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Belem - Le Forum social mondial relance la mobilisation anticapitaliste

2 février 2009  Actualités économiques
Des participantes au Forum social mondial de Belem, où un large réseau d’organisations non gouvernementales et de syndicats a remis en question la légitimité du G20 pour résoudre la crise économique actuelle.
Photo : Agence Reuters
Des participantes au Forum social mondial de Belem, où un large réseau d’organisations non gouvernementales et de syndicats a remis en question la légitimité du G20 pour résoudre la crise économique actuelle.
Belem, Brésil — Le Forum social mondial, qui s'est déroulé cette semaine à Belem, au coeur de l'Amazonie, a inauguré une nouvelle étape pour les altermondialistes qui, à la faveur de la crise économique mondiale, tentent de relancer leur mobilisation anticapitaliste.

Un large réseau d'organisations non gouvernementales et de syndicats a appelé hier à manifester le 28 mars à Londres, à l'occasion du sommet du G20 qui réunit les principaux pays riches et émergents.

Ces mouvements remettent en question la légitimité du G20 pour résoudre la crise, estimant qu'elle devrait être traitée dans un organisme plus large et plus démocratique, comme une ONU réformée.

«La crise nous a obligés à améliorer nos propositions. Nous avons monté un grand réseau contre la crise. Nous lancerons au cours de l'année des journées d'action mondiales afin que les pauvres ne payent pas les pots cassés», a déclaré à l'AFP Fatima Mello, du comité organisateur du FSM depuis sa création en 2001, à Porto Alegre.

Mais «la tâche ne sera pas simple», prévoit Jean-Pierre Leroy, de l'ONG brésilienne FASE, car «si les principaux mouvements sociaux voient que le système ne marche pas et qu'il faut trouver autre chose, les syndicats traditionnels ne sont pas d'accord, redoutant de perdre des emplois».

Selon les organisateurs, le forum a réuni un total de 133 000 militants de 142 pays. Plus de 2000 débats de centaines d'organisations ont été programmés au cours des cinq jours du FSM, de mercredi à hier.

Mesures préconisées

Dans ce foisonnement d'initiatives, les altermondialistes ont remis au goût du jour la vieille revendication d'une taxe internationale sur les transactions financières, étendue aux activités polluantes et aux grandes fortunes.

Parmi les autres mesures qui ont fait consensus figurent la création d'un nouveau système de réserves internationales qui ne soit plus basé sur le dollar, le démantèlement des paradis fiscaux, la surveillance stricte des mouvements de capitaux et la lutte contre la spéculation sur les matières premières (aliments et énergie).

La présence des cinq chefs d'État de la gauche latino-américaine (Brésil, Bolivie, Équateur, Paraguay et Venezuela) à Belem a été bien accueillie par une majorité de participants. «Ils ont choisi Belem et pas Davos», s'est félicitée Mme Mello.

Récupération politique

Néanmoins, certains se sont inquiétés de la récupération politique de leur mouvement, alors que l'arrivée à la Maison-Blanche de Barack Obama, premier président noir, a suscité une vague d'espoir dans les rangs altermondialistes.

«J'espère que les gouvernements suivront les mouvements sociaux et non pas que les mouvements suivront les gouvernements», a déclaré Gina Vargas, une sociologue et féministe péruvienne.

Depuis Seattle, en 1999, les altermondialistes prévenaient que «l'économie casino» et le libéralisme propagé par le Forum de Davos auraient des conséquences dramatiques.

«Cela s'est confirmé, mais nous ne voulons pas seulement dire que nous avions raison. Nous voulons construire des forces sociales et politiques qui soient capables de construire des alternatives», a dit Candido Grzybowski, l'un des fondateurs du FSM.

Outre la crise, c'est l'Amazonie qui a occupé le devant de la scène à Belem, à un double titre: le FSM s'est tenu pour la première fois dans la région avec une participation record de 2000 Indiens, et parce que la destruction de la forêt représente, aux yeux des altermondialistes, tous les maux du capitalisme.
 
 
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