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Les marchés craignent un enlisement du conflit irakien - Les Bourses plongent

L’atmosphère sur les marchés était marquée par la diffusion des premières images télévisées de corps de soldats américains et de prisonniers de guerre en provenance d’Irak. Les déclarations du commandant américain de la guerre en Irak, le
Photo : Agence Reuters
L’atmosphère sur les marchés était marquée par la diffusion des premières images télévisées de corps de soldats américains et de prisonniers de guerre en provenance d’Irak. Les déclarations du commandant américain de la guerre en Irak, le
Les Bourses ont plongé, le dollar a faibli et le prix du pétrole a grimpé hier, les marchés craignant un enlisement de l'offensive anglo-américaine en Irak devant la résistance des villes du sud du pays.

L'atmosphère sur les marchés était marquée par la diffusion des premières images télévisées de corps de soldats américains et de prisonniers de guerre en provenance d'Irak. Dimanche, les Américains ont enregistré leurs plus lourdes pertes depuis le début de la guerre avec la mort d'une dizaine de soldats. Les déclarations du commandant américain de la guerre en Irak, le général Tommy Franks, minimisant les revers enregistrés, n'ont pas réussi hier à rassurer les marchés.

Le Dow Jones a chuté de 3,6 %, à 8214,68 points, et l'indice composé de la Bourse électronique Nasdaq, de 3,7 %, à 1369,78 points. L'indice Standard and Poor's 500, plus représentatif de la tendance générale, a perdu 3,5 %, à 864,23 points.

Même réaction à Toronto, où les investisseurs semblaient avoir perdu leur optimisme quant à un dénouement rapide de la guerre en Irak. Après une série de sept gains consécutifs terminée vendredi, qui avait permis à l'indice composite S&P/TSX de prendre 4,9 %, le réveil a été brutal sur le parquet torontois. L'indice composite S&P/TSX a chuté de 2,6 %, ou 171,86 points, à 6364,04, à la suite de signes de complications et d'incidents dans la campagne militaire américano-britannique en Irak. L'ensemble des 10 sous-indices du TSX ont plongé en territoire négatif. Le secteur des technologies de l'information a chuté de 4,6 %, tandis que celui des institutions financières battait en retraite de 2 %.

À Paris, l'indice CAC 40 dégringolait de 5,7 %, un peu plus que la Bourse de Francfort (5 %), tandis que Londres reculait 3,1 %. L'indice des 50 plus grosses valeurs de la zone euro, le DJ Eurostoxx 50, reculait de 5,3 %.

Perte d'optimisme

«La progression [des marchés boursiers] de la semaine dernière était basée à 99 % sur [l'espoir que] la guerre allait être facile. Mais le week-end a prouvé que cela n'allait pas être [le cas]», a souligné Art Hogan, stratège de la maison de courtage Jefferies. «La prime de guerre est de retour dans le niveau des indices boursiers», a renchéri Hugh Johnson, directeur des investissements de la banque First Albany, remarquant qu'un conflit plus long que prévu signifiait aussi que «les perspectives pour l'économie américaine ne s'amélioreront pas aussi rapidement» qu'espéré. Pendant les prochaines séances, «nous allons avoir un marché sans réelle tendance mais qui regarde vers le bas», prévoit M. Johnson.

En Bourse, les prises de bénéfices sur les Bourses ont été d'autant plus nettes que les marchés avaient nettement remonté ces dix derniers jours. L'indice Dow Jones avait regagné 8,4 % la semaine dernière, du jamais vu depuis octobre 1982, tandis qu'en Europe, les gains sur l'indice Eurotop 300 se chiffraient vendredi soir à 19 % depuis le 12 mars, qui était alors son plus bas niveau depuis six ans.

«La semaine dernière, le marché pariait que la guerre serait finie en une semaine, explique Rupert Thompson, spécialiste actions chez E*Trade Securities. Maintenant, on a le sentiment qu'il va vraisemblablement falloir compter en semaines et que la bataille de Bagdad sera dure.»

«Le marché est allé trop vite et il revient maintenant sur ses pas à la première mauvaise nouvelle, renchérit Steven Pearson, stratège devise chez Halifax Bank of Scotland. Maintenant que la guerre apparaît plus longue et plus difficile qu'on ne l'attendait la semaine dernière, le marché réagit de façon exagérée.»

Les revers américains en Irak ont également poussé le prix du pétrole à la hausse, après sa dégringolade de la semaine dernière. À New York, le baril de brut (light sweet crude) pour livraison rapprochée en mai a clôturé en progression de 1,75 $US, à 28,66 $US. «Nous avons encore eu une journée frénétique. Les prix du pétrole ont bondi sur des craintes d'une interruption de l'approvisionnement» en raison des nouvelles d'Irak et du Nigeria, a indiqué Fadel Gheit, analyste de Fahnestock. Les principaux groupes pétroliers implantés au Nigeria ont décidé hier d'évacuer de nouvelles installations dans le delta du Niger en raison de troubles violents affectant la région, portant la perte de production à 765 000 barils par jour, soit plus d'un tiers des exportations journalières du pays, le plus important producteur de pétrole d'Afrique.

La situation en Irak a aussi affaibli le dollar, qui avait gagné beaucoup de terrain la semaine dernière dans l'espoir d'une victoire américaine rapide. L'euro s'échangeait à 1,0636 $US, contre 1,0524 vendredi soir. Pour le chef économiste de la Banque centrale européenne, Otmar Issing, le marché des changes devrait continuer à être marqué pour encore «un certain» temps par une «forte volatilité», en raison de la guerre.

Signe de la déconvenue des marchés, les valeurs refuge, or et obligations d'État, retrouvaient la faveur des investisseurs. Aux États-Unis, le rendement de l'emprunt de référence à dix ans reculait de 14 points de base, à 3,97 %. Les investisseurs ont également placé une partie de leurs gains actions sur l'or. Sur le Comex, le contrat avril gagnait 3,5o $US, à 329,50 $US l'once.
 
 
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