Prévisions de la Banque Scotia - Un an de parité entre les dollars canadien et américain
La remontée des prix des matières premières et les déficits budgétaires aux États-Unis aideront le dollar canadien à se hisser puis à se maintenir à parité avec le billet vert américain durant l'année prochaine, prédit la Banque Scotia.
Depuis janvier 2008, le taux de change du huard a varié d'un minimum de 77 ¢US à un maximum de 1,03 $US, a noté hier l'économiste en chef de la Banque Scotia, Warren Jestin, lors d'une rencontre de presse à Montréal. Ce taux se maintient au-dessus de la barre des 90 ¢US depuis plus de deux mois et pointait, en fin de séance hier, à 92,21 ¢US.
Un ensemble de facteurs devrait amener le huard à poursuivre son ascension dans les prochains mois, jusqu'à atteindre et à maintenir une moyenne d'un pour un par rapport au dollar américain durant l'année 2010, croit l'économiste. Le plus important de ces facteurs est l'extraordinaire vitalité économique de pays comme la Chine, l'Inde ou encore le Brésil, et la pression à la hausse que cette activité exerce sur les prix des matières premières, qui comptent pour plus de 50 % des exportations canadiennes.
« L'une des leçons de la crise aura été de montrer que, contrairement aux pays développés, les puissances émergentes ont la capacité de poursuivre leur croissance durant les bonnes comme les mauvaises années », a remarqué Warren Jestin. La demande d'énergie de ces économies devrait, par exemple, amener le baril de pétrole à se vendre 90 $US en moyenne l'an prochain.
La force relative de la devise canadienne profitera aussi d'une baisse prévisible du dollar américain. « La vérité qui dérange à propos du cadre financier de l'administration Obama est qu'il va être beaucoup plus difficile qu'on le croit de rétablir l'équilibre budgétaire aux États-Unis », a dit l'économiste en chef de la Banque Scotia. Lors des crises économiques précédentes, il avait fallu attendre au moins un ou deux ans après le début de la reprise avant que les revenus des gouvernements se mettent à remonter.
Le dollar américain risque également de faire les frais du retour d'une certaine confiance chez les investisseurs. Ces derniers, qui ont acheté frénétiquement des titres du Trésor américain pour se mettre à l'abri du tumulte des derniers mois, voudront bientôt revendre ces titres pour diversifier leurs placements.
Se sortir du trou
La Banque du Canada s'est inquiétée plus d'une fois publiquement de l'impact d'une appréciation trop rapide du huard sur la reprise économique au pays. Elle n'a pas fini de s'en faire, croit Warren Jestin. « Cette vigueur du huard ne manquera pas de compliquer les restructurations en cours dans les industries manufacturières exportatrices, a-t-il observé. Mais on n'y pourra rien. La seule façon de plomber notre devise serait d'adopter de très mauvaises politiques économiques ou monétaires, et personne ne voudrait cela. Il faudra s'y adapter et y voir une raison de plus d'améliorer notre productivité. »
Après de longs mois de pure panique durant lesquels bien des entrepreneurs ont pensé que « la fin du monde était proche », des signes montrant que l'on avait enfin touché le fond ont commencé à apparaître ce printemps. Le nombre de bonnes nouvelles devrait d'ici quelques semaines dépasser celui des mauvaises, prédit Warren Jestin.
La reprise sera toutefois poussive dans la plupart des pays développés, prévient-il. « Il faudra du temps avant de sortir seulement du trou dans lequel on s'est enfoncé ces derniers mois. » Comme son sort dépendra de plus en plus de la demande de matières premières des puissances émergentes, le Canada devra aussi s'habituer à une plus grande volatilité de son économie qu'à l'époque où il ne marchait que dans l'ombre du géant américain.
Depuis janvier 2008, le taux de change du huard a varié d'un minimum de 77 ¢US à un maximum de 1,03 $US, a noté hier l'économiste en chef de la Banque Scotia, Warren Jestin, lors d'une rencontre de presse à Montréal. Ce taux se maintient au-dessus de la barre des 90 ¢US depuis plus de deux mois et pointait, en fin de séance hier, à 92,21 ¢US.
Un ensemble de facteurs devrait amener le huard à poursuivre son ascension dans les prochains mois, jusqu'à atteindre et à maintenir une moyenne d'un pour un par rapport au dollar américain durant l'année 2010, croit l'économiste. Le plus important de ces facteurs est l'extraordinaire vitalité économique de pays comme la Chine, l'Inde ou encore le Brésil, et la pression à la hausse que cette activité exerce sur les prix des matières premières, qui comptent pour plus de 50 % des exportations canadiennes.
« L'une des leçons de la crise aura été de montrer que, contrairement aux pays développés, les puissances émergentes ont la capacité de poursuivre leur croissance durant les bonnes comme les mauvaises années », a remarqué Warren Jestin. La demande d'énergie de ces économies devrait, par exemple, amener le baril de pétrole à se vendre 90 $US en moyenne l'an prochain.
La force relative de la devise canadienne profitera aussi d'une baisse prévisible du dollar américain. « La vérité qui dérange à propos du cadre financier de l'administration Obama est qu'il va être beaucoup plus difficile qu'on le croit de rétablir l'équilibre budgétaire aux États-Unis », a dit l'économiste en chef de la Banque Scotia. Lors des crises économiques précédentes, il avait fallu attendre au moins un ou deux ans après le début de la reprise avant que les revenus des gouvernements se mettent à remonter.
Le dollar américain risque également de faire les frais du retour d'une certaine confiance chez les investisseurs. Ces derniers, qui ont acheté frénétiquement des titres du Trésor américain pour se mettre à l'abri du tumulte des derniers mois, voudront bientôt revendre ces titres pour diversifier leurs placements.
Se sortir du trou
La Banque du Canada s'est inquiétée plus d'une fois publiquement de l'impact d'une appréciation trop rapide du huard sur la reprise économique au pays. Elle n'a pas fini de s'en faire, croit Warren Jestin. « Cette vigueur du huard ne manquera pas de compliquer les restructurations en cours dans les industries manufacturières exportatrices, a-t-il observé. Mais on n'y pourra rien. La seule façon de plomber notre devise serait d'adopter de très mauvaises politiques économiques ou monétaires, et personne ne voudrait cela. Il faudra s'y adapter et y voir une raison de plus d'améliorer notre productivité. »
Après de longs mois de pure panique durant lesquels bien des entrepreneurs ont pensé que « la fin du monde était proche », des signes montrant que l'on avait enfin touché le fond ont commencé à apparaître ce printemps. Le nombre de bonnes nouvelles devrait d'ici quelques semaines dépasser celui des mauvaises, prédit Warren Jestin.
La reprise sera toutefois poussive dans la plupart des pays développés, prévient-il. « Il faudra du temps avant de sortir seulement du trou dans lequel on s'est enfoncé ces derniers mois. » Comme son sort dépendra de plus en plus de la demande de matières premières des puissances émergentes, le Canada devra aussi s'habituer à une plus grande volatilité de son économie qu'à l'époque où il ne marchait que dans l'ombre du géant américain.
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