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Pas de vote sur le salaire des dirigeants de Power

«Il faut qu'on attire les meilleurs joueurs possibles»: même s'il comprend le ras-le-bol du public face aux salaires faramineux des dirigeants de certaines entreprises, le président du conseil de Power Corporation se félicite du rejet, lors de l'assemblée annuelle, de la proposition de soumettre la politique de rémunération des patrons au vote des actionnaires. Par ailleurs, le conglomérat a dévoilé hier un bénéfice en forte baisse pour le premier trimestre 2009.

La proposition du MEDAC de soumettre la politique de rémunération des hauts dirigeants de Power Corporation à un vote consultatif des actionnaires a été rejetée, hier, lors de l'assemblée annuelle, même si elle a tout de même recueilli l'appui de 18 % des actionnaires.

Nathalie St-Pierre, du Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires (MEDAC), avait soumis à l'assemblée une proposition à cet effet.

Dans sa présentation devant les actionnaires, Mme St-Pierre avait souligné que des banques, comme la Laurentienne et la Nationale, avaient ainsi accepté de soumettre la politique de rémunération de leurs hauts dirigeants à un vote consultatif des actionnaires.

Interrogé après l'assemblée, le président du conseil et cochef de la direction de Power, Paul Desmarais fils, a justifié le rejet de cette proposition, tout en disant comprendre les raisons de la requête.

«Je pense que les gens sont énervés, outrés par les exagérations qu'il y a eu dans les marchés en plusieurs endroits dans le monde, a-t-il dit. Quand c'est fait pour du court terme et qu'il y a toutes sortes de clauses qui sont souvent utilisées pour payer des montants extravagants, c'est agaçant et ce n'est pas bon pour le système. Mais nous, on est une corporation qui a une taille importante et c'est important qu'on soit des winners. Il faut qu'on attire les meilleurs joueurs possible. Et ça, on ne veut pas changer ça.»

M. Desmarais fils a aussi souligné le fait que ceux qui prenaient ces décisions concernant la rémunération étaient «indépendants du management, indépendants des actionnaires, sont des gens réfléchis, qui ont de l'expérience».

Il a souligné que la situation était différente pour les banques. «Nous on est actionnaires de contrôle [de Power]. Beaucoup de grandes banques ont subi la pression publique et ont voulu atténuer la pression publique en disant "oui on va faire ça"», a justifié M. Desmarais fils.

Il n'a toutefois pas fermé la porte pour toujours. «S'il y a une révolution pour le mieux, est-ce qu'on dit qu'on ne le fera pas pour toujours? Non. On le considérera. Nous, on ne pense tout simplement pas que ça va être un bon mécanisme. On va attendre un an, deux ans, trois ans et on verra», a-t-il conclu.

Le MEDAC a également déposé une autre proposition, voulant que 50 % des nouvelles candidatures proposées à titre de membres du conseil soient féminines, et ce, jusqu'à l'atteinte de la parité hommes-femmes.

Là encore, sa proposition a été rejetée, seulement 9 % des actionnaires l'ayant approuvée.

Médias

De son côté, le président délégué du conseil, président et cochef de la direction, André Desmarais, n'a pas voulu dire s'il était intéressé ou non par les journaux du groupe Canwest, qui éprouve des difficultés financières.

«On n'offre pas de commentaires pour ce dont nous avons peut-être des intérêts. Il est sûr que normalement, nous regardons toutes les opportunités qui sont possibles ou d'intérêt. On ne commente jamais les rumeurs quelles qu'elles soient, surtout sur les achats. Ça va de l'achat du Canadien à Canwest», a répliqué M. Desmarais, interrogé après l'assemblée.

Il a rappelé que le milieu des médias traversait présentement une période difficile. «Pour les médias, ce sera certainement extrêmement difficile, surtout pour ce qui est de l'écrit. On ne s'en cache pas. Le futur ne semble pas aussi prospère qu'il l'a été dans le passé. Il faudra que des mesures nécessaires soient prises pour s'assurer que ces compagnies-là puissent continuer à offrir un retour à l'actionnaire et à être prospères. Ça veut dire qu'il faudra faire de la diversification, tout en s'assurant que nos coûts et que tout devienne en ligne avec les revenus que ces compagnies-là peuvent attirer dans le futur», a-t-il affirmé.

Résultats

Par ailleurs, pour le premier trimestre du présent exercice, le bénéfice net de Power Corporation a atteint 151 millions de dollars, ou 31 ¢ par action, comparativement à 376 millions, ou 80 ¢ par action, pour le trimestre correspondant de l'exercice précédent.

La direction de Power explique la baisse de ses profits par une diminution de la contribution de la Corporation Financière Power durant la période.

Celle-ci a toutefois été compensée par un revenu de placements plus élevé grâce à la vente de son investissement dans Virochem Pharma.

Pour l'exercice qui a pris fin le 31 décembre 2008, Power a dégagé un bénéfice net de 868 millions, ou 1,81 $ par action, comparativement à 1,46 milliard, ou 3,13 $ par action, en 2007.
 
 
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