Encore de l'aide pour l'automobile
Obama est prêt à investir plus d'argent, mais en échange d'une restructuration «drastique»
27 mars 2009
Actualités économiques
Washington — Le président Barack Obama a signalé hier qu'il était prêt à mettre plus d'argent pour sauver l'industrie automobile américaine de la faillite, mais a réclamé en retour une restructuration «douloureuse» et «drastique», à l'approche d'une échéance capitale.
M. Obama a promis pour les «tout prochains jours» des annonces concernant le géant de l'automobile General Motors et son concurrent Chrysler, alors que se profile le 31 mars, date à laquelle les constructeurs sont censés avoir soumis des plans de restructuration profonde en contrepartie de l'aide de l'État.
M. Obama a affirmé la «nécessité de préserver l'existence d'une industrie automobile américaine», alors qu'il répondait à des questions du public à la Maison-Blanche.
«Nous allons les aider», même si «je sais qu'aider les employés de l'automobile ou les constructeurs automobiles, ce n'est pas populaire», a dit M. Obama.
«Mais mon travail consiste à mesurer le coût que cela aurait si nous laissions ces constructeurs automobiles faire faillite» comparé à celui qu'aurait un «plan viable», a-t-il dit.
«S'ils ne veulent pas procéder aux changements et aux restructurations nécessaires, je n'ai pas envie d'investir à fonds perdus l'argent du contribuable, alors cela dépendra pour une grande part de leur volonté de procéder à des changements plutôt drastiques. Et certains [changements] vont être douloureux», a-t-il averti.
Victimes de la chute des ventes dans le secteur et de leurs erreurs stratégiques, menacés de ne plus pouvoir honorer leurs créances, GM et Chrysler ont reçu à eux deux 17,4 milliards $US d'aides publiques depuis décembre, avant l'installation de l'administration Obama. En contrepartie, ils se sont engagés dans un plan de restructuration devant assurer leur viabilité à long terme.
Mais GM et Chrysler viennent de réclamer respectivement 16,6 et 5 milliards $US de rallonge en plus des milliards déjà reçus, faute de quoi ils pourraient être forcés de demander la protection de la loi sur les faillites.
Le troisième grand constructeur de Detroit, Ford, a de gros soucis lui aussi, mais n'a pas demandé l'aide du gouvernement.
Des millions d'emplois
Les quelque 140 000 emplois chez GM et Chrysler ne sont pas seuls en jeu alors que le chômage vient d'atteindre un niveau record en 25 ans aux États-Unis et que, hier encore, M. Obama a prévenu les Américains que le fond n'avait pas été touché. Avec les succursales et les sous-traitants, ce sont des millions d'emplois et l'avenir économique du Midwest qui sont menacés, disent les syndicats.
M. Obama a déjà dit son refus d'une liquidation de l'industrie automobile nationale, et a nommé, depuis son investiture, une mission qui a très peu de temps pour diriger une restructuration d'une ampleur considérable.
Mais «mon travail consiste aussi à protéger les contribuables», a-t-il dit. «Tout le monde devra faire des concessions, les actionnaires, les travailleurs, les créanciers, les fournisseurs, les concessionnaires», a-t-il prévenu.
M. Obama court un risque. Les Américains envisagent avec scepticisme les renflouements, a fortiori s'ils bénéficient à une industrie dont les salariés passent pour jouir d'avantages considérables. Le récent scandale AIG, le géant de l'assurance versant 165 millions de primes à ses salariés alors qu'il est sous perfusion de l'État, ne devrait pas avoir arrangé les choses. Beaucoup sont favorables à la mise en faillite pure et simple des constructeurs.
Une nouvelle intervention gouvernementale risque pour M. Obama de provoquer une nouvelle confrontation avec ses adversaires républicains, alors qu'il se défend contre leurs accusations de creuser un déficit abyssal.
M. Obama a promis pour les «tout prochains jours» des annonces concernant le géant de l'automobile General Motors et son concurrent Chrysler, alors que se profile le 31 mars, date à laquelle les constructeurs sont censés avoir soumis des plans de restructuration profonde en contrepartie de l'aide de l'État.
M. Obama a affirmé la «nécessité de préserver l'existence d'une industrie automobile américaine», alors qu'il répondait à des questions du public à la Maison-Blanche.
«Nous allons les aider», même si «je sais qu'aider les employés de l'automobile ou les constructeurs automobiles, ce n'est pas populaire», a dit M. Obama.
«Mais mon travail consiste à mesurer le coût que cela aurait si nous laissions ces constructeurs automobiles faire faillite» comparé à celui qu'aurait un «plan viable», a-t-il dit.
«S'ils ne veulent pas procéder aux changements et aux restructurations nécessaires, je n'ai pas envie d'investir à fonds perdus l'argent du contribuable, alors cela dépendra pour une grande part de leur volonté de procéder à des changements plutôt drastiques. Et certains [changements] vont être douloureux», a-t-il averti.
Victimes de la chute des ventes dans le secteur et de leurs erreurs stratégiques, menacés de ne plus pouvoir honorer leurs créances, GM et Chrysler ont reçu à eux deux 17,4 milliards $US d'aides publiques depuis décembre, avant l'installation de l'administration Obama. En contrepartie, ils se sont engagés dans un plan de restructuration devant assurer leur viabilité à long terme.
Mais GM et Chrysler viennent de réclamer respectivement 16,6 et 5 milliards $US de rallonge en plus des milliards déjà reçus, faute de quoi ils pourraient être forcés de demander la protection de la loi sur les faillites.
Le troisième grand constructeur de Detroit, Ford, a de gros soucis lui aussi, mais n'a pas demandé l'aide du gouvernement.
Des millions d'emplois
Les quelque 140 000 emplois chez GM et Chrysler ne sont pas seuls en jeu alors que le chômage vient d'atteindre un niveau record en 25 ans aux États-Unis et que, hier encore, M. Obama a prévenu les Américains que le fond n'avait pas été touché. Avec les succursales et les sous-traitants, ce sont des millions d'emplois et l'avenir économique du Midwest qui sont menacés, disent les syndicats.
M. Obama a déjà dit son refus d'une liquidation de l'industrie automobile nationale, et a nommé, depuis son investiture, une mission qui a très peu de temps pour diriger une restructuration d'une ampleur considérable.
Mais «mon travail consiste aussi à protéger les contribuables», a-t-il dit. «Tout le monde devra faire des concessions, les actionnaires, les travailleurs, les créanciers, les fournisseurs, les concessionnaires», a-t-il prévenu.
M. Obama court un risque. Les Américains envisagent avec scepticisme les renflouements, a fortiori s'ils bénéficient à une industrie dont les salariés passent pour jouir d'avantages considérables. Le récent scandale AIG, le géant de l'assurance versant 165 millions de primes à ses salariés alors qu'il est sous perfusion de l'État, ne devrait pas avoir arrangé les choses. Beaucoup sont favorables à la mise en faillite pure et simple des constructeurs.
Une nouvelle intervention gouvernementale risque pour M. Obama de provoquer une nouvelle confrontation avec ses adversaires républicains, alors qu'il se défend contre leurs accusations de creuser un déficit abyssal.
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