L'industrie aérospatiale lance un cri d'alarme
Photo : Agence France-Presse Mauricio Lima
Un avion d'Ambraer
Le président et chef de la direction de l'Association des industries aérospatiales (AIAC), Claude Lajeunesse, a lancé hier un cri d'alarme face au déclin relatif du Canada par rapport aux autres pays.
« Nous étions fiers — avec raison — d'occuper le quatrième rang au niveau mondial, mais nous avons maintenant glissé à la cinquième position », a lancé M. Lajeunesse dans un discours prononcé à la 48e assemblée annuelle de l'AIAC, à Ottawa, en s'appuyant sur une étude récente commandée par l'organisme.
Le Canada se retrouve désormais derrière les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, qui vient de prendre la quatrième place. « D'autres pays tentent agressivement d'obtenir nos parts de marché, a ajouté le président de l'AIAC. Visiblement, il ne sera pas suffisant de maintenir notre niveau actuel d'investissements pour garantir notre statut de leader mondial. »
Déterminé à secouer l'industrie, l'ancien président de l'Université Concordia a en outre rappelé que le Canada « ne fait pas partie du palmarès mondial des dix premiers pays en termes d'investissements en aérospatiale pour la recherche et développement, les techniques de production ainsi que l'entretien, la réparation et la révision ».
« Le Canada n'a pas suffisamment tiré profit de la vague d'investissements des 20 dernières années », a estimé Claude Lajeunesse, en précisant que les pays les plus populaires pour l'établissement de centres d'ingénierie sont la Russie, les États-Unis, l'Inde et Singapour. « En comparaison, le Canada [...] a attiré peu de centres de recherche de firmes étrangères, a-t-il déploré. Des pays comme Singapour, la Chine et les Émirats arabes unis [...] émergent comme des emplacements populaires pour les investissements en matière de maintenance, de réparation et de révision. »
M. Lajeunesse s'est demandé si le Canada avait pris suffisamment au sérieux la concurrence étrangère. « Qui a anticipé le succès d'Embraer? Qui aurait pensé qu'un jour, [le japonais] Mitsubishi concurrencerait de front Bombardier? »
En ce qui a trait spécifiquement à la production, qui fait face à la vive concurrence des pays en développement, il a posé des questions difficiles. Les fournisseurs canadiens se sont-ils adaptés aux nouveaux modèles d'affaires des grands donneurs d'ordre? Le Canada est-il trop dépendant des techniques traditionnelles d'usinage et d'assemblage?
Sur le plan du financement, le porte-parole de l'industrie aérospatiale a rappelé que l'Union européenne s'est engagée à verser, sur une période de cinq à sept ans, des subventions totalisant plus de 7,7 milliards à son industrie aéronautique. Washington, de son côté, a promis 123 millions sur cinq ans pour favoriser le développement d'avions plus écologiques. Pour sa part, le Canada se limitera à 11,8 millions par année, pendant quatre ans, pour une initiative semblable. Au cours d'un entretien téléphonique, Claude Lajeunesse a expliqué qu'il ne réclamait pas seulement plus d'aide financière de la part des gouvernements, mais aussi de meilleures politiques pour faire en sorte que ceux-ci travaillent plus efficacement avec les entreprises.
Il a appelé ces dernières à trouver des façons d'augmenter leurs investissements en recherche et développement afin d'être en mesure d'obtenir des mandats internationaux. Un exemple: le futur avion chinois de 168 à 190 sièges, le C919.
Selon M. Lajeunesse, le Canada doit se doter d'une stratégie visant à retrouver le quatrième rang mondial — voire à atteindre la troisième place — et à doubler le chiffre d'affaires du secteur d'ici 2020.
Le secteur canadien de l'aérospatiale enregistre un chiffre d'affaires annuel de plus de 23 milliards et emploie quelque 80 000 personnes, en grande partie au Québec.
« Nous étions fiers — avec raison — d'occuper le quatrième rang au niveau mondial, mais nous avons maintenant glissé à la cinquième position », a lancé M. Lajeunesse dans un discours prononcé à la 48e assemblée annuelle de l'AIAC, à Ottawa, en s'appuyant sur une étude récente commandée par l'organisme.
Le Canada se retrouve désormais derrière les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, qui vient de prendre la quatrième place. « D'autres pays tentent agressivement d'obtenir nos parts de marché, a ajouté le président de l'AIAC. Visiblement, il ne sera pas suffisant de maintenir notre niveau actuel d'investissements pour garantir notre statut de leader mondial. »
Déterminé à secouer l'industrie, l'ancien président de l'Université Concordia a en outre rappelé que le Canada « ne fait pas partie du palmarès mondial des dix premiers pays en termes d'investissements en aérospatiale pour la recherche et développement, les techniques de production ainsi que l'entretien, la réparation et la révision ».
« Le Canada n'a pas suffisamment tiré profit de la vague d'investissements des 20 dernières années », a estimé Claude Lajeunesse, en précisant que les pays les plus populaires pour l'établissement de centres d'ingénierie sont la Russie, les États-Unis, l'Inde et Singapour. « En comparaison, le Canada [...] a attiré peu de centres de recherche de firmes étrangères, a-t-il déploré. Des pays comme Singapour, la Chine et les Émirats arabes unis [...] émergent comme des emplacements populaires pour les investissements en matière de maintenance, de réparation et de révision. »
M. Lajeunesse s'est demandé si le Canada avait pris suffisamment au sérieux la concurrence étrangère. « Qui a anticipé le succès d'Embraer? Qui aurait pensé qu'un jour, [le japonais] Mitsubishi concurrencerait de front Bombardier? »
En ce qui a trait spécifiquement à la production, qui fait face à la vive concurrence des pays en développement, il a posé des questions difficiles. Les fournisseurs canadiens se sont-ils adaptés aux nouveaux modèles d'affaires des grands donneurs d'ordre? Le Canada est-il trop dépendant des techniques traditionnelles d'usinage et d'assemblage?
Sur le plan du financement, le porte-parole de l'industrie aérospatiale a rappelé que l'Union européenne s'est engagée à verser, sur une période de cinq à sept ans, des subventions totalisant plus de 7,7 milliards à son industrie aéronautique. Washington, de son côté, a promis 123 millions sur cinq ans pour favoriser le développement d'avions plus écologiques. Pour sa part, le Canada se limitera à 11,8 millions par année, pendant quatre ans, pour une initiative semblable. Au cours d'un entretien téléphonique, Claude Lajeunesse a expliqué qu'il ne réclamait pas seulement plus d'aide financière de la part des gouvernements, mais aussi de meilleures politiques pour faire en sorte que ceux-ci travaillent plus efficacement avec les entreprises.
Il a appelé ces dernières à trouver des façons d'augmenter leurs investissements en recherche et développement afin d'être en mesure d'obtenir des mandats internationaux. Un exemple: le futur avion chinois de 168 à 190 sièges, le C919.
Selon M. Lajeunesse, le Canada doit se doter d'une stratégie visant à retrouver le quatrième rang mondial — voire à atteindre la troisième place — et à doubler le chiffre d'affaires du secteur d'ici 2020.
Le secteur canadien de l'aérospatiale enregistre un chiffre d'affaires annuel de plus de 23 milliards et emploie quelque 80 000 personnes, en grande partie au Québec.
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