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Jarislowsky fait confiance à Sabia

Selon Stephen Jarislowsky, Michael Sabia réussira son mandat à la Caisse de dépôt s’il sait prendre conseil auprès de gens qui connaissent le métier et qui veulent aider, dont lui-même dit faire partie.
Photo : Jacques Nadeau
Selon Stephen Jarislowsky, Michael Sabia réussira son mandat à la Caisse de dépôt s’il sait prendre conseil auprès de gens qui connaissent le métier et qui veulent aider, dont lui-même dit faire partie.
Très critique à l'égard des anciens administrateurs et gestionnaires qui ont entraîné la Caisse de dépôt dans un gouffre financier de 40 milliards, Stephen Jarislowsky a confiance en Michael Sabia, «un homme très responsable qui connaît la finance». Selon lui, M. Sabia réussira son mandat s'il sait prendre conseil auprès de gens qui connaissent le métier et qui veulent aider, dont M. Jarislowsky dit faire partie. Et le nouveau conseil d'administration de la Caisse? «Ce n'est pas ça qui compte aujourd'hui», répond-il

À son avis, la réussite de la Caisse repose sur «une question de discipline, d'embauche de gens de qualité, de surveillance des risques, d'une politique bien définie qui n'est pas spéculative et qui ne vise pas nécessairement des résultats meilleurs que Teachers, mais une politique à long terme correcte, qui considère les risques à 100 % et qui ne s'égare pas dans de nouvelles aventures».

Comme bien d'autres, Jarislowsky Fraser s'est vu offrir des papiers commerciaux adossés à des actifs (PCAA). «Quand j'ai regardé les PCAA, je me suis dit: si ça vient à échéance le 1er juin, qui va me payer? Il y avait une centaine d'hypothèques dans les PCAA. Comment se faire payer par une centaine d'hypothèques? Il n'y avait aucune garantie de la part de la banque qui me les aurait vendus. Sans garantie, il n'y avait aucune raison d'acheter», a expliqué M. Jarislowsky avec une limpidité qui démolit tout scénario de mystère.

Le conférencier, qui parlait devant le Cercle de la finance internationale de Montréal, a soutenu que la Caisse aurait dû faire son propre travail, ses propres vérifications au lieu de s'en remettre à l'opinion d'une seule agence de notation. «Il ne faut jamais de fier aux opinions d'autrui qui peuvent être en conflit d'intérêts. Dans ce cas-ci, il y avait un conflit d'intérêts primaire. Du moment qu'il y avait un conflit d'intérêts primaire, comment je pouvais croire que des gens travaillent rien que pour moi, alors qu'ils étaient payés par d'autres? Si on est responsable, on fait son propre travail; on n'a pas besoin de Moody's ou de DBRS pour nous informer si quelque chose est de bonne qualité ou non.» À son avis, il y avait à l'ancien conseil d'administration de la Caisse deux ou trois bons administrateurs. «Trop n'avaient pas le courage ni la compétence pour savoir ce qui se passait.»

Trop peu de femmes compétentes

Pour M. Jarislowsky, un bon administrateur est celui qui fait preuve de curiosité pour trouver l'information, de courage pour la faire circuler et de compétence pour en mesurer l'importance, une denrée rare. Dans un même souffle, il a fustigé la règle imposée par le gouvernement du Québec pour des conseils d'administration comportant un nombre égal d'hommes et de femmes. Selon lui, le bassin de femmes compétentes, c'est-à-dire qui ont l'expérience des entreprises et de l'administration, est encore insuffisant pour remplir tous les postes administratifs dans les sociétés relevant de l'État.

Ses critiques se sont étendues d'ailleurs à l'ensemble de l'univers financier, où il voit des faiblesses et des conflits d'intérêts un peu partout, chez les cadres supérieurs, les courtiers, etc., si bien qu'au bout du compte, ce sont les actionnaires qui prennent tous les risques.

Pour ce qui est de la crise financière mondiale, M. Jarislowsky continue de penser qu'elle va durer encore quelques années et que «le boom survenu depuis mars dernier ne sera pas permanent».
 
 
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