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Victime de mesquinerie et de tactique déloyale

Le président de la FTQ, Michel Arsenault, n’accepte pas d’avoir été enregistré à son insu aux fins d’une enquête journalistique.
Photo : Jacques Grenier
Le président de la FTQ, Michel Arsenault, n’accepte pas d’avoir été enregistré à son insu aux fins d’une enquête journalistique.
Plongé dans l'un des rôles-vedettes d'une série de reportages entrechoquant la FTQ-Construction, le crime organisé, Tony Accurso et le Fonds de solidarité, Michel Arsenault n'est pas sans s'attendre à des questions venant des actionnaires. Le président de la FTQ et président du conseil du Fonds de solidarité a des réponses.

« On est victimes de mesquinerie et de tactique déloyale. » Michel Arsenault parle de tricherie et de mensonge. D'« inflation verbale », « d'extraits de conversations enregistrés à notre insu et utilisés hors contexte ». Et il ne le prend pas, d'avoir été enregistré à son insu. C'est comme un viol, dénonce-t-il. Une plainte a été déposée auprès de l'ombudsman de Radio-Canada.

« J'ai eu la permission d'Accurso d'ouvrir tous les livres. L'équipe de recherchistes de l'émission Enquête a eu accès aux données. Ils ont vérifié et se sont dits satisfaits de ce qu'ils ont vu. Mais ils n'en tiennent pas compte. Dans le cadre d'un reportage, Michel Nadeau [directeur général de l'Institut sur la gouvernance des organisations publiques et privées] aurait dit que le Fonds est un exemple de bonne gouvernance. On n'a pas entendu ça! »

Le Fonds de solidarité a eu à défendre sa réputation lorsque le nom de sa filiale immobilière Solim est ressorti dans le cadre d'une enquête sur une entreprise de construction. L'institution a réagi en resserrant davantage ses règles de gouvernance et d'éthique.

De l'auteur de l'enregistrement des conversations à l'insu de tous, Michel Arsenault dira qu'il a un passé criminel et qu'il est un spécialiste des « trafiquages » d'enregistrement. « C'est un mouchard avec un passé criminel. »

Dans la foulée, Michel Arsenault réitère toute sa confiance en Richard Goyette, élu directeur général de la FTQ-construction en novembre dernier après la démission de Jocelyn Dupuis, sur fond de dépenses extravagantes. « Richard Goyette a gagné par deux voix. Il a été nommé au conseil d'administration de la Commission de la construction du Québec et de la CSST. Ces nominations sont précédées d'une enquête de la sécurité publique. La sécurité publique nous a confirmé mardi que Richard avait passé le test. Il n'avait même pas un "ticket" de vitesse à son dossier. Son dossier est blanc comme neige. J'aime mieux croire Richard Goyette et la sécurité publique plutôt que des allégations d'accointances avec un membre des Hells lancées probablement par quelqu'un qui voulait se venger. »

Sur Tony Accurso, Michel Arsenault réfute toute accusation de traitement de faveur. L'entrepreneur ne bénéficie pas d'un « fast track ». « Tous les dossiers passent dans le tamisage. Mais il est certain qu'on ne traite pas le dossier de quelqu'un avec qui on maintient des relations d'affaires de longue date comme on traite un nouveau dossier. Nous sommes en relation avec M. Accurso depuis 19 ans. Durant cette période, il nous a apporté un rendement annuel de 13 %. C'est deux fois l'indice TSX, trois fois la moyenne des PME. Au début, M. Accurso, c'étaient 200 employés. Aujourd'hui, ce sont 3300. Je n'ai pas honte de cette relation. » Michel Arsenault rappelle, au passage, que le Fonds est en désinvestissement, qu'il n'est plus actionnaire dans les entreprises de M. Accurso depuis deux ans.

« Il est certain qu'un dossier actif de longue date, qui ne comprend aucun manquement aux engagements, est traité plus rapidement. Et au même titre qu'un Paul Desmarais va probablement passer avant vous et moi s'il se présente à la Banque Royale, lorsqu'un Jean-Marc Eustache [Transat], un Claude Robert [Robert Transport], un Laurent Verreault [GL&V] ou un Bernard Bélanger [Premier Tech] se présente chez nous, on l'accueille bien. »

Croyez-vous que quelqu'un veut votre tête, que vous serez contraint à démissionner? « J'ai l'appui de l'exécutif. Je reste sur le bateau. Un pilote ne quitte pas le navire lorsqu'il y a tempête. J'ai été élu jusqu'en novembre 2010. Après, on verra. ?¶tre président de la FTQ, ce n'est pas un job de petit garçon », a répondu celui qui affiche un long parcours à titre de dirigeant syndical.






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