La retraite à 60 ans?
La semaine prochaine, j'aurai 55 ans. Je souhaiterais prendre une retraite à 60 ans. Je n'ai pas de régime de pension qui m'attend, sauf naturellement les régimes des rentes du Québec et du Canada.
Mes actifs se composent comme suit: un condo d'une valeur de 400 000 $ libre d'hypothèque, un REER de 368 000 $ (qui en valait 525 000 $ avant la débâcle) composé uniquement d'actions canadiennes et américaines, des placements hors-REER de 30 000 $ et un CELI de 5000 $.
À quoi puis-je m'attendre en matière de revenus annuels à compter de 60 ans? Que puis-je faire d'ici là pour améliorer ma situation financière?
Espérant vous lire,
Bien à vous,
JPL
Comme l'indique le tableau ci-contre, à la fin de 2008, il fallait à un couple ou à une personne seule âgés de 55 ans un avoir net après impôt de 754 516 $ et 617 577 $ respectivement pour prétendre à une retraite aisée à cet âge. À 60 ans, âge auquel vous désirez prendre votre retraite, l'avoir net requis sera évidemment moindre puisque la durée de votre retraite sera également moindre. À 60 ans, comme l'indique le tableau ci-contre, les montants respectifs requis sont de 590 783 $ pour un couple de retraités et de 490 134 $ pour une personne seule.
Selon les données transmises dans votre lettre, votre avoir net après impôt dépasse déjà les montants requis précédents puisqu'il totalise près de 693 000 $. N'eût été la débâcle boursière, votre avoir après impôt se serait chiffré à 803 000 $. Que vous soyez seul ou en couple, vous disposez donc déjà de l'avoir requis pour bien vivre à la retraite à 60 ans.
À ce stade, la priorité est de maintenir le pouvoir d'achat de votre avoir, c'est-à-dire vous assurer qu'il grimpe au rythme annuel de l'inflation. Essentiellement, vous y parviendrez par l'entremise de vos placements. Les titres des grandes entreprises s'apprécieront au fil des ans alors que leurs dividendes seront généralement majorés au moins au rythme de l'inflation.
Outre le rendement de vos placements, l'épargne contribuera aussi à maintenir la valeur en termes réels de votre avoir. Mieux, elle devrait l'améliorer jusqu'à ce que vous preniez votre retraite à 60 ans. Aussi, je crois important que vous continuiez d'épargner bon an, mal an au moins 15 %, peut-être 20 % si cela est possible (il ne faut pas ici oublier que vous êtes dans la phase probablement la mieux rémunérée de votre vie active), de vos revenus annuels. Non seulement cette épargne augmentera en termes réels (donc après inflation) votre avoir net, elle vous accordera probablement plus de flexibilité lorsque viendra le temps de tirer de votre dit avoir des revenus réguliers de placement.
Le poids de votre condo dans votre avoir net pose problème. Il représente 58 % de votre avoir. Or il s'agit ici d'un actif qui ne génère pas de revenus réguliers de placement. Il faudra envisager au cours des prochaines années de le vendre pour le remplacer par un autre de moindre valeur, soit autour de 250 000 $. Dans un tel cas, votre nouveau condo serait entièrement payé et vous procurerait l'équivalent d'une économie de loyer annuelle de près de 8000 $ (montant après impôt). Le reste du produit de la vente de votre condo vous permettrait de construire un portefeuille hors REER de 150 000 $ environ. Le but visé serait ici que vous puissiez, à 60 ans, compter sur un portefeuille hors REER de près de 250 000 $. Cela est chose possible avec l'épargne additionnelle que vous réaliserez au cours des cinq prochaines années. Je tiens également compte du fait que vos placements hors REER totalisent présentement 35 000 $.
Par ailleurs, quels sont les revenus annuels auxquels vous pourrez prétendre à 60 ans? Dans cinq ans, la valeur de votre REER se sera redressée et dépassera probablement la barre de 500 000 $. En supposant un rendement composé annuel de 6 %, vous serez alors en mesure d'établir un plan de retraits annuels de votre régime. Le retrait de la première année pourra être de 25 000 $, montant que vous ajusterez à l'inflation annuelle pour les années subséquentes.
Toujours selon un rendement annuel composé de 6 %, votre portefeuille hors REER devrait générer des revenus de placement (essentiellement des revenus de dividende) de près de 15 000 $.
À tout cela s'ajoutera la rente du Québec, qui sera à ce moment-là autour d'un maximum de 8400 $ ainsi que l'économie de loyer annuelle résultant de votre condo libre de toute hypothèque. Globalement, vous devriez être en mesure d'encaisser à partir de 60 ans un revenu annuel brut équivalant à 60 000 $ sans réellement devoir réduire votre capital.
À 65 ans, ce revenu sera grossi par votre pension de la sécurité pour la vieillesse du gouvernement fédéral. Ce revenu additionnel sera de l'ordre de 7500 $ par année si vous êtes seul.
Enfin, à propos de la débâcle boursière, si votre REER se compose de titres de grandes entreprises canadiennes et américaines affichant un long historique de versements d'un dividende régulier et croissant, les probabilités sont bonnes que vous puissiez récupérer au cours des prochaines années les pertes subies en 2008. Depuis le début de l'année, nombreux sont les titres de grandes entreprises (les banques en particulier) à s'être redressés, enregistrant en quelques mois des hausses de 50 % et plus par rapport à leur creux cyclique.
***
cchiasson@proplacement.qc.ca
Classe Internet: www.proplacement.qc.ca
Mes actifs se composent comme suit: un condo d'une valeur de 400 000 $ libre d'hypothèque, un REER de 368 000 $ (qui en valait 525 000 $ avant la débâcle) composé uniquement d'actions canadiennes et américaines, des placements hors-REER de 30 000 $ et un CELI de 5000 $.
À quoi puis-je m'attendre en matière de revenus annuels à compter de 60 ans? Que puis-je faire d'ici là pour améliorer ma situation financière?
Espérant vous lire,
Bien à vous,
JPL
Comme l'indique le tableau ci-contre, à la fin de 2008, il fallait à un couple ou à une personne seule âgés de 55 ans un avoir net après impôt de 754 516 $ et 617 577 $ respectivement pour prétendre à une retraite aisée à cet âge. À 60 ans, âge auquel vous désirez prendre votre retraite, l'avoir net requis sera évidemment moindre puisque la durée de votre retraite sera également moindre. À 60 ans, comme l'indique le tableau ci-contre, les montants respectifs requis sont de 590 783 $ pour un couple de retraités et de 490 134 $ pour une personne seule.
Selon les données transmises dans votre lettre, votre avoir net après impôt dépasse déjà les montants requis précédents puisqu'il totalise près de 693 000 $. N'eût été la débâcle boursière, votre avoir après impôt se serait chiffré à 803 000 $. Que vous soyez seul ou en couple, vous disposez donc déjà de l'avoir requis pour bien vivre à la retraite à 60 ans.
À ce stade, la priorité est de maintenir le pouvoir d'achat de votre avoir, c'est-à-dire vous assurer qu'il grimpe au rythme annuel de l'inflation. Essentiellement, vous y parviendrez par l'entremise de vos placements. Les titres des grandes entreprises s'apprécieront au fil des ans alors que leurs dividendes seront généralement majorés au moins au rythme de l'inflation.
Outre le rendement de vos placements, l'épargne contribuera aussi à maintenir la valeur en termes réels de votre avoir. Mieux, elle devrait l'améliorer jusqu'à ce que vous preniez votre retraite à 60 ans. Aussi, je crois important que vous continuiez d'épargner bon an, mal an au moins 15 %, peut-être 20 % si cela est possible (il ne faut pas ici oublier que vous êtes dans la phase probablement la mieux rémunérée de votre vie active), de vos revenus annuels. Non seulement cette épargne augmentera en termes réels (donc après inflation) votre avoir net, elle vous accordera probablement plus de flexibilité lorsque viendra le temps de tirer de votre dit avoir des revenus réguliers de placement.
Le poids de votre condo dans votre avoir net pose problème. Il représente 58 % de votre avoir. Or il s'agit ici d'un actif qui ne génère pas de revenus réguliers de placement. Il faudra envisager au cours des prochaines années de le vendre pour le remplacer par un autre de moindre valeur, soit autour de 250 000 $. Dans un tel cas, votre nouveau condo serait entièrement payé et vous procurerait l'équivalent d'une économie de loyer annuelle de près de 8000 $ (montant après impôt). Le reste du produit de la vente de votre condo vous permettrait de construire un portefeuille hors REER de 150 000 $ environ. Le but visé serait ici que vous puissiez, à 60 ans, compter sur un portefeuille hors REER de près de 250 000 $. Cela est chose possible avec l'épargne additionnelle que vous réaliserez au cours des cinq prochaines années. Je tiens également compte du fait que vos placements hors REER totalisent présentement 35 000 $.
Par ailleurs, quels sont les revenus annuels auxquels vous pourrez prétendre à 60 ans? Dans cinq ans, la valeur de votre REER se sera redressée et dépassera probablement la barre de 500 000 $. En supposant un rendement composé annuel de 6 %, vous serez alors en mesure d'établir un plan de retraits annuels de votre régime. Le retrait de la première année pourra être de 25 000 $, montant que vous ajusterez à l'inflation annuelle pour les années subséquentes.
Toujours selon un rendement annuel composé de 6 %, votre portefeuille hors REER devrait générer des revenus de placement (essentiellement des revenus de dividende) de près de 15 000 $.
À tout cela s'ajoutera la rente du Québec, qui sera à ce moment-là autour d'un maximum de 8400 $ ainsi que l'économie de loyer annuelle résultant de votre condo libre de toute hypothèque. Globalement, vous devriez être en mesure d'encaisser à partir de 60 ans un revenu annuel brut équivalant à 60 000 $ sans réellement devoir réduire votre capital.
À 65 ans, ce revenu sera grossi par votre pension de la sécurité pour la vieillesse du gouvernement fédéral. Ce revenu additionnel sera de l'ordre de 7500 $ par année si vous êtes seul.
Enfin, à propos de la débâcle boursière, si votre REER se compose de titres de grandes entreprises canadiennes et américaines affichant un long historique de versements d'un dividende régulier et croissant, les probabilités sont bonnes que vous puissiez récupérer au cours des prochaines années les pertes subies en 2008. Depuis le début de l'année, nombreux sont les titres de grandes entreprises (les banques en particulier) à s'être redressés, enregistrant en quelques mois des hausses de 50 % et plus par rapport à leur creux cyclique.
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