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Japon - L'électronique perd des milliards

Les fleurons du secteur se voient forcés de licencier des milliers d'employés

7 février 2009  Actualités économiques
Panasonic, qui semblait si solide il y a six mois après s’être profondément transformée ces dernières années, va se délester d’activités jugées irrécupérables, fermer 27 usines (dont la moitié au Japon) et se séparer de 15 000 collaborat
Photo : Agence France-Presse
Panasonic, qui semblait si solide il y a six mois après s’être profondément transformée ces dernières années, va se délester d’activités jugées irrécupérables, fermer 27 usines (dont la moitié au Japon) et se séparer de 15 000 collaborat
Tokyo — La saison des annonces de résultats financiers trimestriels des fleurons de l'électronique japonais s'est achevée hier sur un bilan piteux: des dizaines de milliers d'emplois détruits et des pertes colossales, du jamais vu en si peu de temps.

Au moins 66 000, c'est le nombre de salariés que sept des principales multinationales de l'électronique japonaises (Sony, Panasonic, Hitachi, Toshiba, NEC, Canon et Sharp) vont sacrifier.

Le choc est d'autant plus rude que cette hécatombe a été annoncée en rafale, en même temps que des résultats désastreux et des prévisions annuelles désespérantes.

L'emblématique Sony, fondé par feu Akio Morita, un capitaine d'industrie qui avait en horreur les licenciements, s'apprête à congédier au moins 16 000 salariés dans le monde: pas le choix, expliquent les actuels dirigeants, «nos coûts fixes sont encore trop élevés». Les mêmes brandissaient des bénéfices records il y a un an, saluant les premiers fruits d'années de restructuration.

La tempête économique mondiale a tout balayé entre octobre et décembre.

L'éternel rival de Sony, Panasonic, qui semblait si solide il y a six mois après s'être profondément transformé ces dernières années, s'avoue lui aussi vaincu. Il va se délester d'activités jugées irrécupérables, fermer 27 usines (dont la moitié au Japon) et se séparer de 15 000 collaborateurs dans le monde.

Le record est détenu par NEC qui envisage de supprimer 20 000 postes à cause de ventes de composants en berne. Sharp, en forme éclatante l'an passé, posant la première pierre d'un gigantesque complexe industriel, et Canon, au sommet de sa forme à l'époque, ont annoncé des coupes moins sévères (1500 et 1200 postes), mais nul n'aurait imaginé qu'ils en arriveraient là.

Les patrons des plus grands groupes de high-tech se disent combatifs, mais s'avouent terrifiés par la puissance du séisme qui ravage le secteur.

Course au gigantisme

À l'instar des constructeurs automobiles qui ne cessaient de bâtir de nouvelles usines, y compris au Japon, les électroniciens s'étaient lancés dans une course au gigantisme pour bénéficier de hauts rendements et écraser les concurrents étrangers avec leurs technologies de pointe et capacités de production inégalables, notamment dans les téléviseurs à écran plat (Panasonic, Sharp, Sony), les mémoires (Toshiba) ou les appareils photos (Canon). Les fournisseurs avaient suivi tout comme les petits sous-traitants, d'autant que la plupart oeuvrent parallèlement pour le monde automobile, lequel fait de plus en plus appel à l'électronique.

Même Hitachi et Toshiba, deux conglomérats plus diversifiés, se disent contraints de diminuer leurs effectifs, alors qu'une partie de leurs activités (les équipements pour centrales électriques) devrait servir d'amortisseur.

Cela ne suffit pas, car une autre calamité, corollaire de la crise financière, pénalise tous les exportateurs japonais. L'ascension du yen a révélé qu'une partie des bénéfices passés était artificielle et que la rentabilité réelle restait fragile, à la merci d'une accélération de la baisse des prix de vente, de variations des taux d'intérêt et de fluctuations fortes des monnaies.

Le nombre de victimes des plans sociaux est à la mesure des pertes financières estimées pour l'exercice en cours: six milliards d'euros pour Hitachi, plus de trois milliards pour Panasonic, 2,4 milliards pour NEC, idem pour Toshiba, 1,25 pour Sony et 833 millions pour Sharp.
 
 
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