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La Caisse aurait investi dans les PCAA les plus risqués

La Caisse de dépôt et placement du Québec a investi de façon importante dans les plus risqués des papiers commerciaux adossés à des actifs (PCAA), des titres sans aucune entente de liquidités, a rapporté Radio-Canada hier.

En fait, la Caisse a pour 6 milliards de PCAA des séries E, sans garantie de liquidités, ce qui correspond à près de la moitié des 12,6 milliards de papiers commerciaux achetés par l'institution, selon les informations obtenues par la télévision d'État.

C'est qu'il y a deux classes de papiers commerciaux: les séries A, assorties d'une entente de liquidités, et les séries E, sans aucune garantie.

L'ex-président de la Banque Laurentienne, Pierre Goyette, a dit croire qu'il s'agissait d'une «erreur fondamentale» de la Caisse.

«Si la garantie de liquidités ne s'applique pas, c'est vous qui, comme client, assumez le risque», a expliqué la vice-présidente de l'Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières, Carmen Crépin. «Je pense que beaucoup de clients, s'ils avaient bien compris, n'en auraient pas acheté», a-t-elle ajouté.

La Caisse de dépôt et placement n'aurait pas su ce qu'elle achetait, alors qu'elle détenait presque les deux tiers des papiers commerciaux au Québec et 40 % au Canada? La Caisse de dépôt, de même que l'ex-patron Henri-Paul Rousseau, ont refusé toute entrevue avec Radio-Canada.

«On ne peut certainement pas argumenter [sic] que la Caisse de dépôt n'était pas au courant de la distinction entre les séries E et A, parce que ce sont des initiés, des investisseurs avertis», a soutenu le professeur Louis Gagnon, spécialiste des produits dérivés. Et la Caisse était actionnaire de Coventree, une des principales sociétés émettrices de papiers commerciaux.

Une partie du Québec Inc. a imité la Caisse et acheté des séries E. Par exemple, la Bibliothèque nationale du Québec a acheté des séries E, ainsi que le comité qui gère la taxe scolaire de Montréal. Domtar y a investi près de 300 millions du fonds de retraite de ses employés, a noté Radio-Canada.






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