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La critique mordante de Jeffrey Sachs - La bourse ou la vie?

Sauver des centaines de millions d'humains coûterait une fraction de ce qui a été offert aux banques. Et pourtant...

16 avril 2009  Actualités économiques
Jeffrey Sachs
Photo : Jacques Nadeau
Jeffrey Sachs
Le Sommet du millénaire de Montréal s'est ouvert hier par des discussions entre spécialistes du développement international et de l'action communautaire. Parmi ceux-ci, l'économiste américain Jeffrey Sachs a dressé un portrait sans complaisance des politiques menées en Occident au cours des 30 dernières années.

En décembre dernier, les cadres de la banque d'investissement Merrill Lynch, techniquement en faillite et renflouée par le Trésor américain, se sont partagé des primes totalisant quatre milliards de dollars. «C'est une somme à peu près égale à tout le budget de l'aide américaine destinée à 800 millions de personnes en Afrique», s'insurge l'économiste Jeffrey Sachs, professeur à l'Université Columbia et conseiller spécial auprès du secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, Ban Ki-moon.

M. Sachs était hier midi le conférencier principal au Sommet du millénaire de Montréal, un événement destiné à garder présents dans les esprits les objectifs en matière de développement humain que l'ONU s'était fixés en l'an 2000.

Plan réalisable

Malgré la crise économique actuelle et le retard pris depuis neuf ans, l'économiste croit que ces huit cibles demeurent «tout à fait réalisables» à l'horizon de 2015.

Et la fatigue des contribuables en période d'argent rare?, avons-nous demandé. «Si le président des États-Unis ou le premier ministre du Canada montraient sur un même tableau les sommes considérables qui sont consacrées aux plans de stimulation économique et les petites sommes qui vont à l'aide au développement, les gens comprendraient que nous ne parlons pas d'un plan de sauvetage de 700 milliards pour l'Afrique, mais de quelques milliards qui ont été promis et qui n'ont pas été livrés», a répondu Jeffrey Sachs.

«Le coût de ce que nous avons promis de faire — qui sauverait des millions de vies et améliorerait celles de centaines de millions d'autres personnes — est une petite fraction de ce que nous dépensons actuellement en plans de sauvetage», a-t-il ajouté.

Dans son allocution, M. Sachs a enjoint les pays riches de remplir leur promesse, faite en 2005 au sommet du G8 à Gleneagles, de doubler en 2010 leur aide aux pays les plus pauvres. Un engagement qui a été réitéré au récent G20 de Londres. «Le sommet du G8 l'an prochain au Canada sera critique, a noté l'économiste. Si nous ne pouvons pas tenir cette promesse, ce ne sera plus la peine d'organiser de telles rencontres.»

La crise

M. Sachs a dit voir dans la crise actuelle plus qu'un simple ralentissement économique. «On sent que les postulats auxquels notre société a cru pendant une génération nous ont menés à une série de crises qui semblent empirer.»

Au-delà des «accidents» ou des «erreurs» commises à Wall Street, l'économiste croit que nous sommes enfin confrontés à «des problèmes qui ont pris de l'importance, mais que nous aurions dû voir» depuis longtemps. Des problèmes «interconnectés d'instabilité, d'injustice grotesque» et de gestion sociale et environnementale à courte vue.

Pour Jeffrey Sachs, cette situation s'explique au moins en partie par le fait que «l'industrie financière a pris le contrôle du gouvernement alors que ce dernier aurait plutôt dû la réglementer». «Je dirais que la politique américaine a été menée en faveur des riches pendant 30 ans. Non seulement Ronald Reagan a pris le pouvoir en disant que le gouvernement était le problème, mais il s'est moqué des pauvres.»

«Quelques gestes positifs» ont tout de même été faits pendant cette période d'«irresponsabilité», a noté Jeffrey Sachs: l'adoption de conventions internationales sur les changements climatiques, la biodiversité et la désertification, et l'adoption des Objectifs de développement du millénaire.

«La question est de savoir si nous avons encore assez d'intégrité comme société pour agir», a dit Jeffrey Sachs.
 
 
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  • Gabriel L'Écuyer - Inscrit
    16 avril 2009 09 h 39
    Jeffrey Sachs, hypocrite de première
    Il se donne le beau rôle le Jeffrey.
    Et il fait aussi preuve d'une grande naïveté. Le pire néanmoins est l'oubli de ses réalisations passées, notamment les thérapies de choc économiques qu'il a fait appliquées en Pologne, Bolivie et en Russie. Des mesures anti-démocratiques favorisant la privatisation à outrance et nécessitant même, pour leur application, une violence politique comme le coup d'État de Eltsine en Russie. Ces plans de relance économique ont appauvri des millions de personnes sur la planète, permis l'enrichissement d'une petite clique et magie, le beau Jeffrey semble changer sa chemise de bord et prendre le parti des démunis. C'est franchement pas sérieux. Il faudra bien lui mettre ses contradiction dans la face un moment donné. Et tous les médias qui se formalisent peu de son passé et le présente comme un grand défenseur des droits humains. C'est dégueulasse. Et on fait la même chose avec Lloyd Axwhorty, ce dernier présenté comme un sauveur aujourd'hui mais qui hier, détruisait le régime d'assurance-chômage au Canada. Je me souviens. L'amnésie dont on fait preuve est scandaleuse.
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  • Daniel Faucher - Inscrit
    16 avril 2009 11 h 26
    Réplique à monsieur Gabriel L'Écuyer
    Vos sources n'étant pas pas citées, votre intervention me semble "un peu" démagogique - c'est le moins que je puisse dire. On croirait entendre Stéphane Gendron ou André Arthur... À supposer que ce que vous dites de monsieur Sachs soit vrai, je n'adhère pas davantage à vos propos. J'aimerais bien vivre dans un monde parfait avec des humains qui ont toute la vérité à leur naissance: point d'erreurs, point de défaillances, point de contradictions. Mais la vie n'est pas ainsi et j'aime croire que les humains peuvent évoluer, affiner leurs perceptions des problèmes, corriger certaines de leurs erreurs passées. Cette amélioration de l'espèce, sous nos yeux pendant notre courte existence, est source d'espoir et c'est important. Je préfère la douce naïveté de monsieur Jaque Parisien - c'est sans doute ainsi que vous qualifieriez son "brin d'espoir" - à votre cynisme paralysant devant un monde où il n'y aurait pas d'évolution possible mais bien une simple multitude d'"hypocrites de première".
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  • Michel Duchaine - Abonné
    16 avril 2009 13 h 56
    Réplique à Daniel Faucher et appui à Gabriel Lecuyer
    Il est évident qu'il s'agit de détourner l'attention du bas peuple.
    C'est fini la croissance économique illimitée jusqu'à la fin des temps que nous chantaient les ténors du néo-libéralisme.
    Il est clair que les champions du capitalisme sentent la fin venir...comme les loups ou les requins blessés à mort.
    Ce système pourri qui n'en finit plus de mourir va continuer à faire beaucoup de victimes,avant de s'éteindre...et les "faux prophètes réformés" vont apparaître pour tenter un dernier chant du cygne,tel M.Sachs,Axworthy et cie!
    J'ai trouvé votre réplique excellente M.L'écuyer et je l'ai placé sur notre blog officiel : http://micheduc.artblog.fr
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  • Dominic Pageau - Abonné
    16 avril 2009 13 h 57
    Monsieur l'écuyer à raison
    Jeffrey Sachs a parcticipé à ce qu'on appellé la thérapie des pays de l'est suite à la désintégration de l'Union Sovietique. Ça consistait en la privatisation de nombreux pan de l'économie et à l'instalation d'une nouvelle oligarchie économique

    Pour en apprendre plus

    http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&

    Le nouveau monde qu'on veut nous vendre, c'est l'idée des banquiers internationaux de ce monde qui veulent assoir leur pouvoir comme il faut.

    De l'espoir? Vraiment pas.
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  • Dominic Pageau - Abonné
    16 avril 2009 15 h 38
    la thérapie choc
    j'ai oublié le mot choc dans dans mon précédent commentaire
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  • Hubert Lavigne - Inscrit
    16 avril 2009 19 h 38
    Pas de vision et complicité de nos dirigeants
    C'est vrai ce que disait Reagan, il y trop de gouvernement et trop de règlements; Il y a tellement de règlementations appliquées par d'innombrables couches d'organismes publics qui emploient de plus en plus de bureaucrates, que plus personne ne s'y retrouve. Or trop de règlementations est pire que pas assez......Le problème de Reagan, c'est qu'il a gouverner avec des oeillères en jetant le bébé avec l'eau du bain, comme le fait d'ailleurs notre gouvernement canadien actuellement.
    Avec la surrèglementation, on encourage ainsi l'inflation de cette bureaucratie qui vient ralentir les efforts et les initiatives des individus et des entreprises surtout les PME.
    De plus, dans un tel dédale administratif, seul ceux qui ont les moyens ou le sens de la débrouillardise, peuvent s'en tirer, de façon honnête quelque fois, mais souvent par la fraude ou d'autres moyens détournés comme le trafic d'influence etc.

    Le travailleur, le citoyen ordinaire ou l'entreprise honnête, ne peuvent pas s'en tirer et doivent subir la chose avec tous les casse-tête administratifs en conséquences et en payant des taxes de plus en plus élevées. De plus, souvent c'est cette même population qui reçoit des services de second ordre à cause de cette anarchie réglementaire. il est inconcevable que cette bureaucratie véreuse ait droit de "vie ou de mort" sur le peuple alors que les grands de ce monde se pavanent dans leurs carrosses dorés avec de l'argent volé à la collectivité

    Pendant ce temps, on a laissé la nouvelle génération s'endetter considérablement, à un point telle que ceux-ci se sont laisser leurrer en pensant que les ressources sont sans limites et qu'ils se sont endettés (suivant l'exemple des gouvernements d'ailleurs), au point de s'appauvrir considérablement; c'est comme s'il fallait consommer immédiatement et que la baguette magique réglerait le problème dans le futur. Il faut lire à ce sujet "la dette et la face cachée de la richesse" de Margaret Atwood.

    Comme conséquences, on a assisté à la destruction de l'environnement, dont on n'a jamais tenu compte dans les calculs officiels des indices de la supposée croissance de la richesse collective, et on a eu de plus en plus de pauvres et de moins en moins de gens qui payent de l'impôt .
    Ce qui est encore plus grave est que, ceux qui se sont accaparés des richesses ont réussi à passer à travers toutes ces règlementations par toutes sortes de moyens détournés, qui vont du laxisme de notre fiscalité, à la fraude ou à l'évasion fiscale (traitement privilégié des options d'achat, placement dans les abris fiscaux à l'étranger etc)

    Et c'est encore la classe moyenne qui est de plus en plus affaiblie et qui paie pour cette anarchie réglementaire.

    Ce n'est pas augmentation de règlements et plus de fonctionnaires qu'il nous faut, mais une règlementation plus efficace et qui surtout, s'attaque au vrai problème; il faut des règlements certainement, mais il faut surtout les appliquer

    Si quelques gestes positifs ont tout de même été faits, la question est de savoir si nous avons encore assez d'intégrité comme société pour agir», comme l'a dit Jeffrey Sachs.

    Si on n'agit pas rapidement, je pense que nous assisterons à moyen terme et peut-être même à court terme à une recrudescence importante des problèmes sociaux.

    Il faut recalculer les mesures de croissances de la richesse en tenant compte des dégâts faits à l'environnement dans le passé et du coût des réparations.
    Il faut réduire la règlementation bureaucratique, et surtout faire une application stricte des règlements existants.
    Il faut taxer adéquatement les revenus abusifs de la classe supérieure et punir fortement la fraude.
    IL faut des incitatifs pour une consommation durable et réduction de la surconsommation
    Il faut réduire la bureaucratie du secteur public

    Il y aura sûrement des adaptations qui pourraient être difficiles à subir pendant une certaine période, mais c'est le prix à payer pour les abus du passé. Sinon, on ne fait que reporter le problème. Changer les habitudes incrustées dans la population ne sera pas facile.

    Il est certain par exemple que la fin de la surconsommation forcera la population à s'adapter à une forme de vie différente qui ne sera pas facile pour tous. Les centres de distribution et le secteur commercial en seront affectés.
    Qu'on pense entre autres à cette pratique polluante du transport par camion poussé par le lobby de l'industrie; si le consommateur payait le vrai coût énergétique et environnemental pour avoir son produit "just in time", nos habitude d'approvisionnement changeraient radicalement. Et que dire des milliers de magasins qui offrent leurs produits à crédit de façon très libéral; lorsque le crédit ne sera plus disponible aussi facilement, il y en aura beaucoup qui vont fermer et les gens recycleront beaucoup plus.

    La réduction de la bureaucratie créera certainement un chômage parmi les fonctionnaires et les entreprises privées qui vivent à ses crochets. Il y aura certainement une résistance importante à cet effet.

    Espérons que les autorités auront le courage d'agir et que l'évolution de la technologie sauront réduire les difficultés d'adaptation de ce phénomène.
    Il aussi est sûrement très possible que la création de nouvelles avenues au niveau de la protection l'environnement puissent absorber ces soubresauts de notre vie économique et sociale.

    Ce sont les gouvernements qui auront la vision et le courage de donner le coup de barre qui porteront la gloire du revirement. Malheureusement on ne détecte pas cette vision avec nos dirigeants actuels, qui sont souvent complices par intérêt ou par ignorance de ce désastre.........
    Hubert Lavigne
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  • Jaque Parisien - Abonné
    17 avril 2009 20 h 26
    Bon, je suis naïf...
    D'accord, je fais amende honorable en avouant mon ignorance crasse concernant la feuille de route de Sachs. On ne peut tout savoir, tout connaître d'un monde si complexe. J'ai réagi avec mes tripes au lieu de réagir avec ma raison. Mais à ma décharge, les paroles de Sachs et de Migiro, en passant, sont comme un baume sur une plaie. Merci pour la «mise au parfum.
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  • Claude Vaillancourt - Abonné
    19 avril 2009 09 h 45
    Pas complaisant Jeffrey Sachs? par Catherine Caron
    Jeffrey Sachs a parlé de l'emprise excessive de la finance sur la société et les gouvernements. Il a montré son désir d'aider les millions de pauvres à travers le monde en dénonçant l'irresponsabilité des États qui ne tiennent pas leurs promesses en matière d'aide au développement alors que cela est tout à fait faisable. Mais il ne s'est trouvé personne pour le questionner sur son propre rôle dans ce système économique.

    À titre de conseiller économique, Jeffrey Sachs a préconisé des thérapies de choc qui ont causé de grandes misères et souffrances aux peuples de Bolivie, de Russie et de Pologne notamment. Pauvreté, violence, répression, privatisations et enrichissement d'une minorité ont accompagné les politiques qu'il a encouragées des années durant. La journaliste Naomi Klein en traite en détail dans son livre La stratégie du choc. Si on en juge par ses propos repris dans les médias, le discours actuel de Jeffrey Sachs n'a même pas l'attrait de celui d'un honnête converti (à un objectif de justice sociale par exemple) puisqu'il ne mentionne nullement de sa contribution au système qu'il dénonce aujourd'hui.

    Mais le plus affligeant est d'observer la vaste majorité de nos médias vanter le regard «non complaisant» de Jeffrey Sachs sur notre système économique sans même se rendre compte à quel point ils sont complaisants... envers lui.

    Certes, il est important que les pays riches financent bien davantage l'aide au développement à l'instar des pays-modèles scandinaves. Au sujet de cette aide, il faut lire, entre autres, les livres de Pierre Beaudet (Qui aide qui?) et de Jacques B.Gélinas (Si le tiers monde s'autofinançait). Mais il ne faut pas perdre de vue que pour «aider» les pauvres, il faut d'abord cesser de leur nuire par les politiques dominantes actuelles (favorisant le libre-échange, la spéculation, les paradis fiscaux, le vol légalisé, la déréglementation, la privatisation des biens collectifs et services publics, etc.). C'est ça qu'il faut combattre et changer avant toute chose.
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