Plein les poches
Les pays membres du club élargi du G20 se sont réunis la semaine dernière à Pittsburgh, aux États-Unis. Au centre de leurs préoccupations: voir à asservir la grande machine de la Finance à laquelle ils sont eux-mêmes totalement asservis.
Cette grande machine de la Finance dont les grandes banques de ce monde constituent le cerveau. Des institutions devenues si grosses que la faillite d'une seule d'entre elles menacerait de disloquer tout l'appareil financier de la planète. Elles sont devenues si grosses, si omniprésentes par leurs ramifications dans tous les aspects de la vie économique mondiale, que les gouvernements ne peuvent que se mettre à genoux devant elles. C'est ce qu'ils ont fait lorsqu'est survenue la crise financière en août 2007. Ces grandes banques, menées par leur soif sans fin du profit et du risque, ont poussé la machine de l'argent et du crédit dans ses derniers retranchements. Elles ont prêté à qui mieux mieux, aux spéculateurs sur les denrées, aux fournisseurs d'hypothèques à haut risque, aux sociétés de financement offrant des contrats de location d'automobiles sans aucun bon sens, aux spéculateurs sur les marchés des changes et autres. Elles ont accouché de toutes sortes de produits financiers afin de multiplier les commissions récoltées au moment de les émettre. Elles ont même créé des entités pour parquer ces produits en dehors de leur bilan, sans devoir y ajouter un traître sou de leur capital propre. Ce faisant, elles ont poussé leur effet de levier, de ce qu'il aurait dû être de 10 pour 1 (10 $ d'actif pour 1 $ de capital propre), à des niveaux de 18 pour 1,30 pour 1, certaines poussant l'extravagance jusqu'à 60 pour 1, voire plus. Aucune limite quant aux moyens à prendre pour assouvir leur soif du profit de plus en plus grand, peu importe les risques en jeu. Elles ont poussé la machine jusqu'à ce qu'elle s'enraye en août 2007. Les gouvernements n'ont pas eu d'autres choix que de se mettre à genoux devant elles et de se saigner à blanc pour les sauver. Ces gouvernements ont ainsi injecté des milliers de milliards de dollars pour soutenir les marchés de produits des plus exotiques dont sont encore, aujourd'hui, garnis les portefeuilles des banques et grandes institutions financières. Ces gouvernements s'endettent aujourd'hui à coup de milliards pour soutenir à bout de bras l'économie mondiale privée pour le moment de son artère principale, celle du crédit abondant.
Pour injecter ces dollars, les gouvernements émettent à la tonne de nouveaux titres de créance (bons du Trésor et obligations négociables). Émissions auxquelles les grandes banques d'affaires se font un grand plaisir de participer tout en récoltant leur lot de commissions. Elles s'en mettent ainsi plein les poches.
La grave récession résultant de la crise financière a forcé les banques centrales à charcuter leur taux directeur à presque 0 %. Ce faisant, les grandes banques parviennent à lever des capitaux à des taux d'intérêt insignifiants, argent qu'elles prêtent ensuite aux entreprises et individus à des taux beaucoup plus élevés. C'est particulièrement vrai aux États-Unis alors que les taux à la consommation et ceux des hypothèques sont demeurés relativement élevés en dépit du profond ressac économique. Oui, les grandes banques s'en mettent ainsi plein les poches.
Des émissions
La récession oblige également les entreprises à renforcer leur bilan, à faire le plein de liquidités. D'où émissions d'actions, de débentures. D'où un nombre également accru de fusions et d'acquisitions. Encore là, les grandes banques sont une fois de plus au rendez-vous par le truchement de leur filiale du financement d'entreprise. Une fois de plus, elles récoltent des millions de dollars de commission. Et bien plus comme l'illustre la récente émission d'actions de Barrick Gold, le plus important producteur d'or au monde.
Une émission de quatre milliards de dollars. La plus importante de tous les temps au Canada. Une émission de quatre milliards afin que Barrick Gold puisse mettre fin à son programme de couverture (portefeuille de contrats à terme dont la gestion devait rapporter gros aux institutions financières). Les grandes banques et institutions financières partie prenante à l'émission récolteront de juteuses commissions. Mieux. Beaucoup mieux. Car elles ont pu souscrire à l'émission en obtenant les actions à 36,95 $ la pièce. Or, pur hasard (évidemment non; c'est un cas patent de manipulation), quelques jours avant l'annonce de l'émission, le cours de l'action de Barrick Gold a bondi de 36 $ environ à près de 43 $. Des quidams, sans le savoir peut-être, ont acquis des actions à 43 $ la pièce alors que de grandes institutions les ont obtenues quelques heures après à 36,95 $. Non seulement récolteront-elles de généreuses commissions pour leur participation à l'émission, mais ces grandes banques et institutions parviendront probablement à revendre les actions dans le marché avec un gain rapide de 3 $, 4 $, voire plus par action.
Oui, ces grandes institutions sont à la fois celles participant aux émissions et celles qui bourrent vos fonds communs d'investissement de titres aux prix auxquelles elles veulent bien les acheter. Et ainsi, elles s'emplissent une fois de plus les poches. Aussi, ne fondez pas trop d'espoir sur la possibilité que les pays du G20 puissent mater la grande machine de la Finance à laquelle ils sont totalement asservis.
Cette grande machine de la Finance dont les grandes banques de ce monde constituent le cerveau. Des institutions devenues si grosses que la faillite d'une seule d'entre elles menacerait de disloquer tout l'appareil financier de la planète. Elles sont devenues si grosses, si omniprésentes par leurs ramifications dans tous les aspects de la vie économique mondiale, que les gouvernements ne peuvent que se mettre à genoux devant elles. C'est ce qu'ils ont fait lorsqu'est survenue la crise financière en août 2007. Ces grandes banques, menées par leur soif sans fin du profit et du risque, ont poussé la machine de l'argent et du crédit dans ses derniers retranchements. Elles ont prêté à qui mieux mieux, aux spéculateurs sur les denrées, aux fournisseurs d'hypothèques à haut risque, aux sociétés de financement offrant des contrats de location d'automobiles sans aucun bon sens, aux spéculateurs sur les marchés des changes et autres. Elles ont accouché de toutes sortes de produits financiers afin de multiplier les commissions récoltées au moment de les émettre. Elles ont même créé des entités pour parquer ces produits en dehors de leur bilan, sans devoir y ajouter un traître sou de leur capital propre. Ce faisant, elles ont poussé leur effet de levier, de ce qu'il aurait dû être de 10 pour 1 (10 $ d'actif pour 1 $ de capital propre), à des niveaux de 18 pour 1,30 pour 1, certaines poussant l'extravagance jusqu'à 60 pour 1, voire plus. Aucune limite quant aux moyens à prendre pour assouvir leur soif du profit de plus en plus grand, peu importe les risques en jeu. Elles ont poussé la machine jusqu'à ce qu'elle s'enraye en août 2007. Les gouvernements n'ont pas eu d'autres choix que de se mettre à genoux devant elles et de se saigner à blanc pour les sauver. Ces gouvernements ont ainsi injecté des milliers de milliards de dollars pour soutenir les marchés de produits des plus exotiques dont sont encore, aujourd'hui, garnis les portefeuilles des banques et grandes institutions financières. Ces gouvernements s'endettent aujourd'hui à coup de milliards pour soutenir à bout de bras l'économie mondiale privée pour le moment de son artère principale, celle du crédit abondant.
Pour injecter ces dollars, les gouvernements émettent à la tonne de nouveaux titres de créance (bons du Trésor et obligations négociables). Émissions auxquelles les grandes banques d'affaires se font un grand plaisir de participer tout en récoltant leur lot de commissions. Elles s'en mettent ainsi plein les poches.
La grave récession résultant de la crise financière a forcé les banques centrales à charcuter leur taux directeur à presque 0 %. Ce faisant, les grandes banques parviennent à lever des capitaux à des taux d'intérêt insignifiants, argent qu'elles prêtent ensuite aux entreprises et individus à des taux beaucoup plus élevés. C'est particulièrement vrai aux États-Unis alors que les taux à la consommation et ceux des hypothèques sont demeurés relativement élevés en dépit du profond ressac économique. Oui, les grandes banques s'en mettent ainsi plein les poches.
Des émissions
La récession oblige également les entreprises à renforcer leur bilan, à faire le plein de liquidités. D'où émissions d'actions, de débentures. D'où un nombre également accru de fusions et d'acquisitions. Encore là, les grandes banques sont une fois de plus au rendez-vous par le truchement de leur filiale du financement d'entreprise. Une fois de plus, elles récoltent des millions de dollars de commission. Et bien plus comme l'illustre la récente émission d'actions de Barrick Gold, le plus important producteur d'or au monde.
Une émission de quatre milliards de dollars. La plus importante de tous les temps au Canada. Une émission de quatre milliards afin que Barrick Gold puisse mettre fin à son programme de couverture (portefeuille de contrats à terme dont la gestion devait rapporter gros aux institutions financières). Les grandes banques et institutions financières partie prenante à l'émission récolteront de juteuses commissions. Mieux. Beaucoup mieux. Car elles ont pu souscrire à l'émission en obtenant les actions à 36,95 $ la pièce. Or, pur hasard (évidemment non; c'est un cas patent de manipulation), quelques jours avant l'annonce de l'émission, le cours de l'action de Barrick Gold a bondi de 36 $ environ à près de 43 $. Des quidams, sans le savoir peut-être, ont acquis des actions à 43 $ la pièce alors que de grandes institutions les ont obtenues quelques heures après à 36,95 $. Non seulement récolteront-elles de généreuses commissions pour leur participation à l'émission, mais ces grandes banques et institutions parviendront probablement à revendre les actions dans le marché avec un gain rapide de 3 $, 4 $, voire plus par action.
Oui, ces grandes institutions sont à la fois celles participant aux émissions et celles qui bourrent vos fonds communs d'investissement de titres aux prix auxquelles elles veulent bien les acheter. Et ainsi, elles s'emplissent une fois de plus les poches. Aussi, ne fondez pas trop d'espoir sur la possibilité que les pays du G20 puissent mater la grande machine de la Finance à laquelle ils sont totalement asservis.
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