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Les syndiqués d'Opel menacent de prendre des «mesures spectaculaires»

«Si rien ne change du côté de General Motors d'ici la fin de cette semaine, nous passerons à l'action»

Les négociations sur le sort d’Opel, que GM a mis en vente dans le cadre de sa restructuration, durent depuis plusieurs mois, ce qui mécontente les 50 000 employés européens du constructeur.
Photo : Agence France-Presse
Les négociations sur le sort d’Opel, que GM a mis en vente dans le cadre de sa restructuration, durent depuis plusieurs mois, ce qui mécontente les 50 000 employés européens du constructeur.
Berlin — Berlin tente de favoriser une issue rapide au dossier Opel, les syndicats de la filiale européenne de General Motors menaçant de prendre des «mesures spectaculaires» si le constructeur automobile américain n'annonce pas rapidement son repreneur favori.

Les négociations sur le sort d'Opel, que GM a mis en vente dans le cadre de sa restructuration, durent depuis plusieurs mois. Le retard pris par l'annonce du repreneur d'Opel mécontente les représentants des quelque 50 000 employés de GM en Europe, dont la moitié sont en Allemagne.

En dépit des pressions appuyées de Berlin en faveur de la candidature de l'équipementier canadien Magna, le conseil d'administration de General Motors (GM) s'est abstenu vendredi d'exprimer la moindre préférence pour la reprise d'Opel, laissant en suspens le sort du groupe allemand. Magna est en concurrence avec le groupe de capital-investissement RHJ International.

Le gouvernement allemand a annoncé hier qu'il inviterait cette semaine un membre du conseil d'administration de General Motors pour débattre du sort d'Opel, mais il a minimisé les chances d'obtenir une réponse rapide.

La chancelière Angela Merkel, qui espère une réponse favorable avant les élections législatives du 27 septembre, a estimé ce week-end qu'il était «urgent» que GM fasse connaître son choix.

Hier également, un responsable de l'administration américaine a fait savoir que l'administration Obama était prête à discuter du sujet avec les autorités allemandes, mais que le choix du repreneur d'Opel revenait à General Motors.

«À bout de patience»

Le principal dirigeant syndical du groupe Opel, Klaus Franz, a évoqué la possibilité de «mesures spectaculaires» si le groupe américain n'exprimait pas sa préférence. «Nous sommes à bout de patience», a dit Klaus Franz à la radio Deutschlandfunk.

«Nous sommes restés calmes jusqu'à maintenant, nous avons écouté attentivement et nous avons fait des commentaires, mais tout cela est terminé. Si rien ne change du côté de General Motors d'ici la fin de cette semaine, nous passerons à l'action et il y aura de notre côté des mesures spectaculaires.»

Les 25 000 employés allemands d'Opel ont décidé de casser l'accord par lequel ils renonçaient à leurs primes de vacances et demandent désormais au groupe le versement, en numéraire et dès la semaine prochaine, d'environ 70 millions d'euros, a-t-on indiqué hier de plusieurs sources.

«C'est le premier coup de semonce», a déclaré à Reuters une source proche du dossier. À terme, les salariés pourraient réclamer le versement de l'augmentation de 4,2 % obtenue lors des négociations collectives de l'an dernier et qu'ils avaient accepté de suspendre pour cinq ans.

Le porte-parole du gouvernement allemand, Ulrich Wilhelm, a insisté sur l'importance d'éviter un affrontement avec le constructeur américain.

«Il est important pour nous d'éviter une confrontation. [...] Je peux comprendre que les employés d'Opel aient besoin d'y voir clair rapidement quant à leur avenir. D'un autre côté, il s'agit d'une décision complexe. Je pense que rester calme afin de préserver un bon climat de négociations est dans l'intérêt de tous», a dit le porte-parole.

Ulrich Wilhelm a ajouté ne voir aucun signe montrant que GM envisagerait de renoncer à la vente d'Opel, comme le souhaiteraient certains membres du conseil d'administration, selon plusieurs récents articles de presse.

Pour conserver Opel, General Motors aurait besoin de fonds supplémentaires de la part du gouvernement américain, et le groupe de Detroit a fait savoir qu'il ne souhaitait pas solliciter de nouvelles aides.

Néanmoins, le Financial Times rapporte que GM songerait à conserver Opel en passant par le biais d'aides publiques qui proviendraient d'Europe et des États-Unis, le montant de ces aides pouvant atteindre trois milliards d'euros.






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