Contraste marqué entre le prix du pétrole et celui du gaz naturel
24 août 2009
Actualités économiques
New York — Les prix du gaz ont chuté à leur plus bas niveau en sept ans la semaine dernière aux États-Unis en raison d'une offre surabondante sur le continent américain, un fort contraste avec le pétrole dont les prix flambent à nouveau.
Le coup fatal a été porté par le rapport hebdomadaire sur l'état des stocks de gaz naturel aux États-Unis, publié jeudi par le département à l'Énergie: le prix du contrat de référence est alors tombé sous les 3 $ à la clôture face à une nouvelle hausse des réserves.
À 2,945 $ par MBTU (million d'unités thermales britanniques; 1 MBTU égale 27,6 mètres cubes), les prix ont enfoncé un plancher symbolique qui tenait depuis 2002. Ils sont bien loin des records de juillet 2008, lorsqu'ils avaient atteint 13,57 $ par MBTU.
La différence entre les prix du gaz et ceux du pétrole n'a jamais été aussi élevée: le baril de light sweet crude évoluait vendredi à son plus haut niveau depuis octobre, touchant plus de 74 $, soit deux fois plus qu'au mois de février.
À la différence de l'or noir, le gaz n'est pas facilement transportable, bien qu'un peu plus sous sa forme liquide (GNL, gaz naturel liquéfié). Son marché est sensible à des facteurs différents de ceux du pétrole, notamment des facteurs régionaux, alors que celui du pétrole est plus mondialisé.
«Parce que le marché américain est essentiellement national, il est moins influencé par la valeur du dollar, les échanges internationaux et les cours du fret», explique Phil Flynn, de PFG Best Research.
Or, l'affaiblissement marqué de la monnaie américaine, la demande en provenance d'Asie et la baisse des prix du transport du pétrole se sont révélés positifs pour l'or noir ces derniers mois.
Les prix du gaz à New York reflètent eux la situation du marché nord-américain. Or aux États-Unis «les stocks de gaz naturel sont à des niveaux records, si bien que la tendance à la baisse a envahi les marchés du gaz», expliquent les analystes d'UBS dans une note.
Par contraste, les prix du gaz sont plus élevés en Europe, influencés en grande partie par les aléas d'approvisionnement du marché par la Russie, qui fournit un quart de la consommation de la région.
«La demande est tellement faible et l'offre si abondante que les installations de stockage sont bondées», ajoute John Kilduff de MF Global.
«Les producteurs américains ont diminué le nombre d'installations de forage pour les nouvelles sources de gaz de plus de moitié depuis septembre 2008, mais la production des installations existantes continue d'augmenter», poursuit Paul Dales, de Capital Economics.
La consommation, elle, a fortement baissé, «en particulier chez les clients industriels», conséquence de la récession, ajoute l'analyste. S'ajoute à cela un été plutôt doux, qui réduit les besoins en gaz pour la production d'électricité nécessaire aux climatiseurs.
Autre élément clé, qui s'inscrit dans le long terme, la découverte de nouvelles techniques dites «non conventionnelles» pour extraire le gaz naturel des sous-sols américains: le gaz extrait du schiste devrait peser sur les prix un long moment.
Selon le rapport annuel sur l'énergie du géant pétrolier BP, la production de gaz aux États-Unis a crû de 7,5 % en 2008, soit «10 fois plus que la moyenne des dix années précédentes, et la plus forte croissance en volume jamais enregistrée».
L'«excès» actuel «était considéré comme inimaginable il y a à peine cinq ans, lorsque le monde pensait que la production américaine de gaz avait atteint un pic», rappelle Phil Flynn.
Il reste tout de même un espoir de retournement du marché, selon les analystes: la différence de prix entre le gaz et le pétrole pourrait, à terme, tourner en faveur du premier.
Le coup fatal a été porté par le rapport hebdomadaire sur l'état des stocks de gaz naturel aux États-Unis, publié jeudi par le département à l'Énergie: le prix du contrat de référence est alors tombé sous les 3 $ à la clôture face à une nouvelle hausse des réserves.
À 2,945 $ par MBTU (million d'unités thermales britanniques; 1 MBTU égale 27,6 mètres cubes), les prix ont enfoncé un plancher symbolique qui tenait depuis 2002. Ils sont bien loin des records de juillet 2008, lorsqu'ils avaient atteint 13,57 $ par MBTU.
La différence entre les prix du gaz et ceux du pétrole n'a jamais été aussi élevée: le baril de light sweet crude évoluait vendredi à son plus haut niveau depuis octobre, touchant plus de 74 $, soit deux fois plus qu'au mois de février.
À la différence de l'or noir, le gaz n'est pas facilement transportable, bien qu'un peu plus sous sa forme liquide (GNL, gaz naturel liquéfié). Son marché est sensible à des facteurs différents de ceux du pétrole, notamment des facteurs régionaux, alors que celui du pétrole est plus mondialisé.
«Parce que le marché américain est essentiellement national, il est moins influencé par la valeur du dollar, les échanges internationaux et les cours du fret», explique Phil Flynn, de PFG Best Research.
Or, l'affaiblissement marqué de la monnaie américaine, la demande en provenance d'Asie et la baisse des prix du transport du pétrole se sont révélés positifs pour l'or noir ces derniers mois.
Les prix du gaz à New York reflètent eux la situation du marché nord-américain. Or aux États-Unis «les stocks de gaz naturel sont à des niveaux records, si bien que la tendance à la baisse a envahi les marchés du gaz», expliquent les analystes d'UBS dans une note.
Par contraste, les prix du gaz sont plus élevés en Europe, influencés en grande partie par les aléas d'approvisionnement du marché par la Russie, qui fournit un quart de la consommation de la région.
«La demande est tellement faible et l'offre si abondante que les installations de stockage sont bondées», ajoute John Kilduff de MF Global.
«Les producteurs américains ont diminué le nombre d'installations de forage pour les nouvelles sources de gaz de plus de moitié depuis septembre 2008, mais la production des installations existantes continue d'augmenter», poursuit Paul Dales, de Capital Economics.
La consommation, elle, a fortement baissé, «en particulier chez les clients industriels», conséquence de la récession, ajoute l'analyste. S'ajoute à cela un été plutôt doux, qui réduit les besoins en gaz pour la production d'électricité nécessaire aux climatiseurs.
Autre élément clé, qui s'inscrit dans le long terme, la découverte de nouvelles techniques dites «non conventionnelles» pour extraire le gaz naturel des sous-sols américains: le gaz extrait du schiste devrait peser sur les prix un long moment.
Selon le rapport annuel sur l'énergie du géant pétrolier BP, la production de gaz aux États-Unis a crû de 7,5 % en 2008, soit «10 fois plus que la moyenne des dix années précédentes, et la plus forte croissance en volume jamais enregistrée».
L'«excès» actuel «était considéré comme inimaginable il y a à peine cinq ans, lorsque le monde pensait que la production américaine de gaz avait atteint un pic», rappelle Phil Flynn.
Il reste tout de même un espoir de retournement du marché, selon les analystes: la différence de prix entre le gaz et le pétrole pourrait, à terme, tourner en faveur du premier.
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