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Assemblée annuelle des actionnaires - Une année de tous les défis pour le Fonds FTQ

Le président-directeur général du Fonds de solidarité FTQ, Yvon Bolduc, a repris un titre ayant déjà coiffé un article sur l'institution lorsqu'invité à qualifier le dernier exercice: « une année de tous les défis », résume-t-il. Le spécialiste en capital de risque présente aujourd'hui à ses actionnaires un bilan dominé par des investissements records et par un retour au rendement positif au deuxième semestre. Le Fonds a été particulièrement actif dans le financement aux entreprises durant cette crise qui a vu les institutions bancaires fermer le robinet du crédit.

« Nous avons fait notre part. On a injecté 1,3 milliard dans l'économie québécoise. Et à l'interne, nous avons gardé notre monde. » Yvon Bolduc revient sur ces investissements records de 848 millions réalisés au cours d'un exercice 2008-09 dominé par la crise et par un tarissement des sources de financement bancaire. Se sont ajoutés à ces investissements 542 millions injectés dans trois nouveaux programmes financiers lancés dans le cadre du dernier budget du gouvernement québécois.

Les 848 millions ont été dirigés vers 280 entreprises. En y accolant un effet multiplicateur moyen de trois, l'injection totale dans les entreprises québécoises atteint les 2,5 milliards. Par taille, 90 % des investissements ont été canalisés vers les entreprises de 200 employés ou moins, 69 % vers des entreprises de 50 employés ou moins.

Une mesure ponctuelle

Mais les PME n'ont pas été les seules à pouvoir compter sur la participation du Fonds. Transcontinental, Gestion Juste pour rire, Premier Tech, Placements Montrusco Bolton, Bombardier, CAE, GL&V et Groupe Robert ont également bénéficié de la contribution du spécialiste en capital de risque. « Nous avons obtenu une dérogation qui nous a permis d'intervenir auprès d'entreprises autrement non admissibles. C'est une mesure ponctuelle, temporaire », a précisé Yvon Bolduc, au cours d'une entrevue accordée avant l'assemblée générale des actionnaires du Fonds.

« Le financement était difficile. En fait, il était littéralement fermé, même pour les grandes entreprises. Pour plusieurs, nous avons servi de catalyseur, de base à partir de laquelle leur financement a pu être complété. » Le p.-d.g. du Fonds de solidarité rappelle que la crise remonte à il y a deux ans. Elle se voulait financière, au départ, avec l'éclatement de la bulle des subprimes puis la déstabilisation des institutions financières. Elle a ensuite débordé vers l'économie réelle. La faillite de Lehman Brothers, en septembre 2008, a provoqué la panique et engendré une véritable paralysie du système financier. « En fait, pour nous, il faut remonter à il y a trois ans. Le dollar canadien touchait la parité avec la devise américaine, ce qui a alimenté la crise dans le secteur manufacturier. Nous étions alors en répétition générale avant même l'arrivée de la récession. »

Le portefeuille de placements de type privé a bien performé, et continue à le faire. « Nous avons fait les bons choix », se réjouit Yvon Bolduc. Pour sa part, le président du conseil d'administration Michel Arsenault parle de ce secteur manufacturier, plus diversifié ici qu'en Ontario, qui peut expliquer que la récession a fait moins mal au Québec. Le modèle québécois a fait ses preuves, dit-il. Et un levier économique comme le Fonds peut aussi devenir « une police d'assurance pour les coups durs, qu'on est capables de se payer ». Né dans un contexte de crise il y a 25 ans, le Fonds n'a plus à justifier sa raison d'être. Ce qu'est venu confirmer un classement réalisé par le magazine spécialisé californien Red Herring, qui place l'institution québécoise parmi les 100 plus importants fonds de capital de risque au monde.

« Le fonds, c'est une belle histoire. C'est un actif de 6,4 milliards répartis entre près de 571 000 actionnaires », résume-t-il. Michel Arsenault se rappelle la fois où, au début du Fonds, un directeur de banque est venu le voir pour acheter 3500 $ de parts du Fonds. « Il voulait que ce soit discret. Il souhaitait ne pas en parler, de peur de nuire à la vente de ses propres produits financiers. Mais cela voulait dire quelque chose. »

Michel Arsenault rappelle la double mission du Fonds, à savoir la création et le maintien d'emplois, et le rendement. Sur le premier aspect, le Fonds revendique 142 902 emplois maintenus ou créés au cours de son exercice clos le 31 mai 2009. Sur le deuxième point, l'institution a traversé la crise mondiale avec un rendement positif de 3,2 % au deuxième semestre, qui ramène le rendement négatif de l'exercice à 12,6 %. À titre de comparaison, les principaux indices boursiers ont inscrit un recul moyen oscillant entre 29 % et 34 % dans l'intervalle alors qu'un fonds équilibré type a comptabilisé un repli de 16 %. « Nous avons mieux fait que Teachers et même que Warren Buffet », a-t-il lancé à la blague.

Autre réalisation, le Fonds a recueilli 655 millions en souscriptions lors de sa dernière campagne. C'est moins que l'objectif de 700 millions, mais ce total représente une hausse de 7 % sur les 611 millions reçus un an plus tôt et s'inscrit dans un environnement particulièrement austère à la collecte de l'épargne.

L'objectif de 700 millions demeure cette année, mais la cible pourrait être plus difficile à atteindre. « On vit les conséquences de la crise, avec ses effets sur l'emploi et les mises à pied. » Michel Arsenault donne l'exemple du secteur manufacturier, où 20 % des travailleurs ont perdu leur emploi. Et il ne faut pas sous-estimer l'impact des revers de marché sur les portefeuilles, qui pourrait alimenter un besoin de sécurité et un déplacement vers les certificats de placement garantis. Mais Michel Arsenault n'en démord pas: « À titre de président de la FTQ, je voyais trois grands défis à relever. D'abord, le maintien du "membership". Nous avons traversé la dernière période de maraudage avec succès. Ensuite, le retour sur le chemin de la rentabilité pour le Fonds, ce qui a été fait au deuxième semestre. Le troisième défi était l'atteinte des 700 millions de dollars de souscriptions en 2010. »






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