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Moody's gèle la cote de crédit de Bombardier

Invoquant la crise qui sévit actuellement dans le secteur de l'aviation, l'agence de notation Moody's a exclu hier tout rehaussement de la cote de crédit de Bombardier pendant la prochaine année.

La multinationale québécoise devra donc faire son deuil, pour l'instant, de son ambition de retrouver une cote de crédit de qualité supérieure («investment grade»), qui permettrait à plusieurs investisseurs institutionnels d'acheter ses titres.

Dans une note, l'agence new-yorkaise a fait passer de «positives» à «stables» les perspectives de Bombardier. Selon Moody's, les caractéristiques fondamentales de l'entreprise montréalaise ne pourront pas justifier une amélioration de sa cote au cours de la prochaine année, contrairement à ce qu'envisageait la firme depuis le printemps 2008.

L'analyste Darren Kirk a reconnu que le constructeur d'avions et de trains est entré dans la récession avec un «fort niveau» de rentabilité et un endettement «modeste» pour une entreprise cotée à Ba2, soit deux crans en deçà du seuil de qualité supérieure.

De plus, son carnet de commandes reste bien garni dans les deux segments, ce qui devrait permettre à Bombardier de faire preuve de «résilience» face au marasme actuel, a estimé M. Kirk.

Il reste que Bombardier Aéronautique sera confronté à des «risques élevés» au cours des prochaines années, a prévenu Moody's. Le secteur de l'aviation d'affaires est susceptible de demeurer tortueux au moment où l'avionneur devra accroître ses dépenses en immobilisations pour le développement de la nouvelle gamme d'appareils commerciaux CSeries.

À l'heure actuelle, Bombardier a reçu des commandes pour 50 avions CSeries, soit moins que ce à quoi s'attendait Moody's.

Bombardier a certes accumulé d'importantes réserves de liquidités — 2,7 milliards $US au 30 avril —, mais l'agence de notation a dit craindre que celles-ci ne «s'érodent» significativement si le marché de l'aviation d'affaires devait tarder à se redresser. Moody's a en outre souligné que l'entreprise ne possédait pas de marge de crédit bancaire d'exploitation («committed bank operating line»).

L'agence a donc diminué d'un cran la cote de liquidités de Bombardier, la faisant passer de SGL-2 (bon) à SGL-3 (acceptable).

C'est en mai 2008 que Moody's avait attribué des perspectives «positives» à Bombardier, reconnaissant les efforts faits par l'entreprise, depuis plusieurs années, pour améliorer sa situation financière.






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