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La facture du FMI - Chiffon rouge

En pleine rémission boursière, le Fonds monétaire international (FMI) a composé un exposé propre à tétaniser bien des ardeurs. En effet, contrairement à ce qui avait été prévu au début de l'année, la contraction économique s'annonce plus profonde, la récession plus longue. Bref, le pire n'est pas derrière nous.

ll y a un an tout juste, le FMI calculait que les déboires des banques avoisineraient les mille milliards. Aujourd'hui, l'inventaire des pertes s'étant précisé, cette institution estime que la douloureuse, c'est le cas de le dire, dépassera les 4000 milliards. Cet écart, cette énorme distorsion, s'explique notamment par le fait que des cohortes de compagnies d'assurances, de caisses de retraite et autres ont rejoint le contingent des éclopés. Le bataillon des drogués aux subprimes et véhicules financiers confectionnés pour leurrer les crédules ayant confondu l'ingénierie monétaire avec une fable de La Fontaine. On pense évidemment à Perrette et son pot au lait.

Tout logiquement, cette crise attribuable aux banques, aux comptables, s'est greffée à l'économie dite réelle, aux ingénieurs. Et ce, avec une violence d'une telle rapidité qu'une liste impressionnante de nations ont mendié des prêts au cours des derniers jours. Tenez, la semaine dernière, la Colombie, le Mexique et la Pologne ont obtenu du FMI des lignes de crédit totalisant des dizaines de milliards. Auparavant, tous les pays de l'Europe de l'Est avaient contracté des prêts auprès de la même institution. Bientôt...

Bientôt, il se pourrait que le Royaume-Uni, celui-là même qui a réussi le prodige de donner naissance à la main invisible que manipulent les fantômes des châteaux écossais, là même où le métier d'assureur fut inventé, pointe au guichet du Fonds. Curieux pays que l'Angleterre: plutôt que d'écouter les conseils de prudence et d'équilibre développés par l'un de leurs concitoyens, John Maynard Keynes, il s'est gavé des théories de Milton Friedman et Friedrich Hayek, les chantres de la «destruction créatrice.»

Toujours est-il que, question destruction, nos amis britanniques ne font pas dans le détail. À preuve, le budget déposé au lendemain de l'exposé du FMI. Et alors? Le déficit prévu atteindra 12,5 % du PIB. Pour bien peser l'importance de ce chiffre, pour bien comprendre ses possibles conséquences, on tient à rappeler, à souligner et à insister: ce budget, ce déficit de 12,5 %, est le quasi-jumeau de celui élaboré en... 1945! Bonté divine! Autrement dit, il est la copie d'un budget élaboré pour RECONSTRUIRE la nation de Keynes.

Il en va du Royaume-Uni comme de l'Allemagne et de la France, où là aussi la contraction du PIB sera plus marquée que ce qui était souhaité, à cause d'une certaine paresse, entre autres facteurs, sur le front du nettoyage. On s'explique. Contrairement aux États-Unis, les banques des trois poids lourds de l'économie européenne sont loin d'avoir effectué les dépréciations d'actifs qu'elles sont condamnées à faire. On estime que les établissements américains devront radier 550 milliards répartis sur les deux prochaines années. L'Europe? 750 milliards juste en 2009.

Cette batterie de chiffres communiqués, tout un chacun se doute que les politiciens sont confrontés à un sacré défi. Si on veut éviter le risque systémique, les élus n'ont pas d'autre solution, assure le FMI, que de concevoir d'autres plans de sauvetage des banques et autres. Le défi? En Allemagne, en France, au Royaume-Uni ainsi d'ailleurs qu'aux États-Unis les opinions publiques y sont opposées. Échaudées par les millions et les millions de primes accordées au personnel de sociétés sauvées grâce aux milliards de l'État, donc des contribuables, ces dernières ne cachent même plus leur colère. Elles l'expriment.

Un peu partout en Europe, un vent de révolte souffle présentement. Plus particulièrement en France où, au cours des deux derniers mois, les séquestrations de dirigeants d'entreprises ont été observées sans oublier le saccage récent d'une préfecture. Lorsque l'on s'attarde aux propos formulés par ces salariés, force est de constater que ces histoires de primes, cette négation de l'éthique la plus élémentaire, ont été le moteur central de leurs actes.

En 1945, on a calculé que les coûts afférents à la Deuxième Guerre mondiale s'étaient établis à mille milliards environ, soit douze mille milliards en dollars d'aujourd'hui. Entre 1945 et aujourd'hui, il y a une énorme différence: pas de villes détruites, pas de ponts détruits, surtout pas de millions de pauvres hères sur des routes éventrées. Et alors? Jusqu'à présent, la crise a coûté le tiers de ce qu'a coûté la guerre et elle n'est toujours pas chose du passé.






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  • Dominic Pageau
    Abonné
    lundi 27 avril 2009 01h25
    Le coeur de la stratégie de Keynes?
    « Stimuler la consommation..... Je ne suis pas certain que ça plaise aux écolos. La pire conséquence de la stratégie de Keynes? L'endettement, des gouvernements et des individus.... selon cette théorie, l'endettement n'est pas grave en autant qu'on rembourse pendant les bonnes années. Le problème c'est qu'on doit toujours rembourser plus qu'on a emprunté(intérêt), ce qui fait qu'il n'y a et n'aura jamais assez d'argent pour payer toute les dettes. La théorie est aussi payante pour les banquiers et financiers que celle de Friedman et compagnie.

    Ce monsieur a frayé avec les grosses pointures financières de l'époque et il a essayé de fabriquer un système économique international et une monnaie internationale, mais plusieurs pays, qui voulaient rester souverain, en particulier à ce qui à trait à leur monnaie ont refusé ce système qui les privait de leur influence sur la monnaie de leur pays. Les États-Unis étaient un de ceux là.....Ils avaient à mon avis raison, mais, les internationalistes américains ont fait couler de l'eau sous les ponts, ils y ont mis la gomme, c'est pas dans la poche, mais ça avance.....


    Il reste quand même deux monstres des visées internationalistes de Keynes, le Fond Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale (BM)


    J'ai l'impression que les médias versent dans les infos pub, on veut nous vendre une idée plutot que de nous informer.


    Aujourd'hui on nous fait une chronique fataliste qui nous dit que la crise va couter cher et que le FMI nous prédit qu'elle va être longue..... »

  • loiselet
    Abonné
    lundi 27 avril 2009 02h59
    Copie lucrative
    « Il faudrait ajouté, aujourd'hui, les centaines de milliards qu'ont coûtées les guerres actuelles. Quand le gouvernement se fiche de la valeur monétaire, les gros bonnets du privé font de même. Bientôt, la monnaie ne vaudra plus que du vent. »

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    lundi 27 avril 2009 08h44
    Pour sauver la planète, sortons du capitalisme
    « Mais d'où vient donc cette vénération incontournable pour le FMI?

    Cette institution ne sert que la prédation économique. Elle sert à concentrer la richesse et à rependre la pauvreté.
    Le FMI sert à soumettre les pays pauvres au néolibéralisme.
    Depuis que le FMI sévit, jamais un pays n'a pu sortir de son marasme. Les dettes phénoménales s'accumulent et la population survit de plus en plus difficilement. Le FMI exige des gouvernements de réduire l'aide sociale, les soins de santés et l'éducation. Il oblige à la monoculture et favorise le saccage des ressources naturelles des pays pauvres (et même riches).

    On parle du déboire des banques et on nous fait vivre dans un monde virtuel. Un monde où le dieu dollar est la valeur à sauver et où l'économie réelle est niée.
    Un monde où l'Être Humain devient secondaire, un monde où l'on doit trouver 4000 milliards pour sauver les banques.
    Sauver les banques, comme si elles étaient des organismes missionnaires comme si elles étaient des églises à vénérer.

    On nous explique:
    «Tenez, la semaine dernière, la Colombie, le Mexique et la Pologne ont obtenu du FMI des lignes de crédit totalisant des dizaines de milliards.»

    Bizarre que le Venezuela, l'Argentine, l'Équateur et la Bolivie, tirent leur épingle du jeu sans tambour ni trompette et sans les «fabuleux prêts» du FMI !

    L'économie «dite» réelle, serait-elle vraiment réelle?

    Colombie, Mexique, Pologne, des pays qui ont opté pour le néolibéralisme et dont les populations en font les frais.


    «En 1945, on a calculé que les coûts afférents à la Deuxième Guerre mondiale s'étaient établis à mille milliards environ, soit douze mille milliards en dollars d'aujourd'hui. Entre 1945 et aujourd'hui, il y a une énorme différence: pas de villes détruites, pas de ponts détruits, surtout pas de millions de pauvres hères sur des routes éventrées. Et alors? Jusqu'à présent, la crise a coûté le tiers de ce qu'a coûté la guerre et elle n'est toujours pas chose du passé.»

    Eh! Oui!
    La réalité de l'exploitation, la réalité que les outils tels le FMI, la BM, l'OMC, le libre-échange ne servent qu'à la concentration de la richesse et à la multiplication de la pauvreté, cette réalité est devenue évidente.
    Il faut cesser de parler de $$$ et de milliards, il faut parler de pauvreté, d'éducation, de soins de santés, d'eau douce et d'air pur.

    Le FMI n'a plus sa raison d'être. Il ne peut pas être réformé et mis au service des populations. Le FMI est un outil au service des prédateurs économiques.
    Il faut que le monde se donne de nouveaux outils.
    Des outils basés sur la solidarité, sur le troc, genre médecins contre pétrole, genre professeur contre nourriture.
    Il faut sauver les Êtres Humains et non les quelques prédateurs économiques dictateurs du monde.

    Pour sauver la planète, sortons du capitalisme.

    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Marc M. Davignon
    Abonné
    lundi 27 avril 2009 09h09
    Une autre crise.
    « Une autre crise de cochon. Une autre pour en tasser une qui devient gênante. Il faut bien occuper le «petit» peuple! Effectivement, comment pouvons-nous justifier une telle perte de richesse sans destruction de bien commun! Comment? Même si une surévaluation est en cause, il ne peut être envisageable que ce seul phénomène soit l'unique cause de cette «pandémie». De toute façon, comment peut-on croire ces gens qui ne furent même pas capables de voir venir cette «maladie»? Comment peut-on croire des gens qui nous ont menti? Un président, pour justifier une guerre folle, affirmait qu'il y avait des armes à destruction massive. Comment pouvons encore écouter ces gens? Croire en ce qu'il affirme être une vérité! Voici un phénomène qui s'apparente un peu trop à celui de la religion. Nous observons, avec scepticisme, les écoles ou seul l'enseignement religieux se professe. Nous sommes enclins à dénoncer ces endroits. Nous nous opposons à ceci et peut-être avec raison. La rigidité des comportements face à ce qui n'est pas comme eux est toujours un danger. Nous devrions faire attention aux écoles qui enseignent la religion nommée Économie Capitalisme. Ils forment des intégristes comme ceux que nous décrions pour les autres religions. Pourrions-nous, maintenant, comparer le FMI aux inquisitions des temps passés? »

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