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Mini-sommet de l'Organisation internationale du travail - Lula et Sarkozy s'attaquent aux spéculateurs

16 juin 2009  Actualités économiques
«Ce qui est chimérique aujourd’hui, c’est de croire que la crise est une parenthèse et que tout va pouvoir recommencer comme avant», a expliqué Nicolas Sarkozy.
Photo : Agence France-Presse
«Ce qui est chimérique aujourd’hui, c’est de croire que la crise est une parenthèse et que tout va pouvoir recommencer comme avant», a expliqué Nicolas Sarkozy.
Genève — Les présidents français et brésilien Nicolas Sarkozy et Luiz Inacio Lula da Silva ont attaqué hier à Genève les spéculateurs jugés responsables de la crise, réclamant une remise à plat de la gouvernance globale pour faire place à un nouvel ordre économique mondial.

«Ce qui est chimérique aujourd'hui, c'est de croire que la crise est une parenthèse et que tout va pouvoir recommencer comme avant», a expliqué Nicolas Sarkozy devant les 183 membres de l'Organisation internationale du travail (OIT) réunis pour un mini-sommet sur la crise de l'emploi.

«Il faut tout revoir», a-t-il préconisé, estimant «irresponsable» de «croire que le système de spéculation, de rentes et de dumpings qui a enfermé la mondialisation dans l'impasse dans laquelle elle se trouve [allait] pouvoir continuer indéfiniment».

«Ou nous aurons la raison, ou nous aurons la révolte», a prévenu le chef de l'État, en prônant plus de régulation mondiale à travers la mise en application des décisions prises dans le cadre du G20 de Londres en avril.

«Nous avons besoin de règles qui deviennent des normes et qui s'imposent à tous», a-t-il martelé sous des applaudissements nourris. Il a notamment estimé que l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ne pouvait être la seule à édicter des normes internationales contraignantes, et que l'OIT, comme le Fonds monétaire international (FMI) devaient avoir leur mot à dire dans les litiges commerciaux.

«La communauté internationale ne peut pas être schizophrène et ignorer à l'OMC ou dans les institutions de Bretton Woods ce qu'elle promeut à l'OIT», a poursuivi M. Sarkozy, suggérant également une conditionnalité «environnementale et sociale» pour les grandes organisations financières.

Quelques heures à peine auparavant, le président brésilien Lula avait dans la même veine attaqué les paradis fiscaux et spéculateurs à l'origine de la plus grave crise économique depuis la Deuxième Guerre mondiale. Et soutenu une nouvelle fois son projet de nouvel ordre international.

«On ne peut pas se permettre de vivre avec des paradis fiscaux, on ne peut pas continuer à vivre avec un système financier qui spécule, qui vend du papier sans produire, sans produire le moindre poste de travail, la moindre chaussure, la moindre cravate», a-t-il expliqué, provoquant également un tonnerre d'applaudissements. «J'espère que de cette crise puisse surgir un ordre international qui récompense la production et non la spéculation, qui respecte les standards internationaux viables, qui fasse du commerce un instrument de développement», a-t-il insisté.

Pacte mondial pour l'emploi

Parmi la dizaine de chefs d'État et de gouvernements invités pour ce sommet de trois jours, la présidente argentine Cristina Kirchner est également intervenue pour soutenir une participation de l'OIT aux grandes réunions du G20 et prôner «une stratégie globale face à la crise qui prenne en compte l'économie réelle».

S'alarmant d'une crise sociale naissante à la faveur d'un chômage exponentiel provoqué par des faillites en cascade, l'OIT a convoqué cette réunion pour réfléchir à un Pacte mondial pour l'emploi destiné à mettre les questions sociales au coeur des gigantesques plans de relance économique prévus par de nombreux gouvernements.

De fait, ces plans sont essentiellement budgétaires, ne consacrant que 10 à 15 % des dépenses prévues aux mesures sociales.

Pourtant, selon les dernières prévisions les plus sombres du Bureau international du travail (BIT, secrétariat de l'OIT), le nombre de chômeurs devrait exploser cette année pour atteindre 210 à 239 millions de personnes sur la planète, soit un taux de chômage compris entre 6,8 et 7,4 %.

Pour le BIT, cette situation constitue une véritable bombe à retardement, portant en elle de «grands risques» de déstabilisation politique.






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