Vers un déficit de 100 milliards pour Ottawa et les provinces?
Selon la Banque TD, Ottawa devrait s’assurer de revenir dans le vert d’ici de trois à cinq ans maximum
La récession a fait très mal aux finances publiques du Canada. Les déficits combinés des gouvernements fédéral et provinciaux devraient en effet dépasser les 90 milliards de dollars cette année, un chiffre qui pourrait même atteindre les 100 milliards, selon un rapport publié hier par la Banque TD.
Les économistes de l’institution bancaire soulignent ainsi que le déficit à Ottawa atteindra aisément 56 milliards pour l’exercice se terminant fin mars 2010, un montant déjà évoqué la semaine dernière par le ministre des Finances, Jim Flaherty. Son ampleur s’explique essentiellement par le plan de relance du gouvernement canadien, qui prévoit d’investir 46,4 milliards dans l’économie du pays, dont 29 milliards cette année. La chute des revenus gouvernementaux est aussi à pointer du doigt.
Du côté des provinces, le déficit devrait atteindre 29 milliards pour cette année. Au total, le déficit combiné de 90 milliards représente 6 % du produit intérieur brut (PIB), ce qui est très élevé selon la Banque TD étant donné que tous les gouvernements ont enregistré des surplus il y a un peu plus d’un an. Mais malgré l’ampleur du montant, la situation canadienne est toutefois la plus enviable des pays du G7 lorsqu’on tient compte du ratio dette-PIB. Qui plus est, Ottawa est en meilleure position pour affronter la situation qu’au début des années 1990, époque où les déficits représentaient environ 9 % du PIB.
N’empêche que redresser la situation des finances publiques d’ici 2015, comme l’a promis le ministre Flaherty, ne sera pas une tâche aisée, préviennent les économistes de TD. Surtout que le gouvernement s’est engagé à ne pas hausser les taxes ni à sabrer les transferts aux provinces. Il a également une marge de manœuvre plutôt mince pour les années à venir, notamment en raison de la faible croissance de l’économie «à moyen terme» et de la progression des dépenses liées au vieillissement de la population.
Pire, l’idée d’éliminer le déficit d’ici 2015 «n’est pas particulièrement ambitieuse et même quelque peu risquée», selon la TD. Pour l’institution bancaire, plus l’horizon de rétablissement de l’équilibre budgétaire est éloigné, plus les risques de s’exposer à un nouveau choc ou à de «mauvaises surprises» sont grands. Pour bien se préparer à l’accroissement des dépenses provoqué par les pressions démographiques après 2020, Ottawa devrait plutôt s’assurer d’éliminer le déficit d’ici de trois à cinq ans maximum.
Freiner les dépenses
Et pour cela, il sera essentiel de freiner la hausse des dépenses, qui atteint en moyenne 6 % chaque année. Or, si on tient compte du boulet que représentera le service de la dette au cours des prochaines années, il faudra les maintenir autour de 2 %, calcule la Banque TD. Un chiffre qui pourrait même devoir être encore abaissé en raison du caractère incompressible, selon la banque, des dépenses pour la Défense et les pensions de vieillesse. Les provinces devront quant à elles manœuvrer serré pour contrôler au maximum leurs dépenses en santé, qui accaparent en moyenne 45 % de leurs dépenses.
Par ailleurs, selon ce qui ressort d’un sondage mené par Léger Marketing auprès des économistes membres de l’Association des économistes québécois, le gouvernement fédéral devrait diminuer les dépenses de programmes (75 %) et augmenter les taxes de vente (76 %). Pour le gouvernement du Québec, les économistes se montrent surtout favorables à une augmentation des tarifs des services gouvernementaux (76 %) et une augmentation des taxes de vente (74 %), mais sont toutefois plus réticents à ce que l’on coupe dans les dépenses de programmes (66 %).
À l’instar des conclusions du rapport de la TD, 56 % des économistes disent être préoccupés par l’évolution récente du taux d’endettement du gouvernement fédéral. Ce taux d’inquiétude monte à 84 % en ce qui concerne l’endettement du gouvernement provincial. Cette perspective s’explique entre autres par le fait que les économistes prévoient que le retour à l’équilibre budgétaire sera long et qu’il pourrait devoir se faire au prix de décisions difficiles sur le plan fiscal.
Les économistes de l’institution bancaire soulignent ainsi que le déficit à Ottawa atteindra aisément 56 milliards pour l’exercice se terminant fin mars 2010, un montant déjà évoqué la semaine dernière par le ministre des Finances, Jim Flaherty. Son ampleur s’explique essentiellement par le plan de relance du gouvernement canadien, qui prévoit d’investir 46,4 milliards dans l’économie du pays, dont 29 milliards cette année. La chute des revenus gouvernementaux est aussi à pointer du doigt.
Du côté des provinces, le déficit devrait atteindre 29 milliards pour cette année. Au total, le déficit combiné de 90 milliards représente 6 % du produit intérieur brut (PIB), ce qui est très élevé selon la Banque TD étant donné que tous les gouvernements ont enregistré des surplus il y a un peu plus d’un an. Mais malgré l’ampleur du montant, la situation canadienne est toutefois la plus enviable des pays du G7 lorsqu’on tient compte du ratio dette-PIB. Qui plus est, Ottawa est en meilleure position pour affronter la situation qu’au début des années 1990, époque où les déficits représentaient environ 9 % du PIB.
N’empêche que redresser la situation des finances publiques d’ici 2015, comme l’a promis le ministre Flaherty, ne sera pas une tâche aisée, préviennent les économistes de TD. Surtout que le gouvernement s’est engagé à ne pas hausser les taxes ni à sabrer les transferts aux provinces. Il a également une marge de manœuvre plutôt mince pour les années à venir, notamment en raison de la faible croissance de l’économie «à moyen terme» et de la progression des dépenses liées au vieillissement de la population.
Pire, l’idée d’éliminer le déficit d’ici 2015 «n’est pas particulièrement ambitieuse et même quelque peu risquée», selon la TD. Pour l’institution bancaire, plus l’horizon de rétablissement de l’équilibre budgétaire est éloigné, plus les risques de s’exposer à un nouveau choc ou à de «mauvaises surprises» sont grands. Pour bien se préparer à l’accroissement des dépenses provoqué par les pressions démographiques après 2020, Ottawa devrait plutôt s’assurer d’éliminer le déficit d’ici de trois à cinq ans maximum.
Freiner les dépenses
Et pour cela, il sera essentiel de freiner la hausse des dépenses, qui atteint en moyenne 6 % chaque année. Or, si on tient compte du boulet que représentera le service de la dette au cours des prochaines années, il faudra les maintenir autour de 2 %, calcule la Banque TD. Un chiffre qui pourrait même devoir être encore abaissé en raison du caractère incompressible, selon la banque, des dépenses pour la Défense et les pensions de vieillesse. Les provinces devront quant à elles manœuvrer serré pour contrôler au maximum leurs dépenses en santé, qui accaparent en moyenne 45 % de leurs dépenses.
Par ailleurs, selon ce qui ressort d’un sondage mené par Léger Marketing auprès des économistes membres de l’Association des économistes québécois, le gouvernement fédéral devrait diminuer les dépenses de programmes (75 %) et augmenter les taxes de vente (76 %). Pour le gouvernement du Québec, les économistes se montrent surtout favorables à une augmentation des tarifs des services gouvernementaux (76 %) et une augmentation des taxes de vente (74 %), mais sont toutefois plus réticents à ce que l’on coupe dans les dépenses de programmes (66 %).
À l’instar des conclusions du rapport de la TD, 56 % des économistes disent être préoccupés par l’évolution récente du taux d’endettement du gouvernement fédéral. Ce taux d’inquiétude monte à 84 % en ce qui concerne l’endettement du gouvernement provincial. Cette perspective s’explique entre autres par le fait que les économistes prévoient que le retour à l’équilibre budgétaire sera long et qu’il pourrait devoir se faire au prix de décisions difficiles sur le plan fiscal.
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