Une «équipe spéciale Canada-Québec» pour aider la forêt
Québec et Ottawa ont annoncé hier la création d'un comité conjoint chargé d'élaborer des solutions qui pourraient permettre de sortir le secteur forestier de la crise majeure qu'il traverse. Pure perte de temps, répliquent l'industrie et les partis d'opposition, qui rappellent que plusieurs solutions ont déjà été identifiées pour tenter de sauver les milliers d'emplois menacés.
Concrètement, cette «équipe spéciale Canada-Québec» réunira des hauts fonctionnaires des ministères concernés qui devront trouver des moyens d'intervenir pour soutenir l'industrie, les travailleurs et les communautés, tout en respectant l'accord de libre-échange et l'accord canado-américain sur le bois d'oeuvre. Il sera question de sylviculture, d'accès au crédit, d'innovation technologique et de développement des marchés des produits du bois.
Son rapport n'est pas attendu avant le 15 mai, même si on affirmait hier que «le soutien au secteur forestier du Québec sera accéléré» par la création de ce comité. «Nous voulons agir rapidement. Nous voulons que nos actions aient un impact réel et immédiat. Nous voulons donner une bouffée d'espoir à des travailleurs, aux communautés et aux entreprises qui en ont bien besoin», a d'ailleurs insisté le ministre des Ressources naturelles et de la Faune du Québec, Claude Béchard.
Vendredi dernier, en annonçant qu'il garantissait un prêt de 100 millions de dollars à AbitibiBowater, Québec avait pourtant critiqué le fait que le fédéral a agi beaucoup plus promptement pour venir en aide à l'industrie automobile. Hier, M. Béchard s'est simplement dit heureux que la porte soit «ouverte» à une aide éventuelle.
La ministre des Ressources naturelles du Canada, Lisa Raitt, a rappelé pour sa part qu'Ottawa avait déjà agi en mettant à la disposition des municipalités un Fonds d'adaptation des collectivités d'un milliard de dollars, dont 211 millions pour le Québec. Les petites municipalités aux prises avec la crise forestière pourront donc y puiser.
Perte de temps
Le dossier de la foresterie a monopolisé la majeure partie de la période des questions à la Chambre des communes, libéraux et bloquistes dénonçant le refus des conservateurs de s'engager à offrir des garanties de prêts aux entreprises du secteur.
«Qu'attend le gouvernement pour en accorder à l'industrie forestière, comme il l'a fait avec l'industrie automobile? C'est maintenant que l'industrie forestière en a besoin», a lancé le chef bloquiste Gilles Duceppe, jugeant la mesure tout à fait légale. Même son cloche du côté du libéral Denis Coderre, qui a accusé les troupes de Stephen Harper de laisser de tomber les régions qui dépendent de l'industrie forestière.
Le ministre du Revenu national et ministre d'État à l'Agriculture, Jean-Pierre Blackburn, a répondu qu'Ottawa avait les mains liées par l'accord sur le bois d'oeuvre. «Cet accord stipule qu'on ne peut pas accorder un avantage aux compagnies canadiennes qui
viendraient à l'encontre de ce qui est offert sur le marché américain, a-t-il fait valoir. Ceci dit, vendredi dernier, dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, les intervenants socioéconomiques et les élus se sont réunis. On a statué par consensus qu'on voulait avoir accès à du crédit, à du financement, mais en accord avec l'entente sur le bois d'oeuvre.»
Le porte-parole péquiste pour les dossiers de mines et forêts, Denis Trottier, estime que ce comité conjoint est une perte de temps. «Les trois prochains mois vont être cruciaux. Si on dit qu'on met un comité en place, dans un mois on va donner des réponses. Ça veut dire que la période la plus intense de la crise va être traversée, et on n'aura rien fait», a-t-il argué hier.
L'Association des produits forestiers du Canada juge aussi la manoeuvre inutile et propose une série de mesures afin d'améliorer l'accès au crédit, de moderniser l'industrie et de faciliter la mise en marché.
Avec la collaboration d'Alec Castonguay
Avec La Presse canadienne
Concrètement, cette «équipe spéciale Canada-Québec» réunira des hauts fonctionnaires des ministères concernés qui devront trouver des moyens d'intervenir pour soutenir l'industrie, les travailleurs et les communautés, tout en respectant l'accord de libre-échange et l'accord canado-américain sur le bois d'oeuvre. Il sera question de sylviculture, d'accès au crédit, d'innovation technologique et de développement des marchés des produits du bois.
Son rapport n'est pas attendu avant le 15 mai, même si on affirmait hier que «le soutien au secteur forestier du Québec sera accéléré» par la création de ce comité. «Nous voulons agir rapidement. Nous voulons que nos actions aient un impact réel et immédiat. Nous voulons donner une bouffée d'espoir à des travailleurs, aux communautés et aux entreprises qui en ont bien besoin», a d'ailleurs insisté le ministre des Ressources naturelles et de la Faune du Québec, Claude Béchard.
Vendredi dernier, en annonçant qu'il garantissait un prêt de 100 millions de dollars à AbitibiBowater, Québec avait pourtant critiqué le fait que le fédéral a agi beaucoup plus promptement pour venir en aide à l'industrie automobile. Hier, M. Béchard s'est simplement dit heureux que la porte soit «ouverte» à une aide éventuelle.
La ministre des Ressources naturelles du Canada, Lisa Raitt, a rappelé pour sa part qu'Ottawa avait déjà agi en mettant à la disposition des municipalités un Fonds d'adaptation des collectivités d'un milliard de dollars, dont 211 millions pour le Québec. Les petites municipalités aux prises avec la crise forestière pourront donc y puiser.
Perte de temps
Le dossier de la foresterie a monopolisé la majeure partie de la période des questions à la Chambre des communes, libéraux et bloquistes dénonçant le refus des conservateurs de s'engager à offrir des garanties de prêts aux entreprises du secteur.
«Qu'attend le gouvernement pour en accorder à l'industrie forestière, comme il l'a fait avec l'industrie automobile? C'est maintenant que l'industrie forestière en a besoin», a lancé le chef bloquiste Gilles Duceppe, jugeant la mesure tout à fait légale. Même son cloche du côté du libéral Denis Coderre, qui a accusé les troupes de Stephen Harper de laisser de tomber les régions qui dépendent de l'industrie forestière.
Le ministre du Revenu national et ministre d'État à l'Agriculture, Jean-Pierre Blackburn, a répondu qu'Ottawa avait les mains liées par l'accord sur le bois d'oeuvre. «Cet accord stipule qu'on ne peut pas accorder un avantage aux compagnies canadiennes qui
viendraient à l'encontre de ce qui est offert sur le marché américain, a-t-il fait valoir. Ceci dit, vendredi dernier, dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, les intervenants socioéconomiques et les élus se sont réunis. On a statué par consensus qu'on voulait avoir accès à du crédit, à du financement, mais en accord avec l'entente sur le bois d'oeuvre.»
Le porte-parole péquiste pour les dossiers de mines et forêts, Denis Trottier, estime que ce comité conjoint est une perte de temps. «Les trois prochains mois vont être cruciaux. Si on dit qu'on met un comité en place, dans un mois on va donner des réponses. Ça veut dire que la période la plus intense de la crise va être traversée, et on n'aura rien fait», a-t-il argué hier.
L'Association des produits forestiers du Canada juge aussi la manoeuvre inutile et propose une série de mesures afin d'améliorer l'accès au crédit, de moderniser l'industrie et de faciliter la mise en marché.
Avec la collaboration d'Alec Castonguay
Avec La Presse canadienne
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