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Les grands banquiers américains font face à la «colère» des parlementaires

12 février 2009  Actualités économiques
Huit patrons de banques américaines se sont efforcés de faire amende honorable devant la Chambre des représentants.
Photo : Agence France-Presse
Huit patrons de banques américaines se sont efforcés de faire amende honorable devant la Chambre des représentants.
Washington — Assis à la table des témoins comme des prévenus au banc des accusés, huit patrons de banques américaines ont affronté hier la «colère» des contribuables, exprimée par des parlementaires devant lesquels ils se sont efforcés de faire amende honorable.

Vikram Pandit, le patron de Citigroup — des pertes de 18,7 milliards $US en 2008, 45 milliards $US de recapitalisation sur fonds publics — est sans doute allé le plus loin pour illustrer sa bonne volonté.

Non seulement a-t-il promis — comme tous ses homologues — de rembourser le contribuable jusqu'au dernier sou, mais encore il a assuré qu'il était prêt à n'accepter qu'un dollar de rémunération par an (salaire et prime compris) tant que son établissement ne deviendrait pas rentable.

«Je me rends compte que nous vivons dans un monde nouveau, et je vais m'assurer que Citi le comprenne aussi», a-t-il dit.

Ce geste de bonne volonté n'a guère été salué par des élus qui peinent à justifier auprès de leurs administrés le bien-fondé des 350 milliards $US déjà débloqués par l'administration pour sauver le système financier. Ou, comme c'est souvent perçu, pour permettre aux banquiers de continuer à se verser de gras émoluments alors qu'ils sont à l'origine de la crise.

«Vous serez critiqués, châtiés et mis au pilori de diverses façons», avait prévenu d'entrée de jeu le républicain Jeb Hensarling, un libéral généralement plus enclin à critiquer l'État, «mais certaines [de ces attaques] sont largement méritées».

Tirer des leçons

Le président démocrate de la Commission des services financiers de la Chambre des représentants, Barney Franck, a tenté de cadrer le débat: il ne s'agit pas de passer les banquiers en procès, mais de «persuader les Américains qu'ils ont suffisamment tiré de leçons de leurs erreurs». L'objectif est de s'assurer qu'ils utilisent les fonds publics à bon escient, pour relancer le crédit plutôt que pour se rémunérer eux-mêmes.

«Leur comportement a tellement mis les Américains en colère que notre capacité à aller de l'avant est menacée», a expliqué M. Frank, qui depuis des mois est engagé dans de difficiles pourparlers pour convaincre les élus et l'opinion de la nécessité de dépenser des centaines de milliards de dollars.

Huit patrons au total étaient convoqués: outre M. Pandit, Kenneth Lewis, le p.-d.g. de Bank of America, Lloyd Blankfein, p.-d.g. de Goldman Sachs, Jamie Dimon, p.-d.g. de JPMorgan Chase, Robert Kelly, p.-d.g. de Bank of New York Mellon, Ronald Logue, p.-d.g. de la State Street Corporation, John Mack, p.-d.g. de Morgan Stanley, et John Stumpf, directeur général de Wells Fargo.

Certains ont paru plus contrits que d'autres, mais tous ont fait face à des élus peu enclins à l'indulgence: pourquoi remontez-vous les taux sur les cartes de crédit? combien de nouveaux prêts avez-vous accordés? êtes-vous intéressés au maintien de la valeur de votre établissement (par l'achat d'actions)?

Une démocrate de Californie, Maxine Waters, les a accusés de se comporter comme «des capitaines de l'univers». «Ces jours-ci, je me sens plutôt comme un caporal», lui a répondu dans un demi-sourire le patron de Bank of America, Ken Lewis.

Certains, comme M. Dimon de JPMorgan, ont tenté de jouer les bons élèves en faisant valoir qu'ils n'étaient pas demandeurs d'argent public.

M. Frank a rétorqué que les contribuables seraient prêts à récupérer leurs milliards si une banque estimait avoir été «mal traitée» en obtenant ces fonds.
 
 
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