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Une hausse de 8 ¢ du huard en mai inquiète Flaherty

Toronto — Le dollar canadien reprend du tonus et a couronné hier un mois de mai qui l'a vu progresser de près de 8 ¢ par rapport à la devise américaine en atteignant 91,76 ¢US, son plus haut niveau depuis le début d'octobre 2008. Le huard a clôturé la séance à 91,6 ¢US, en hausse de 1,9 ¢US.

Si la nouvelle a de quoi réjouir les vacanciers qui quittent le pays et les consommateurs transfrontaliers, elle a ouvertement inquiété le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty.

De passage à Toronto hier, M. Flaherty a rappelé que le gouvernement était toujours soucieux lorsque le huard était touché par de rapides fluctuations, car elles peuvent avoir d'importantes répercussions sur les exportations et le secteur manufacturier, encore fragile.

De nombreux facteurs ont combiné à donner des ailes au huard: un marché d'actions en hausse, des prix plus élevés du métal et des combustibles fossiles et la dévaluation prononcée du dollar américain.

«Dans un premier temps, vous avez des éléments laissant croire à une reprise de l'économie, qui ont eu pour effet de relancer les cours des matières premières», a expliqué hier David Watt, analyste principal spécialisé en devises chez RBC Marchés des Capitaux. «Aussi, vous avez certaines inquiétudes face au dollar américain, et c'est le souci le plus important pour l'instant», a-t-il ajouté. «Je suis surpris, car je ne m'attendais pas à voir le dollar canadien s'élever à de tels niveaux, et les inquiétudes vis-à-vis le dollar américain ont changé ma perception de la situation.»

L'envol du dollar canadien a suivi la même tendance que la Bourse, dont la vitalité a eu pour effet d'accroître de plus de 35 % la valeur de l'indice principal de la Bourse de Toronto.

Les matières premières ont également aidé à la revalorisation du huard. Le baril de pétrole brut a franchi le cap des 66 $US, soit près du double du creux de mars.

Mais M. Watt a rappelé que la baisse du dollar américain, plus que tout autre facteur, expliquait la situation actuelle. Cette faiblesse a été amplifiée la semaine dernière lorsque l'agence de notation Standard & Poor a annoncé que la cote de crédit de la Grande-Bretagne pourrait être réduite en raison d'un niveau d'endettement à la hausse.
 
 
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