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Entrevue avec Hendrik von Kuenheim, président de BMW Canada - «La crise du pétrole des années 1970 ne nous a pas arrêtés»

«Le cours élevé du pétrole n'est certainement pas une bonne chose pour l'économie. Mais les gens diront ce qu'ils veulent, on a connu une crise majeure dans les années 1970 et nous vendons encore des voitures aujourd'hui», relativise le président du constructeur bavarois BMW.

Les 18 derniers mois ont été fertiles en événements de toute sorte. Tragédies, crises et menaces de guerre affectent évidemment tous les secteurs de l'industrie, y compris celui du transport. Pourtant, croit Hendrik von Kuenheim, président de la filiale canadienne de BMW AG, l'influence à long terme de la plupart de ces événements est bien mince, surtout si l'on ne s'attarde qu'au secteur de l'automobile, et davantage encore en ce qui concerne les voitures de luxe.

«Dans le cas de l'effondrement des tours du World Trade Center, l'impact a été ponctuel, explique-t-il. Essentiellement, la situation a permis à GM de reprendre le contrôle du marché en enregistrant une hausse de ses parts de marché en Amérique du Nord.»

On se souvient que, au cours des semaines suivant le 11 septembre 2001, le président Bush exhortait ses concitoyens à continuer à consommer, à faire confiance à l'économie américaine, et ainsi de suite. Cela permettait au secteur américain de l'automobile de clore l'année sur une bonne note, puisqu'il s'agissait de la deuxième meilleure année en termes de ventes totales de véhicules automobiles.

Pendant ce temps, au Canada, on battait un autre record de ventes de véhicules automobiles, record établi de nouveau en 2002. «Même si nous vendons "seulement" 1,7 million de voitures, je vous assure que de nombreux pays envient le marché canadien et sa situation économique, croit d'ailleurs M. von Kuenheim. Pour 2003, on ne s'attend peut-être pas à une autre année record, mais tous les indicateurs restent positifs.»

Et qu'en est-il des voitures un peu plus onéreuses? Les consommateurs font-ils preuve d'une certaine prudence en achetant un modèle un peu moins cher? «Le marché des voitures luxueuses au Canada se porte très bien. On ne sent aucun impact qui pourrait être attribué à l'incertitude reliée à l'Irak ou au pétrole.»

Évidemment, du point de vue de BMW Canada, on peut s'attendre à un tel optimisme. Leur modèle le plus populaire, la Série 3, une berline intermédiaire, se vend comme jamais, malgré le fait que sa conception actuelle remonte à quelques années. La Série 3 demeure d'ailleurs la plus belle voiture de sa catégorie, selon plusieurs. Même chose pour la Série 5 qui, malgré des chiffres de vente plus modestes, fait rêver plus d'un amateur.

BMW et l'hydrogène

Tout naturellement, la question du prix de l'essence amène à songer aux sources d'énergie alternatives qui pourraient aussi voir le jour au cours des prochaines années. Ayant développé un régiment de prototypes utilisant un moteur à combustion fonctionnant à l'hydrogène, le constructeur bavarois est l'une des rares sociétés automobiles à ne pas croire en la technologie des piles à combustible.

«Avant d'en arriver à un moteur à hydrogène, je crois que nous verrons une explosion du marché des voitures à diesel, croit Hendrik von Kuenheim. Même en Amérique du Nord. Évidemment, il faudra améliorer l'infrastructure de distribution pour le diesel chez nos voisins du sud, mais le Canada en possède une qui est déjà beaucoup mieux établie.»

Entre-temps, selon un scénario idéal pour la BMW, cela permettrait aux marchés européen et nord-américain de créer un réseau de distribution d'hydrogène. Seulement en Europe, on estime à 180 milliards de dollars américains les coûts engendrés par ce changement paradigmatique.

«C'est pourquoi je ne crois pas aux piles à combustible, affirme le président de BMW Canada. Elles sont peut-être utiles pour alimenter les accessoires, mais elles ne suffiront jamais à propulser une voiture.» Et les coûts reliés à leur développement sont encore plus élevés que ceux qui sont mentionnés pour la distribution pure et simple d'hydrogène.

Un joli casse-tête? «On ne voit pas le jour où tout cela sera réglé», conclut M. von Kuenheim, navré.

«Avant d'en arriver à un moteur à hydrogène, je crois que nous verrons une explosion du marché des voitures à diesel, croit Hendrik von Kuenheim, président de BMW Canada. Il faudra améliorer l'infrastructure de distribution pour le diesel chez nos voisins du sud, mais le Canada en possède une qui est déjà beaucoup mieux établie.»
 
 
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