Perspectives - Une longue crise
On sent derrière les proclamations de fin de récession des banques centrales que tout n'est pas réglé sur le marché du crédit. Cette crise économique avait pour origine une crise de liquidité dans le système financier, provoquée par une chute abrupte de la confiance entre les institutions financières après la faillite de Lehman Brothers. Or, cet ingrédient originel ayant servi de catalyseur à ce qui est devenu le pire choc économique mondial depuis la Grande Dépression demeure encore bien présent, quoique son intensité soit moindre.
Un expert de ces grandes opérations de titrisation financière rencontré cette semaine rappelait à quel point le retour à la stabilité du marché du crédit demeurait précaire. Malgré leur côté sombre, matérialisé sous la forme des subprimes et de leur débordement aux PCAA, ces opérations de titrisation sont devenues essentielles pour le marché du crédit. Elles apportent profondeur, liquidité et marchés secondaires aux institutions prêteuses. Sans elles, les institutions seraient réticentes à engager d'importants capitaux dans un financement de moyen à long terme. En le faisant, elles ne seraient pas sans exiger, en contrepartie, une rémunération appropriée, sous forme d'un loyer du crédit beaucoup plus élevé.
Toujours selon cet expert, on commençait à voir des signes de stabilisation sur le marché du financement hypothécaire résidentiel aux États-Unis. La crise de liquidité demeure cependant très vive et bien réelle dans le segment du financement des propriétés commerciales, un secteur particulièrement malmené par la récession et par la frilosité des consommateurs. Elle ne s'est toutefois pas encore étendue à l'immobilier de bureaux. Le taux d'inoccupation est élevé dans ce dernier secteur, mais le déséquilibre se situe encore à un niveau acceptable et gérable qui permet d'éviter une spirale de baisse des prix. D'autant qu'on avait moins construit et que l'offre n'était pas aussi excédentaire dans ce secteur avant l'effondrement du marché immobilier.
Dans le commercial, on en est encore à la renégociation à la baisse des baux et à la réévaluation du prix des propriétés. Côté financement ou refinancement, le crédit brille par sa rareté. Les fonds disponibles s'agglutinent autour des propriétés de qualité et commandent un taux renfermant une prime de risque élevée.
Il ne faut pas s'étonner de voir les banques centrales être réticentes à retirer leurs mesures de soutien au crédit même si elles proclament, l'une après l'autre, la fin de la récession. Cette fragilité explique également pourquoi les banques centrales exhortent le privé à prendre le relais des mesures exceptionnelles appliquées tant par les gouvernements que les autorités monétaires. La CIBC faisait d'ailleurs remarquer, récemment, que l'actuelle reprise n'aura jamais été autant gonflée par l'action gouvernementale. On parle de mesures de relance sans précédent. Ainsi, selon les calculs de la CIBC, l'injection de près de 40 milliards par Ottawa représentera environ 2,5 % du PIB. Vu autrement, « l'accroissement de la production entre le troisième trimestre de 2009 et le quatrième trimestre de 2010 sera attribuable au gouvernement dans une proportion de près de 55 %. En comparaison, la contribution moyenne du gouvernement aux reprises de 1983-84 et 1991-92 n'était que d'un maigre 6 % ». Donc, c'est près de 10 fois plus. Et c'est sans compter les interventions extraordinaires des banques centrales, particulièrement musclées aux États-Unis.
En revenant à l'origine de cette crise, soit le tarissement du crédit, les inquiétudes demeurent grandes dans le commercial. Mais les récentes données font craindre un mouvement de ressac dans l'immobilier résidentiel. Hier, un rapport officiel des autorités américaines indiquait qu'une nouvelle vague de défauts de paiement et de reprises immobilières frappait le marché résidentiel. Fait plus inquiétant encore, la moitié des emprunteurs ayant reçu de l'aide en vertu des programmes fédéraux d'accès à la propriété se retrouvent, moins d'un an plus tard, en situation de défaut de paiement. Et ce, malgré la chute des prix résidentiels, l'aide publique et le recul du loyer de l'argent à des bas historiques. Un emprunteur sur trois, ayant profité d'un recul de ses mensualités depuis un an, se retrouve dans cette situation précaire. Six emprunteurs américains sur dix ayant vu leurs mensualités demeurer inchangées ou augmentées composent cette nouvelle génération de défaillances.
La veille, le Fonds monétaire international avertissait que tout n'est pas terminé, avec toutes ces banques affichant un pauvre bilan. Un peut plus tôt, la Federal Deposit Insurance Corp. lançait un appel au renflouement de la caisse. L'agence fédérale chargée de protéger les dépôts bancaires aux États-Unis estimait alors que les faillites bancaires aux États-Unis toucheraient leur sommet fin 2009, début 2010.
Tant que le marché de l'emploi ne se portera pas mieux...
Un expert de ces grandes opérations de titrisation financière rencontré cette semaine rappelait à quel point le retour à la stabilité du marché du crédit demeurait précaire. Malgré leur côté sombre, matérialisé sous la forme des subprimes et de leur débordement aux PCAA, ces opérations de titrisation sont devenues essentielles pour le marché du crédit. Elles apportent profondeur, liquidité et marchés secondaires aux institutions prêteuses. Sans elles, les institutions seraient réticentes à engager d'importants capitaux dans un financement de moyen à long terme. En le faisant, elles ne seraient pas sans exiger, en contrepartie, une rémunération appropriée, sous forme d'un loyer du crédit beaucoup plus élevé.
Toujours selon cet expert, on commençait à voir des signes de stabilisation sur le marché du financement hypothécaire résidentiel aux États-Unis. La crise de liquidité demeure cependant très vive et bien réelle dans le segment du financement des propriétés commerciales, un secteur particulièrement malmené par la récession et par la frilosité des consommateurs. Elle ne s'est toutefois pas encore étendue à l'immobilier de bureaux. Le taux d'inoccupation est élevé dans ce dernier secteur, mais le déséquilibre se situe encore à un niveau acceptable et gérable qui permet d'éviter une spirale de baisse des prix. D'autant qu'on avait moins construit et que l'offre n'était pas aussi excédentaire dans ce secteur avant l'effondrement du marché immobilier.
Dans le commercial, on en est encore à la renégociation à la baisse des baux et à la réévaluation du prix des propriétés. Côté financement ou refinancement, le crédit brille par sa rareté. Les fonds disponibles s'agglutinent autour des propriétés de qualité et commandent un taux renfermant une prime de risque élevée.
Il ne faut pas s'étonner de voir les banques centrales être réticentes à retirer leurs mesures de soutien au crédit même si elles proclament, l'une après l'autre, la fin de la récession. Cette fragilité explique également pourquoi les banques centrales exhortent le privé à prendre le relais des mesures exceptionnelles appliquées tant par les gouvernements que les autorités monétaires. La CIBC faisait d'ailleurs remarquer, récemment, que l'actuelle reprise n'aura jamais été autant gonflée par l'action gouvernementale. On parle de mesures de relance sans précédent. Ainsi, selon les calculs de la CIBC, l'injection de près de 40 milliards par Ottawa représentera environ 2,5 % du PIB. Vu autrement, « l'accroissement de la production entre le troisième trimestre de 2009 et le quatrième trimestre de 2010 sera attribuable au gouvernement dans une proportion de près de 55 %. En comparaison, la contribution moyenne du gouvernement aux reprises de 1983-84 et 1991-92 n'était que d'un maigre 6 % ». Donc, c'est près de 10 fois plus. Et c'est sans compter les interventions extraordinaires des banques centrales, particulièrement musclées aux États-Unis.
En revenant à l'origine de cette crise, soit le tarissement du crédit, les inquiétudes demeurent grandes dans le commercial. Mais les récentes données font craindre un mouvement de ressac dans l'immobilier résidentiel. Hier, un rapport officiel des autorités américaines indiquait qu'une nouvelle vague de défauts de paiement et de reprises immobilières frappait le marché résidentiel. Fait plus inquiétant encore, la moitié des emprunteurs ayant reçu de l'aide en vertu des programmes fédéraux d'accès à la propriété se retrouvent, moins d'un an plus tard, en situation de défaut de paiement. Et ce, malgré la chute des prix résidentiels, l'aide publique et le recul du loyer de l'argent à des bas historiques. Un emprunteur sur trois, ayant profité d'un recul de ses mensualités depuis un an, se retrouve dans cette situation précaire. Six emprunteurs américains sur dix ayant vu leurs mensualités demeurer inchangées ou augmentées composent cette nouvelle génération de défaillances.
La veille, le Fonds monétaire international avertissait que tout n'est pas terminé, avec toutes ces banques affichant un pauvre bilan. Un peut plus tôt, la Federal Deposit Insurance Corp. lançait un appel au renflouement de la caisse. L'agence fédérale chargée de protéger les dépôts bancaires aux États-Unis estimait alors que les faillites bancaires aux États-Unis toucheraient leur sommet fin 2009, début 2010.
Tant que le marché de l'emploi ne se portera pas mieux...
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