La Chine appelle à détrôner le dollar
25 mars 2009
Actualités économiques
Photo : Agence France-Presse
Une jeune femme passe devant une gigantesque illustration de dollars américains à Shanghaï. La Chine est dépendante du système actuel dominé par le dollar et suit de près l’impact des politiques de relance de l’économie américaine.
Une grande part des réserves de change chinoises — qui atteignent presque les 2000 milliards $US — sont aujourd'hui en dollars et dans le contexte actuel de crise, la Chine s'est inquiétée à plusieurs reprises de l'avenir de ces avoirs. À la veille du G20, le gouverneur de la Banque centrale chinoise appelle donc à l'adoption d'une nouvelle monnaie de réserve internationale pour remplacer la devise américaine. Sa suggestion? Les Droits de tirage spéciaux (DTS).
Shanghaï — À une semaine du G20, la Banque centrale de Chine a appelé à l'adoption d'une nouvelle monnaie de réserve internationale, pour remplacer le dollar, dans un système placé sous les auspices du Fonds monétaire international (FMI).
Le but serait de créer un nouveau système économique mondial, qui ne soit pas facilement influencé par les politiques de certains pays, a expliqué le gouverneur de la Banque centrale, Zhou Xiaochuan, dans un texte publié sur le site Internet de l'institution. «L'éclatement de la crise et son débordement dans le monde entier reflètent les vulnérabilités inhérentes et les risques systémiques dans le système monétaire international», a-t-il dit.
La Chine est dépendante du système actuel dominé par le dollar et suit de près l'impact des politiques de relance de l'économie américaine décidées par l'administration de Barack Obama, ainsi que ses conséquences éventuelles sur les réserves de change chinoises.
Une grande part de ces réserves de change chinoises — de près de 2000 milliards $US — sont aujourd'hui en dollars et la Chine s'est inquiétée à plusieurs reprises de l'avenir de ces avoirs.
L'établissement «d'une nouvelle monnaie de réserve largement acceptée [...] pourrait prendre du temps», a souligné Zhou Xiaochuan.
Mais «à court terme la communauté internationale et particulièrement le Fonds monétaire international [FMI] devraient au moins [...] faire face aux risques résultant du système actuel, conduire des contrôles réguliers et des évaluations», a ajouté le gouverneur de la Banque centrale de Chine.
La réforme de l'architecture financière devrait être au menu des discussions du G20 qui réunit les dirigeants des pays industrialisés et des économies émergentes, le 2 avril à Londres.
Européens et Américains semblent diverger sur les priorités, les seconds mettant l'accent sur la nécessité de plans de relance massifs, avant le grand chantier de réforme.
La Chine devrait avoir de son côté un sympathisant: la Russie, qui a déjà proposé que le sommet discute de la création d'une monnaie de réserve supra-souveraine.
Pour M. Zhou, celle-ci pourrait être les Droits de tirage spéciaux (DTS): «On devrait étudier tout particulièrement comment donner un rôle plus important aux DTS» qui ont «le potentiel» pour devenir «monnaie de réserve supra-nationale», écrit-il. Une idée déjà évoquée, notamment par le financier George Soros en 2002.
Ces DTS, dont la valeur est liée à un panier de monnaie, ont été créés en 1969 comme avoir de réserve mondial par le FMI, pour compléter les réserves de ses pays membres alors que l'offre d'or et de dollars ne suffisait plus. Leur rôle a depuis été réduit et il servent surtout comme unité de compte au FMI et certains organismes internationaux, explique le FMI sur son site Internet.
Pour l'économiste chinois Andy Xie, la proposition chinoise devrait rester lettre morte justement parce que les DTS ne constituent pas un système monétaire soutenu par un gouvernement.
Mais cette proposition vise peut-être aussi à envoyer une mise en garde aux États-Unis, après que la Réserve fédérale américaine se fut lancée dans l'achat d'obligations du Trésor, faisant tourner la planche à billets pour faire baisser les taux — et diluer ainsi la valeur des avoirs chinois en dollars, souligne Andy Xie.
«La situation est triste: la Chine est le banquier des États-Unis. Ceux-ci doivent énormément à la Chine, mais n'en ont pas peur. La Chine est l'otage des États-Unis et pas l'inverse», estime l'économiste.
Les États-Unis disent non
Les autorités américaines ont défendu hier le rôle du dollar comme référence du système monétaire mondial, opposant une fin de non-recevoir à la proposition chinoise de créer une nouvelle monnaie de réserve internationale. Interrogé hier lors d'une audition de la Commission des services financiers de la Chambre des représentants par un député qui leur demandait s'il était prêt à abandonner le rôle du dollar et à souscrire à la position chinoise, le secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner, a répondu: «Oui, je m'y opposerais».
«Je m'y opposerais aussi», a ensuite dit le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, à qui était posée la même question.
À Bruxelles, le commissaire européen aux Affaires économiques Joaquin Almunia a indiqué «ne pas s'attendre» à ce que le dollar soit détrôné comme monnaie de réserve internationale. «Les pouvoirs économiques sont en train de changer. La Chine et d'autres économies émergentes ont effectivement un rôle plus important et pertinent qu'avant dans l'économie mondiale», a déclaré M. Almunia, lors d'une conférence de presse au Parlement européen à Strasbourg. «Mais je ne m'attends pas à des changements structurels majeurs dans le rôle que le dollar joue comme monnaie de réserve», a-t-il ajouté.
«Je pense que tout le monde est d'accord avec le gouverneur [de la Banque centrale chinoise] Zhou [Xiaochuan] sur la nécessité de renforcer le rôle du Fonds monétaire international», qui a créé les DTS en 1969 comme avoir de réserve mondial, pour compléter les réserves de ses pays membres alors que l'offre d'or et de dollars ne suffisait plus. «Mais je pense que tout le monde est aussi d'accord pour dire que la monnaie de réserve internationale actuelle, le dollar, va continuer à être là pour une longue période», a-t-il poursuivi.
Shanghaï — À une semaine du G20, la Banque centrale de Chine a appelé à l'adoption d'une nouvelle monnaie de réserve internationale, pour remplacer le dollar, dans un système placé sous les auspices du Fonds monétaire international (FMI).
Le but serait de créer un nouveau système économique mondial, qui ne soit pas facilement influencé par les politiques de certains pays, a expliqué le gouverneur de la Banque centrale, Zhou Xiaochuan, dans un texte publié sur le site Internet de l'institution. «L'éclatement de la crise et son débordement dans le monde entier reflètent les vulnérabilités inhérentes et les risques systémiques dans le système monétaire international», a-t-il dit.
La Chine est dépendante du système actuel dominé par le dollar et suit de près l'impact des politiques de relance de l'économie américaine décidées par l'administration de Barack Obama, ainsi que ses conséquences éventuelles sur les réserves de change chinoises.
Une grande part de ces réserves de change chinoises — de près de 2000 milliards $US — sont aujourd'hui en dollars et la Chine s'est inquiétée à plusieurs reprises de l'avenir de ces avoirs.
L'établissement «d'une nouvelle monnaie de réserve largement acceptée [...] pourrait prendre du temps», a souligné Zhou Xiaochuan.
Mais «à court terme la communauté internationale et particulièrement le Fonds monétaire international [FMI] devraient au moins [...] faire face aux risques résultant du système actuel, conduire des contrôles réguliers et des évaluations», a ajouté le gouverneur de la Banque centrale de Chine.
La réforme de l'architecture financière devrait être au menu des discussions du G20 qui réunit les dirigeants des pays industrialisés et des économies émergentes, le 2 avril à Londres.
Européens et Américains semblent diverger sur les priorités, les seconds mettant l'accent sur la nécessité de plans de relance massifs, avant le grand chantier de réforme.
La Chine devrait avoir de son côté un sympathisant: la Russie, qui a déjà proposé que le sommet discute de la création d'une monnaie de réserve supra-souveraine.
Pour M. Zhou, celle-ci pourrait être les Droits de tirage spéciaux (DTS): «On devrait étudier tout particulièrement comment donner un rôle plus important aux DTS» qui ont «le potentiel» pour devenir «monnaie de réserve supra-nationale», écrit-il. Une idée déjà évoquée, notamment par le financier George Soros en 2002.
Ces DTS, dont la valeur est liée à un panier de monnaie, ont été créés en 1969 comme avoir de réserve mondial par le FMI, pour compléter les réserves de ses pays membres alors que l'offre d'or et de dollars ne suffisait plus. Leur rôle a depuis été réduit et il servent surtout comme unité de compte au FMI et certains organismes internationaux, explique le FMI sur son site Internet.
Pour l'économiste chinois Andy Xie, la proposition chinoise devrait rester lettre morte justement parce que les DTS ne constituent pas un système monétaire soutenu par un gouvernement.
Mais cette proposition vise peut-être aussi à envoyer une mise en garde aux États-Unis, après que la Réserve fédérale américaine se fut lancée dans l'achat d'obligations du Trésor, faisant tourner la planche à billets pour faire baisser les taux — et diluer ainsi la valeur des avoirs chinois en dollars, souligne Andy Xie.
«La situation est triste: la Chine est le banquier des États-Unis. Ceux-ci doivent énormément à la Chine, mais n'en ont pas peur. La Chine est l'otage des États-Unis et pas l'inverse», estime l'économiste.
Les États-Unis disent non
Les autorités américaines ont défendu hier le rôle du dollar comme référence du système monétaire mondial, opposant une fin de non-recevoir à la proposition chinoise de créer une nouvelle monnaie de réserve internationale. Interrogé hier lors d'une audition de la Commission des services financiers de la Chambre des représentants par un député qui leur demandait s'il était prêt à abandonner le rôle du dollar et à souscrire à la position chinoise, le secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner, a répondu: «Oui, je m'y opposerais».
«Je m'y opposerais aussi», a ensuite dit le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, à qui était posée la même question.
À Bruxelles, le commissaire européen aux Affaires économiques Joaquin Almunia a indiqué «ne pas s'attendre» à ce que le dollar soit détrôné comme monnaie de réserve internationale. «Les pouvoirs économiques sont en train de changer. La Chine et d'autres économies émergentes ont effectivement un rôle plus important et pertinent qu'avant dans l'économie mondiale», a déclaré M. Almunia, lors d'une conférence de presse au Parlement européen à Strasbourg. «Mais je ne m'attends pas à des changements structurels majeurs dans le rôle que le dollar joue comme monnaie de réserve», a-t-il ajouté.
«Je pense que tout le monde est d'accord avec le gouverneur [de la Banque centrale chinoise] Zhou [Xiaochuan] sur la nécessité de renforcer le rôle du Fonds monétaire international», qui a créé les DTS en 1969 comme avoir de réserve mondial, pour compléter les réserves de ses pays membres alors que l'offre d'or et de dollars ne suffisait plus. «Mais je pense que tout le monde est aussi d'accord pour dire que la monnaie de réserve internationale actuelle, le dollar, va continuer à être là pour une longue période», a-t-il poursuivi.
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