La colère gronde chez les micro-brasseurs
La fin de l'enquête sur les pratiques de Labatt et Molson consterne le milieu
6 mai 2003
Actualités économiques
Consternés par la décision du Bureau de la concurrence (BCC) de mettre fin à son enquête sur les pratiques anticoncurrentielles de Labatt et Molson, les microbrasseurs du Québec ont demandé à rencontrer le ministre fédéral de la Justice, Martin Cauchon, afin de lui exposer la situation «inacceptable» dans laquelle ils se trouvent.
Les microbrasseurs accusent les deux géants canadiens d'imposer aux dépanneurs, épiceries, bars et restaurants des contrats restreignant la concurrence, en imposant notamment des droits d'exclusivité ou des positionnements privilégiés. Ces pratiques devenues monnaie courante auraient commencé au printemps 1999.
Tout en reconnaissant l'existence de ces dispositions et leurs effets potentiellement néfastes, le BCC a jugé qu'elles n'avaient pas diminué sensiblement la concurrence et qu'il n'y avait pas lieu de porter l'affaire devant un tribunal administratif.
Mains liées
Leur passage à Ottawa le 13 mai fournira aux petits fabricants de bière l'occasion de dénoncer la législation fédérale qui lie les mains des autorités en matière de concurrence. «C'est comme si la police attendait que les piétons se fassent frapper pour arrêter les conducteurs qui brûlent des feux rouges», a souligné le président de l'Association des microbrasseurs du Québec, André Dion, qui est aussi p.-d.g. d'Unibroue.
Si le ministre refuse de forcer la poursuite de l'enquête, les microbrasseurs pourraient décider de porter leur cause directement devant le Tribunal de la concurrence. M. Dion craint toutefois que les frais juridiques soient très élevés pour les PME de l'industrie de la bière dont la situation financière est souvent fragile.
En conférence de presse, l'homme d'affaires n'a pas caché son amertume. «Nous n'arrivons pas à croire que les autorités ne reconnaissent pas qu'on a subi des dommages. Nous avons toutes les preuves, a-t-il déclaré. Ainsi, pour Unibroue, l'instauration de contrats d'exclusivité entre les grands brasseurs et les détaillants, en mai 1999, a coïncidé avec une diminution remarquable des revenus et du bénéfice», a-t-il soutenu.
Afin de freiner l'érosion de sa clientèle, la microbrasserie de Chambly a notamment doublé sa force de vente et donné des quantités impressionnantes de bière à des acheteurs potentiels. Malgré tout, d'après une étude de la firme Léger Marketing, environ 40 % des consommateurs se plaignaient de ce que les bières de microbrasseries sont souvent en rupture de stock et qu'elles sont rarement en valeur dans les réfrigérateurs.
Selon les microbrasseurs, ces désagréments découleraient directement des pratiques imposées aux détaillants par Labatt et Molson. M. Dion estime que la situation est particulièrement corsée dans les environs des universités ou dans les bars du centre-ville, là où les bières de microbrasseries devraient se vendre le mieux.
Au total, les 11 microbrasseries du Québec emploient quelque 650 personnes dans plusieurs régions du Québec. Elles détiennent quelque 5 % du marché de la bière, à égalité avec les bières importées comme la Corona ou la Stella Artois. Les deux grandes brasseries industrielles, Labatt et Molson, se partagent le reste.
Les microbrasseurs accusent les deux géants canadiens d'imposer aux dépanneurs, épiceries, bars et restaurants des contrats restreignant la concurrence, en imposant notamment des droits d'exclusivité ou des positionnements privilégiés. Ces pratiques devenues monnaie courante auraient commencé au printemps 1999.
Tout en reconnaissant l'existence de ces dispositions et leurs effets potentiellement néfastes, le BCC a jugé qu'elles n'avaient pas diminué sensiblement la concurrence et qu'il n'y avait pas lieu de porter l'affaire devant un tribunal administratif.
Mains liées
Leur passage à Ottawa le 13 mai fournira aux petits fabricants de bière l'occasion de dénoncer la législation fédérale qui lie les mains des autorités en matière de concurrence. «C'est comme si la police attendait que les piétons se fassent frapper pour arrêter les conducteurs qui brûlent des feux rouges», a souligné le président de l'Association des microbrasseurs du Québec, André Dion, qui est aussi p.-d.g. d'Unibroue.
Si le ministre refuse de forcer la poursuite de l'enquête, les microbrasseurs pourraient décider de porter leur cause directement devant le Tribunal de la concurrence. M. Dion craint toutefois que les frais juridiques soient très élevés pour les PME de l'industrie de la bière dont la situation financière est souvent fragile.
En conférence de presse, l'homme d'affaires n'a pas caché son amertume. «Nous n'arrivons pas à croire que les autorités ne reconnaissent pas qu'on a subi des dommages. Nous avons toutes les preuves, a-t-il déclaré. Ainsi, pour Unibroue, l'instauration de contrats d'exclusivité entre les grands brasseurs et les détaillants, en mai 1999, a coïncidé avec une diminution remarquable des revenus et du bénéfice», a-t-il soutenu.
Afin de freiner l'érosion de sa clientèle, la microbrasserie de Chambly a notamment doublé sa force de vente et donné des quantités impressionnantes de bière à des acheteurs potentiels. Malgré tout, d'après une étude de la firme Léger Marketing, environ 40 % des consommateurs se plaignaient de ce que les bières de microbrasseries sont souvent en rupture de stock et qu'elles sont rarement en valeur dans les réfrigérateurs.
Selon les microbrasseurs, ces désagréments découleraient directement des pratiques imposées aux détaillants par Labatt et Molson. M. Dion estime que la situation est particulièrement corsée dans les environs des universités ou dans les bars du centre-ville, là où les bières de microbrasseries devraient se vendre le mieux.
Au total, les 11 microbrasseries du Québec emploient quelque 650 personnes dans plusieurs régions du Québec. Elles détiennent quelque 5 % du marché de la bière, à égalité avec les bières importées comme la Corona ou la Stella Artois. Les deux grandes brasseries industrielles, Labatt et Molson, se partagent le reste.
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