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Vos placements: À propos des véritables placements

L'investisseur devrait chercher à accumuler directement ces titres par le truchement d'un courtier de plein exercice ou d'un courtier à tarifs réduits

J'ai quelques questions relativement à votre récent article intitulé «Une bombe à retardement».

Vous nous dites que les placements devraient se limiter aux obligations, actions et autres titres de croissance émis directement du trésor des entreprises. Quels sont ces autres titres de croissance?

Sur votre thème de dilution systématique du capital, que pensez-vous des placements suivants qui ne me semblent pas être directement des actions ou des obligations standards:

- les unités de Gaz Métropolitain (je pense qu'il s'agit d'une société de fiducie).

- les actions de Power Financial (Compagnie de gestion).

Merci de vos explications.

J. R.

Il y a les véritables placements et les autres, c'est-à-dire tous ceux qui sont artificiellement créés par les institutions financières pour en tirer de généreuses commissions directes et indirectes (des commissions qui grugent insidieusement votre capital). Les premiers sont peu nombreux, les seconds pullulent. Les véritables placements (je les appelle les titres dits d'origine) sont émis directement du trésor de l'entreprise ou du gouvernement. Outre les actions, les autres titres à croissance d'origine sont les débentures convertibles, les actions privilégiées convertibles, les bons de souscription et les reçus à paiements différés (ces reçus émis par une entreprise permettent d'acheter des actions en deux ou trois paiements échelonnés sur un an, parfois plus; ils sont rares).

Côté titres à revenus fixes, les obligations gouvernementales, les obligations corporatives et les actions privilégiées (celles non convertibles) appartiennent aux titres dits d'origine. Pour ma part, l'investisseur devrait chercher à accumuler directement ces titres par le truchement d'un courtier de plein exercice ou, encore mieux, par l'entremise d'un courtier à tarifs réduits.

Un intermédiaire supplémentaire

Tous les autres produits financiers sont purement des bêtes créées par les institutions qui s'interposent alors comme un intermédiaire supplémentaire et bien souvent inutile pour permettre à l'épargnant d'acquérir les véritables placements énumérés précédemment.

Enfin, à vos deux dernières questions, voici les réponses: dans le cas de Gaz Métropolitain, vous faites références à la société en commandite, l'un des rares véhicules qui, à mon sens, s'apparente à un titre d'origine (beaucoup plus que les sociétés de fiducie ou dites de redevances qui sont des bébelles de courtier); quant à l'action de Power Corporation, il s'agit ici d'un titre d'origine émis directement du Trésor d'une société ouverte.

Pourquoi la consolidation d'actions?

À quel genre d'impacts sur le prix des actions de Nortel doit-on s'attendre si les actions sont regroupées à raison d'une nouvelle pour cinq ou dix anciennes?

B. B.

On entend plus souvent parler de fractionnement que de consolidation des actions.

Le fractionnement d'actions s'apparente à un contexte positif de l'entreprise, c'est-à-dire à un contexte où celle-ci enregistre des hausses régulières de ses ventes et profits pendant de nombreuses années. Le cours de son action grimpe souvent à des niveaux en dollars absolus élevés, parfois trop élevés au point de rendre le titre difficilement accessible aux petits investisseurs. C'est alors que les dirigeants, afin d'assurer une meilleure distribution du titre de leur firme, procéderont à son fractionnement généralement à raison de deux nouvelles actions contre une ancienne.

Au terme d'un tel fractionnement, le nombre d'actions en circulation de la firme double alors que le cours de l'action est réduit de moitié. Les actionnaires ne sont pas plus pauvres ou plus riches. Certes, ils voient soudainement le cours de leur titre être diminué de moitié, mais ils détiennent en revanche deux fois plus de titres qu'avant ledit fractionnement. La valeur totale de leur placement dans l'entreprise demeure donc inchangée.

Le fractionnement d'actions laisse toujours entrevoir d'autres bons moments à venir pour la compagnie car, lorsque ses dirigeants le décrètent, c'est qu'ils ont bon espoir de maintenir sur la pente ascendante tant les ventes et profits de l'entreprise que le cours de son titre. À court terme (soit lors des douze mois suivant la date du fractionnement), le titre peut subir des pressions à la baisse alors que les actionnaires, détenant deux fois plus d'actions qu'auparavant de la compagnie, seront tentés d'en vendre afin de réaliser une partie des gains accumulés.

Quant à la consolidation d'actions, elle s'apparente toujours à un contexte négatif de l'entreprise. Elle survient à la suite d'importantes difficultés financières éprouvées par la compagnie. Des difficultés tellement sérieuses que l'entreprise a dû s'entendre avec ses créanciers (en étant ou non sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers) pour réduire considérablement sa dette totale (elle devra alors échanger la dette contre des millions de nouvelles actions) ou encore émettre une importante quantité d'actions à un moment où leur cours est très faible, question de renflouer ses coffres (ce fut le cas de Nortel).

Dans tous les cas, les anciens actionnaires voient leur placement fortement dilué. Le nombre d'actions en circulation de l'entreprise explose (en moins de deux ans, le nombre d'actions de Nortel est passé de 3,2 à 4,3 milliards) alors que leur valeur chute radicalement souvent au point de ne plus valoir que quelques sous. Les dirigeants de l'entreprise décideront alors de consolider les actions. Dans le cas de Nortel, le ratio de consolidation pourrait être de dix anciennes actions contre une nouvelle. Si tel est le cas, le nombre d'actions en circulation passera alors de 4,3 milliards à 430 millions et le cours de l'action de 3,50 $ à 35 $. Évidemment, pour l'actionnaire, la valeur de son placement global demeure inchangée. Ses actions s'échangeront certes à 35 $ sauf qu'il détiendra à la suite de la consolidation dix fois moins d'actions. Par contre, parce que la consolidation d'actions est toujours associée à d'importantes difficultés financières éprouvées par la compagnie, le cours de l'action aura tendance à reculer durant les mois suivant la date de consolidation.

cchiasson@proplacement.qc.ca

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