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Perspectives - La cible parfaite

On ne perd pas 40 milliards sans rechercher un coupable. Et Henri-Paul Rousseau, avec sa tempête parfaite, est une cible tout aussi parfaite. D'ailleurs, les mauvaises langues raillent déjà devant la perte monstrueuse inscrite par la financière Power lors du trimestre coïncidant avec l'arrivée de M. Rousseau chez Power.

Outre l'ampleur de la perte, qui a étonné lors du dévoilement des résultats de la Caisse de dépôt et placement du Québec, c'est le nombre de secteurs dans lesquels les gestionnaires n'ont pu faire mieux que leur indice de référence. Visiblement, la panique a envahi un navire en définitive sans pilote lorsque la faillite de Lehman Brothers a provoqué l'effondrement généralisé des marchés. Henri-Paul Rousseau n'était pas là lorsque les alarmes se sont mises à activer tous les écrans d'ordinateur. C'était en septembre-octobre.

Henri-Paul Rousseau n'était pas là non plus lorsque, sauf exception, tous les économistes, les analystes et les spécialistes des banques centrales et des grands organismes internationaux croyaient que la récession pouvait être évitée. Cette croyance en un mur étanche séparant Wall Street de Main Street s'est perpétuée jusqu'en décembre.

Par contre, Henri-Paul Rousseau était là lorsque le plan de restructuration des PCAA a été lancé, sous l'Entente de Montréal. Il est d'ailleurs l'instigateur du processus et le rassembleur derrière un projet de transformation qui a évité la disparition instantanée de 32 milliards de dollars sous forme de PCAA. Il a annoncé son départ le jour où la Cour supérieure de l'Ontario devait donner son aval au plan de restructuration. Le jeu des appels devant les tribunaux, orchestré par des entreprises détentrices, a retardé le processus, mais ce mécanisme juridique n'était plus de son ressort.

Purdy Crawford — embauché par Henri-Paul Rousseau, mais autrement crédible et intègre — a d'ailleurs donné tout le crédit du succès de l'opération à l'initiateur de l'Entente de Montréal. Un succès qui devrait se traduire, selon le président du comité de restructuration, par une récupération du capital d'au moins 90 %. Sans compter les intérêts versés.

Henri-Paul Rousseau était également là lorsque l'engagement de la Caisse dans les PCAA est venu toucher la barre des 13 milliards. Le poids est énorme, tous en conviennent, même le principal intéressé. Mais son argument d'une rareté des bons du Trésor canadien tient. D'autant que la vigueur des marchés d'avant 2008 ne militait pas en faveur d'un recours à des titres du marché monétaire, qui n'ajoutaient qu'un maigre 0,5 % à un rendement chétif, autrement que pour y stationner très momentanément des liquidités à des fins d'utilisation autres que de placement. Voir sous le recours aux PCAA des intentions de nature spéculative, cela ne tient pas la route dans le contexte euphorique des marchés financiers qui prévalait alors.

L'autre grosse perte est venue des stratégies de couverture contre les risques de change. Là encore, Henri-Paul Rousseau a raison de dire que de telles stratégies de couverture, qui doivent être vues comme des polices d'assurance, sont un jeu à somme nulle sur une longue période. Mais lorsque le dollar canadien change brusquement de tendance et dégringole de 20 % «le temps de le dire», une perte aussi sèche que froide s'ensuit.

Reste la gestion tactique, qui a produit une perte nette de deux milliards. Sous l'administration précédente, le portefeuille de gestion tactique avait également produit une perte, évaluée alors entre 750 millions et 1 milliard, qu'on a dû radier tout en congédiant le gestionnaire. La gestion tactique dans des périodes de renversement brusque de tendance, c'est rarement efficace, comme en témoigne l'effondrement des hedge funds en 2008.

Il est également reproché à la Caisse d'abuser de l'effet de levier en recourant à la dette, une stratégie également largement utilisée sous l'administration précédente et qui se justifie, lorsqu'il n'y a pas d'abus, par la taille de la Caisse, qui lui permet d'obtenir un taux de financement avantageux.

Mais de là à conclure à une frénésie spéculative... Un grand gestionnaire d'une autre institution a déjà rappelé que la Caisse, contrairement aux Omers et Teachers, peut être incitée à délaisser une approche ultraconservatrice parce qu'elle ne gère que l'actif. L'autre partie de l'équation, le passif, tombe sous la responsabilité de ceux qui dictent leur politique de placement à la Caisse, et qui exigent du rendement.

***

Quant à l'énorme perte de la Financière Power, elle découle essentiellement d'une charge non récurrente liée à l'achat du gestionnaire de fonds américain Putnam, en 2007. Henri-Paul Rousseau n'était pas là.
 
 
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  • Richard Lapointe - Abonné
    12 mars 2009 06 h 42
    Alors où est la cible?
    Le problème avec le genre d'argument que vous développez c'est qu'il n'y a jamais personne de responsable et surtout pas les technocrates de la finance. Je suppose que c'est la main invisible qui a déjoué les savants calculs de nos grands spécialistes ? Le système financier mondial s'est écroulé à cause de tous ceux qui comme monsieur Rousseau s'intéressent moins à l'économie réelle qu'à l'économie virtuelle. Selon vous monsieur Desrosiers ce sont les actionnaires, les déposants qui sont responsables. L'esquive est trop facile. En plus, vous dites qu'il a travaillé pour éviter le pire avec les PCCA. C'est bien le minimum qu'il fallait qu'il fasse ne croyez-vous pas, pour sortir la caisse dans le marasme dans laquelle il l'avait plongé. Encore un peu plus vous allez plaider pour qu'il revienne. Franchement!
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  • Jean Claude Pomerleau - Inscrit
    12 mars 2009 07 h 15
    Que la Caisse ait autant de PCAA," C'est un mystere de la vie"
    La Caisse perd 10 milliards de plus du fait de ne pas avoir performer comme les indices de références. La partie la plus importante de cette pertes est due aux papiers commerciaux. M Rousseau nous dit qu'il ne sait pas pourquoi la Caisse en avait autant: "C'est un mystère de la vie".
    ................

    Voici la réponse de Me Pierre Cloutier au "mystère" évoqué par M Rousseau pour expliquer les papiers commerciaux; qui démontre que ce monsieur nous prend pour des imbéciles:

    ....................

    Le PCAA et la Caisse de dépôt et placement du Québec

    Quand Henri-Paul Rousseau veut nous faire avaler des couleuvres !

    Pierre Cloutier

    ************************

    version abrégée

    ************************

    [1] Quand on dirige une société de placement aussi importante que la Caisse de dépôt et placement du Québec, comme Henri-Paul Rousseau l'a fait pendant 5 ans et qu'on investit 12,3 milliards$ dans un produit aussi nébuleux que le "papier commercial" non bancaire adossé à des actifs, composés pour la plupart d'actifs synthétiques (basés sur des produits dérivés) résultant de montages financiers complexes, et surtout lorsqu'on est, comme M. Rousseau, un ancien banquier (Banque Laurentienne du Canada), la première chose à faire est de vérifier si les promoteurs de ce produit ont les reins assez solides pour affronter les tempêtes.

    [2] Autrement dit, la première question que l'on doit se poser est celle de savoir si les promoteurs du produit (ou leurs conduits) ont derrière eux des institutions financières importantes qui, lors des tempêtes financières, apporteront les liquidités nécessaires pour y faire face.

    [3] Ne vous laissez pas emberlificoter par le bruit ambiant, la poudre de Perlinpinpin, les montagnes de chiffres ou l'invocation au "mystère", car le dossier, une fois élagué, est fort simple à comprendre : les promoteurs (et leurs conduits) qui ont lancé en 2002 le PCAA (non bancaire) n'étaient pas appuyés par des ententes de liquidités inconditionnelles, claires et précises, mais par des ententes de liquidités, de "type canadien" conditionnelles, douteuses et suspectes, à tel point que 2 agences de notation américaines prestigieuses, Standard and Poor's et Moody's, ont refusé de noter le PCAA canadien et se sont retirées de ce marché. Quand la tempête est arrivée en août 2007, les banques particulièrement étrangères, n'étant pas liées par des ententes de liquidités inconditionnelles, claires et précises, ont refusé leur support aux promoteurs et conduits non bancaires et les investisseurs sont restés pris avec "la viande avariée".

    [4] La Caisse de dépôt et placement du Québec, avec à sa tête un banquier expérimenté comme Henri-Paul Rousseau, aurait dû savoir cela, d'autant plus que la CDPQ avait ou aurait dû avoir "de facto" un accès privilégié aux informations détaillés concernant ce produit, étant donné leur participation au capital-action du principal promoteur de PCAA au Canada, Coventree Capital Inc. et de sa représentante au Québec, Alter Moneta inc. Dans une organisation aussi importante que la CDPQ, la main droite droit savoir ce que fait la main gauche.

    [5] Il n'y a pas de "mystère" là-dedans comme tente de nous le faire croire, M. Rousseau. Il y a seulement de la négligence grave ou à tout le moins de l'aveuglement volontaire, ce qui revient au même. Plaider le "mystère" est un exercice de prestigitation de haute voltige qui ne dupera que les naïfs. Au plus vite une commission d'enquête publique, étatique ou citoyenne.

    par Pierre Cloutier ll.m

    .....................................

    Version intégrale: www.vigile.net/Quand-Henri-Paul-Rousseau-veut

    Et aussi pour comprendre la plomberie des PCAA; et ou elle coule et pourquoi il faut absolument une enquête publique:

    http://www.vigile.net/Caisse-de-depot-et-placement

    jcpomerleau
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  • Élisabeth Papineau - Abonné
    12 mars 2009 12 h 42
    CDPQ et ses vices systémiques
    Jean-Yves Papineau
    Mont-Tremblant

    Pour ma part j'essaie depuis longtemps à la fois de comprendre ce qui s'est passé, pourquoi cela a pu se passer, qui est responsable de ce qui s'est passé, mais surtout, fort de cet enseignement, d'envisager quelles mesures apporter pour que cela ne se reproduise pas.

    Henri-Paul Rousseau a déclaré que la Caisse est et était en relation constante avec ses 25 déposants.
    La majorité des actifs de ces déposants provient d'organismes créés par le gouvernement, qui ont un ministre de tutelle, et dont les dirigeants sont nommés par le gouvernement.
    Par exemple, la Régie des Rentes du Québec (RRQ) relève actuellement du ministère de M. Hamad, et son PDG, André Trudeau, est un ancien sous-ministre de ce même ministère.
    Les échanges entre la RRQ et la Caisse, surtout s'il y avait des signaux d'alarme, devaient nécessairement se rendre jusqu'à M. Hamad et, de là, jusqu'au Conseil des ministres.
    C'est donc poser la question, est-ce que l'exécutif de la RRQ et son comité de placements avaient l'expertise pour analyser leurs "actifs vulnérables" dans les dix-huit portefeuilles spécialisés que la Caisse leur proposait. Et encore moins tenir tête aux kamikazes du risque supervisés par les "beaux-parleurs" de la direction Rousseau et Guay.
    Il en va de même pour les autres 24 déposants, et e particulier ceux qui ont des ministres de tutelle comme "le fonds des générations", la "SAAQ", la "CSST, la "CARRA", etc.

    Quand on parle de vices systémiques dans toute l'organisation, il est évident en premier lieu qu'il doit y avoir de meilleurs contrôles sur le choix des dirigeants chez les 25 déposants, chez les gestionnaires de la Caisse et à son conseil d'administration.

    Et quoi que disent M. Charest et Mme. Jérome-Forget, surveiller les Déposants et la Caisse, cela est et aurait dû être la responsabilité du gouvernement Québécois.
    D'où l'importance de convoquer une commission élargie où avec l'aide d'experts on pourra identifier les vices systémiques qui, de toute évidence, minent le bon fonctionnement de la mobilisation et de la gestion de l'épargne forcée des Québécois.
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  • Pierre Brosseau - Inscrit
    12 mars 2009 12 h 56
    Front commun pour une commission d'enquête
    Bien que M. Henri-Paul Rousseau ait été le patron de la CDPQ pendant plus de six ans, il tombe sous le sens qu'on ne peut lui imputer personnellement tous les torts. Les 18 déposants (RRQ, SAAQ, CARRA, REGOP, etc.) avaient la responsabilité d'exprimer leurs besoins, de suivre leurs placements, de poser des questions et d'identifier leur niveau de risque acceptable. L'ont-ils fait avec diligence et le jugement d'un bon père de famille ?

    Pour tirer au clair tous les aspects du fiasco du rendement très négatif de la Caisse en 2008 et compte tenu de l'impact que cela aura sur les finances publiques et personnelles des Québécois pour plusieurs années, il est primordial d'aller au fond des choses, ne serait-ce que pour en tirer des leçons pour l'avenir.

    Pour ce faire, il faut une commission parlementaire. Si l'opposition officielle ne parvient pas à convaincre le premier ministre de la mettre sur pied et d'y participer, un front commun doit l'y pousser.

    Formé d'organismes apolitiques tels l'Association des retraités des secteurs public et para-public, le MEDAC, la FADOQ, les ACEF et autres associations de consommateurs, d'universitaires et de professionnels (comptables, fiscalistes, gestionnaires), un tel front commun fera forte impression sur l'opinion publique et le premier ministre.

    D'où viendra l'étincelle ? Des média sous la tutelle de Gesca ? Ou de notre seul journal indépendant au Québec?
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  • Guy Fafard - Inscrit
    12 mars 2009 23 h 57
    Quand le bateau coule...
    ...Les rats quittent le navire..." Un causon avec ça ?"
    - Non ! Une prime...
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