigeants d'entreprise bénéficiant de l'aide de l'État décrété l'an dernier. Ou encore cette autre action prêtée hier à l'administration Obama de commander aux sept entreprises ayant bénéficié de l'aide publique de réduire le salaire annuel de 25 de leurs dirigeants les mieux payés de 90 %, en moyenne, par rapport à ce qu'il était l'an dernier. Mais ces initiatives ont une portée limitée dans le temps et elles deviennent inopérantes face aux capitaux privés.

On s'en remet donc au volontarisme, à l'autodiscipline et à la persuasion morale, venant tant des pressions politiques que de l'opinion publique. Car toute intervention sous forme législative ne ferait que stimuler la recherche de formules de rémunération toujours plus créatives et alourdir la facture pour l'actionnaire. Et l'idée derrière l'exercice consiste non pas tant à limiter la rémunération globale que de l'aligner avec la gestion des prises de risques et la création de valeur à long terme.

De ce côté-ci de la frontière, certaines grandes banques ont saisi la balle au bond en modifiant leur système de primes versées aux opérateurs de marchés. La Royale a donné le ton en introduisant dans sa politique de rémunération un mécanisme de récupération des primes en cas de fraude, de mauvaise conduite ou de non-respect de procédure conduisant à des pertes. On retient également une nouvelle norme d'industrie étalant le versement des bonus sur une période de trois ans. Voilà pour l'effort.

Quant aux chiffres, rappelons que la rémunération moyenne des hauts dirigeants a été multipliée par six entre 1997 et 2007, tandis que le salaire moyen des travailleurs a progressé de 30 %. Au Canada, de 24 fois le salaire moyen d'un travailleur en 1996, la rémunération moyenne d'un haut dirigeant d'une entreprise inscrite en Bourse atteignait un multiple de 115 fois au début de 2007. Aux États-Unis, où l'on est plus généreux encore en matière d'options d'achat d'actions, on est passé de quelque 40 fois à 411 fois pour les dirigeants d'entreprise composant l'indice boursier S&P 500.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009