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Avec deux grandes commandes au Bourget, le ciel s'éclaircit pour Airbus

17 juin 2009  Actualités économiques
Un Airbus A380 est posé sur le tarmac pendant le salon de l’aéronautique du Bourget.
Photo : Agence France-Presse
Un Airbus A380 est posé sur le tarmac pendant le salon de l’aéronautique du Bourget.
Le Bourget, France — Refusant de «spéculer» sur les causes du crash du Rio-Paris, l'avionneur européen Airbus, fort de grosses commandes annoncées hier au Salon du Bourget, s'est montré serein pour l'avenir, tablant comme Boeing, sur une reprise de l'industrie aéronautique en 2010.

«Nous pensons que nous sommes proches de la fin de la crise. En 2010, nous attendons la reprise», a dit le patron d'Airbus, Thomas Enders, lors d'une conférence de presse.

L'avionneur européen a publié plusieurs annonces. La plus grande commande ferme de l'année est arrivée en fin de journée: 10 long-courriers A350, soit 2,4 milliards de dollars — selon les prix catalogue de l'avionneur — pour la compagnie à bas prix malaisienne AirAsia X. Elle est assortie de cinq options pour les mêmes appareils.

Suivent ensuite des moyen-courriers, commandés ferme: un A320 VIP pour un client asiatique non identifié, cinq A320 pour la compagnie philippine Cebu Pacific et seize A321 pour Vietnam Airlines, soit un peu moins de deux milliards de dollars au total, selon les prix catalogue. À cela s'ajoute une intention d'achat pour deux long-courriers A350 de la part de la compagnie vietnamienne.

Boeing, traditionnellement moins enclin que l'européen à annoncer des commandes lors de salons, a fait profil bas. «Nous ne comptons pas faire d'annonce au Bourget», a prévenu mardi le vice-président des programmes d'avions de Boeing, Pat Shanahan.

La veille, le dirigeant de la branche commerciale de Boeing, Scott Carson, avait affiché une certaine confiance. «Il n'y a pas de certitude, mais nous avons l'impression qu'il y a des raisons d'espérer un début de reprise l'an prochain», avait-il estimé.

Cette année et l'an prochain, la priorité est de sécuriser les livraisons, autant que d'engranger de nouvelles commandes, a rappelé le patron d'Airbus. «Nous tablons en gros sur le même nombre de livraisons en 2009 qu'en 2008», a-t-il dit. L'an passé, Airbus avait livré 483 avions.

Un chiffre similaire à celui de Boeing qui table entre 480 et 485 appareils livrés cette année.

Après cinq années dorées, les deux constructeurs ont des carnets de commandes pleins: 3500 avions chacun.

La sécurité avant tout

Airbus a été contraint une fois de plus hier de défendre la fiabilité de ses avions, après le crash d'un A330 d'Air France entre Rio et Paris, qui a fait 228 morts le 1er juin.

La sécurité est toujours «la priorité numéro un» quand il s'agit de construire un avion, a assuré le numéro deux d'Airbus Fabrice Brégier, mais les dirigeants de l'avionneur ont refusé de «spéculer» sur l'enquête en cours.

Ils n'ont pas plus commenté les doutes sur la fiabilité des sondes de vitesse des A330 et A340, mises en cause dans ce crash comme dans plusieurs autres incidents, ces dernières années, sur des appareils de ce type.

Airbus et sa maison-mère EADS tentent aussi, lors de ce salon, de sauver le programme d'avions de transport militaire A400M, menacé par de sérieux retards dans son développement.

Visitant le salon hier, le ministre français de la Défense Hervé Morin a annoncé que se tiendrait le 22 juin à Séville, en Espagne une réunion avec ses six homologues des pays européens clients de l'avion.

Les pays clients (Allemagne, Espagne, France, Royaume-Uni, Turquie, Belgique et Luxembourg) discutent actuellement avec Airbus et EADS de l'avenir du contrat. L'A400M, un programme d'un montant de 20 milliards d'euros, devait initialement être livré à partir de la fin 2009, mais il subit au moins trois ans de retard.
 
 
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