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Étude sur le pouvoir d'achat - À Montréal, un Big Mac vaut 15 minutes de travail

New York arrive facilement au premier rang des villes où vivre coûte le plus cher

Les villes où le coût de la vie est élevé sont souvent celles où les salaires le sont aussi.
Photo : Jacques Nadeau
Les villes où le coût de la vie est élevé sont souvent celles où les salaires le sont aussi.
Les Montréalais doivent cette année travailler deux minutes de moins qu'en 2006 afin de gagner l'argent nécessaire pour se payer un Big Mac. Il leur faut désormais travailler pendant 15 minutes, soit une minute de plus qu'en 2003. À l'échelle planétaire toutefois, ils sont choyés, car dans 73 des plus grandes villes du monde, le temps de travail requis pour s'offrir un Big Mac est en moyenne de 37 minutes.

Encore une fois, cette année, la société financière suisse UBS a effectué une étude en vue d'établir des comparaisons sur le pouvoir d'achat des uns et des autres, ainsi que sur les salaires et les prix d'un grand nombre de produits et services. Le Big Mac a été choisi pour illustrer de façon très concrète le pouvoir d'achat, parce qu'il est un produit accessible partout dans le monde et qu'il a partout une présentation et une qualité identiques.

D'autres produits sont également mesurés. L'étude mentionne ainsi qu'il faut travailler 17 minutes à Montréal pour se payer un kilogramme de pain, 16 minutes pour un kilogramme de riz et 10 heures et demie pour un iPod nano. En fait, Montréal est l'une des villes du monde où le iPod nano est le moins cher. Les autres villes de cette catégorie sont Séoul, Toronto, Jakarta, Sydney et Auckland, en Australie. Dans ces endroits, le prix de vente de cet appareil est de 130 $US, alors que le prix moyen mondial avoisine 190 $US.

À bien des égards dans cette étude, Montréal et Toronto sont très proches. C'est le cas par exemple pour le iPod nano, pour l'achat duquel les Torontois doivent travailler 10 heures et demie; toutefois, ils n'ont besoin que de 12 minutes de travail pour s'offrir un Big Mac.

Vie chère et fluctuations

Pour ce qui est du coût de la vie en général, les villes les plus dispendieuses sont Oslo, Zurich et Copenhague, si l'on exclut le coût du loyer. À partir d'un indice de 100 appliqué à la ville de New York, Oslo se situe à 112,5, Zurich et Copenhague, à 108,4. Toronto se place pour sa part au 31e rang, avec un indice de 78,9, et Montréal le suit de près avec un indice de 76,3. Si l'on inclut le coût du loyer pour les citadins, New York arrive facilement au premier rang des villes les plus chères. Dans les foyers de l'Europe de l'Ouest en général, le loyer et l'énergie comptent pour environ le quart du coût de la vie. Par rapport au coût de la vie dans cette région, il y a en Europe orientale des écarts jusqu'à 35 % moins cher.

Des fluctuations importantes ont été constatées dans le positionnement de certaines régions au cours des trois dernières années. Le cas de la ville de Londres est à cet égard saisissant. Celle-ci occupait en 2006 le deuxième rang parmi les villes les plus dispendieuses. Elle a glissé de près de 20 places dans le classement, pour se retrouver aujourd'hui dans le milieu du peloton européen, et cela à cause de la dévaluation abrupte de la livre, sa monnaie. Plusieurs pays émergents ont vécu le même phénomène, comme en témoignent les villes de Mexico, de Moscou et de Séoul.

Question de salaire

Évidemment, les villes où le coût de la vie est le plus élevé sont souvent celles où les salaires le sont aussi. L'étude d'UBS montre que Copenhague arrive nettement au premier rang pour ce qui est du salaire brut, avec un taux horaire de 32,20 $US, suivie de Zurich avec 30,30 $. En troisième position, on retrouve Genève, avec un taux horaire de 29,20 $. New York arrive au premier rang des villes nord-américaines, avec un taux horaire de 26,10 $. Et Montréal? Avec un taux horaire de 16,90 $, la métropole québécoise suit Toronto, dont le taux se situe à 17,10 $.

Toutefois, après déduction des impôts, le salaire net place au premier rang les villes suisses, soit Zurich avec un taux horaire net de 22,60 $ et Genève avec un taux de 22,60 $. Le salaire net est de 19 $ l'heure à New York, et de 12,80 $ à Montréal et à Toronto.

L'étude d'UBS donne par ailleurs, en pourcentage du salaire brut, les sommes qui sont dévolues à la sécurité sociale pour les fonds de retraite, l'assurance maladie, publique et privée, et l'assurance-emploi. Copenhague est la ville où le pourcentage des contributions à l'impôt et à la sécurité sociale prélevées sur les salaires bruts est le plus élevé, soit 46 %. Au second rang, avec 39 %, se trouve Ljubljana, la capitale de la Slovénie. Ensuite suivent Munich (36 %), ainsi qu'Oslo et Amsterdam (35 % chacune). En comparaison, le pourcentage du salaire brut dévolu à l'impôt et à la sécurité sociale est de 26 % à Paris, de 25 % à Toronto et de 24 % à Montréal. De grandes villes américaines comme New York et Chicago voient les salaires bruts de leurs citadins amputés de 28 % à des fins d'impôts et de sécurité sociale. Ces statistiques semblent contredire complètement l'opinion largement répandue voulant que les travailleurs québécois, en l'occurrence montréalais, sont les plus taxés en Amérique du Nord. Quoi qu'il en soit, pour l'ensemble des 73 villes qui ont fait l'objet de cette étude, la moyenne des contributions fiscales et sociales est de 21 % du salaire brut.

Enfin, l'étude établit que les habitants de ces 73 villes travaillent en moyenne 1902 heures par année, soit 58 heures de plus qu'en 2006. Cette hausse s'explique par l'ajout, parmi les villes étudiées, de Doha (Qatar) et du Caire (Égypte). Les travailleurs passent en effet beaucoup plus d'heures au boulot dans ces villes, soit une moyenne de 2119 et de 2063 heures par année. Les villes européennes sont celles où les heures de travail sont les plus courtes. À Lyon et à Paris, on travaille respectivement 1582 et 1594 heures par année. Les travailleurs montréalais passent quant à eux 1842 heures à leur boulot dans une année, tandis qu'à Toronto c'est 1868 heures et à New York, 1955 heures.
 
 
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