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Charest croit que l'Accord Canada-Europe pourrait améliorer la sécurité du monde

Bruxelles — L'Accord de partenariat projeté entre l'Union européenne et le Canada pourrait assurer une meilleure sécurité dans le monde, a soutenu le premier ministre Jean Charest, hier à Bruxelles.

Au cours d'une table ronde organisée par le Centre For European Policy Studies (CEPS), qui s'affiche comme l'un des dix «think tanks» les plus influents de la planète, M. Charest a longuement vanté les vertus du projet de partenariat Canado-européen.

Non seulement les deux parties profiteront mutuellement de l'accord, mais la sécurité du monde entier en sera renforcée, a postulé le premier ministre.

«Pour les questions de sécurité, je vois cet accord comme étant dans l'intérêt de la planète. Il est bénéfique que l'Europe se rapproche des États-Unis», a dit M. Charest devant environ 70 invités, dont des délégués de divers pays d'Europe, du Mexique, d'Australie, de Thaïlande et des représentants de la grande entreprise.

Le premier ministre du Québec se dit convaincu que la signature d'une entente de partenariat entre les 27 pays membres de l'Union européenne et le Canada amènerait les États-Unis à tendre une oreille plus attentive envers l'Europe.

Les négociations qui viennent à peine de s'amorcer entre le Canada et l'Europe s'annoncent donc cruciales, selon lui.

«Cela ouvrira une porte pour que les États-Unis puissent un jour intensifier leurs relations avec l'Union européenne et que l'Union en fasse de même. La relation transatlantique, à mes yeux à moi, aurait intérêt à être plus serrée pour assurer une meilleure sécurité de la planète», a expliqué le premier ministre un peu plus tard en point de presse.

«Si les États-Unis et l'Europe travaillent main dans la main, ils auront une meilleure capacité pour maintenir la paix, soutenir les populations et intervenir rapidement en cas de conflit», a-t-il poursuivi.

Deux ans

Les négociateurs du Canada, des provinces et des pays européens se donnent deux ans pour parvenir à signer un accord de partenariat nouveau genre qui engloberait non seulement la libéralisation du commerce, mais aussi la mobilité de la main-d'oeuvre.

L'entente comporterait également des clauses de collaboration en matière de recherche, d'enseignement, de culture et d'environnement.

L'échéancier est pour le moins optimiste compte tenu des nombreuses embûches qui se profilent à l'horizon.

Pascal Kerneis, directeur du European Services Forum et panéliste du CEPS, croit en outre que le monopole exercé par la Société de l'assurance-automobile du Québec (SAAQ) en matière de dommages corporels va être un irritant majeur dans les négociations.

«Empêcher la concurrence des assurances automobile alors qu'il y a en d'excellentes dans le monde est une pratique d'un autre âge, en ce qui me concerne, au niveau des pays développés», a-t-il lancé.

Les barrières érigées dans les secteurs de l'agriculture des télécommunications et des services financiers sont autant d'autres obstacles à la bonne marche des pourparlers, a fait valoir M. Kerneis.

Le premier ministre a quitté la Belgique en après-midi et est arrivé en début de soirée hier à Munich, en Allemagne, pour une courte étape de 24 heures.

Sur le tarmac de l'aéroport, M. Charest a été reçu avec tous les égards par le gouvernement bavarois: accueil protocolaire par la ministre d'État des Affaires fédérales Emilia Müller, tapis rouge, escorte policière et circulation bloquée pour laisser le passage à la délégation québécoise.

Aujourd'hui, le premier ministre fera la promotion des occasions d'affaires au Québec auprès du Conseil du patronat bavarois, puis rencontrera en tête à tête le vice-premier ministre de Bavière, Martin Zeil, et le ministre-président, Horst Seehofer.






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