mardi 9 février 2010 Dernière mise à jour 23h47


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Crise économique - Fin de partie

De la crise économique en cours, deux dates doivent d'ores et déjà être retenues: le 15 septembre 2008 et le 19 janvier 2009. La première? Lehman Brothers déclare faillite. La deuxième? Au cours de cette journée, le gouvernement britannique dévoilait un autre plan de secours massif destiné à sauver les plus imposantes des banques. En germe? La nationalisation du système.

Le monde de l'économie ressemble de plus en plus à un dédale sans issue. Pour s'en convaincre, voici un pot-pourri des titres relevés dans la presse européenne après l'opération effectuée dans l'urgence par le premier ministre britannique, Gordon Brown: Économie, l'Angleterre est-elle finie? Le système bancaire reste désespérément asphyxié; 2009, l'année de tous les dangers pour les finances européennes; Europe: Bruxelles prévoit la pire récession depuis les années 1940; Les banques allemandes sont au bord du précipice; Pourquoi les relances ne sont pas efficaces, etc.

De ces titres empruntés expressément à des journaux et à des magazines peu suspects de complaisance socialisante, de dérive gauchisante, passons aux chiffres en prenant soin d'éviter la noyade. Les pertes annoncées par les banques européennes et américaines au cours du dernier trimestre avoisinent 1200 milliards; la valeur de la Deutsche Bank, la plus importante des banques allemandes, a fondu du tiers la semaine dernière; le déficit de la Grande-Bretagne sera de 10 % (!) du PIB en 2009; ces derniers jours, les cotes de crédit de l'Espagne, de la Grèce, du Portugal et de l'Irlande ont été abaissées; en Italie, l'état des finances publiques se confondant avec trou sans fond, le gouvernement ne dispose d'aucune marge de manoeuvre. Pour faire court, soulignons que la Commission européenne a publié un rapport, toujours la semaine dernière, dans lequel elle prévoit la pire récession depuis les années 40. Depuis les années de rationnement.

Après les titres et les chiffres, attardons-nous quelque peu au Royaume-Uni. Parallèlement à la déconfiture des établissements financiers, voilà que les joyaux de la couronne, c'est le cas de le dire, pointent au rayon des faillites. Quand ce n'est pas la maison de couture des rois et des reines depuis plus de trois siècles, c'est Wedgwood, le fournisseur de porcelaine de l'aristocratie, depuis des siècles lui aussi, qui sombre, etc. Bref, le chic british sombre tout comme la livre sterling. De prime abord, on pourrait croire que la perte de la monnaie (- 30 %) au cours de l'automne va favoriser les exportations du Made in Britain. Hélas! La base manufacturière ayant été réduite en charpie au cours des années Thatcher, le pays ne peut pas profiter à plein de cette retraite monétaire. D'où...

D'où ce torrent de critiques en Grande-Bretagne, mais aussi en Allemagne, dont les gouvernements sont les cibles. Rétrospectivement, ici et là, on juge que ces derniers auraient dû adopter la recette confectionnée en la matière par la Suède au début des années 90. Soit nationaliser les banques et les revendre au bout de deux ou trois ans plutôt que d'accorder des secours au fur et à mesure. On estime qu'en agissant comme ils l'ont fait, ces gouvernements ont amplifié les problèmes. Bon... les défenseurs de cette thèse oublient qu'en Grande-Bretagne, par exemple, une nationalisation à 100 % fragiliserait de facto des régimes de pension déjà mal en point.

Entre telle et telle thèse, bien malin qui peut choisir. Chose certaine, lorsque l'on s'arrête aux aides allouées par les gouvernements qui ne sont pas les principaux responsables de cette crise — on a tendance à l'oublier —, on peut effectivement s'étonner d'un laisser-aller. De quoi s'agit-il? Voir que des dirigeants, comme ceux de Merrill Lynch aux États-Unis ou ceux de la Société générale et du Crédit Agricole en France et ailleurs, continuent de s'accorder des bonus à cause, là effectivement, du laxisme des gérants du bien public, c'est plus qu'une faute de goût, c'est de la myopie politique. Une myopie qui laisse entrevoir un regain du populisme, comme l'annoncent les signes avant-coureurs observés en Grèce, en Espagne et en Italie.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Serge Charbonneau
    Abonné
    lundi 26 janvier 2009 08h09
    Le danger du populisme !
    Le danger du «populisme»!
    Ou, quand la population veut reprendre le contrôle de sa destinée!

    Le populisme!
    Mais, qu'est-ce donc que le populisme?

    On définit le populisme comme étant l'attitude politique consistant à satisfaire les revendications immédiates du peuple.

    Les gouvernements ont plutôt l'habitude de satisfaire les revendications des grosses entreprises et des gros portefeuilles.
    La population est un élément négligeable. On l'endort comme il faut, pendant quelques semaines à chaque quatre ans (période qu'on appelle campagne électorale) et le reste du temps on explique sommairement les décisions servant le pouvoir économique.
    C'est ce que l'on appelle «la loi du marché»!
    Cette main invisible qui contrôle le monde et dont nos dirigeants disent ne rien pouvoir contre elle.

    « Une myopie qui laisse entrevoir un regain du populisme, comme l'annoncent les signes avant-coureurs observés en Grèce, en Espagne et en Italie. »

    La crise (!) économique (!) aurait-elle pour effet d'éveiller les populations?
    Les gens vont-ils vouloir reprendre leur destinée en main?

    Une menace pour les prédateurs économiques.

    Ah! Que mes propos peuvent être puérils et même simplistes diront certains.
    L'économie est tellement complexe, dira-t-on.
    Oui, on est bien ratoureux pour nous berner. Prenons l'exemple des pétrolières. Leurs explications sont tellement complexes pour expliquer la simplicité de leurs immenses profits. Ces pauvres compagnies nous expliquent constamment qu'elles tirent le diable par la queue et nous, nous les abreuvons copieusement en faisant le plein.


    Serge Charbonneau
    Québec

  • Sylvain Racine
    Abonné
    lundi 26 janvier 2009 09h25
    700milliards en bailouts aux USA et 75 milliards au Canada: 300 millions de personnes au USA et 32 millions au Canada, donc le Canada un État américain
    Et au Canada, les médias se ferment les yeux?
    http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&

  • Sylvain Racine
    Abonné
    lundi 26 janvier 2009 11h35
    Attendez-vous au pire!
    "Britain was just three hours away from going bust last year after a secret run on the banks, one of Gordon Brown's Ministers has revealed.

    City Minister Paul Myners disclosed that on Friday, October 10, the country was 'very close' to a complete banking collapse after 'major depositors' attempted to withdraw their money en masse.

    The Mail on Sunday has been told that the Treasury was preparing for the banks to shut their doors to all customers, terminate electronic transfers and even block hole-in-the-wall cash withdrawals. "

    http://www.dailymail.co.uk/news/article-1127278/Re

    Attendez-vous au pire!

  • Maurice Monette
    Abonné
    lundi 26 janvier 2009 12h50
    C'est regrettable mais, l'humanité se comporte puérilement depuis qu'elle a pris en main ses destinés...
    Souvenez-Vous qu'après la dernière Guerre Mondiale, la Réunion des Pays Démocratiques de la Planète avait compris que pour éviter qu'un tel conflit dévastateur ne se représente, il fallait une $aine (saine) répartion de la cagnote mondiale soit faite régulièrement. Ainsi, on amenuisaient les possibilités de conflits entre les Pays donc, on espéraient éviter la guerre. Donc, pour éviter tout conflit d'intérêt entre les Pays Démocratiques partageant cette vision libératrice, on avaient désignée l'Église Catholique pour se charger régulièrement de cette Tâche primordiale à l'Évolution de la Gent Humaine dans sa $age$$e (sagesse) et sa Maturité Évolutive. Jusqu'à juin 1989, après chaque période de quatre années consécutives de tergiversations de la Gent Humaine, il y avait une saine Répartition de tous les surplus d'une somme d'un (1) million de dollars (ou son équivalent en d'autres espèces monétaires)dans les cagottes des gens Démocratique de la Terre Entière. Cette Répartition était faite par les communautés religieuses soit, elles récupéraient ces surplus, et s'occupaient à les redistribuer de nouveau à tous les gouvernements Démocratiques de la Planète, pour quatre nouvelles années potentiellement Évolutives de la Gent Humaine. Ces Communautés avaient été désignées car, c'étaient Celles avec le moins d'intérêt envers l'argent car, certaines ayant demandé voeux de pauvreté de ses membres, il était évident que l'attrait de la richesse avait moins d'impact. Les besoins vitaux des membres étant comblés par Celles-ci.

    Mais, depuis cette date de juin 1989 où le pape jean-paul II a faite cesser cette Tradition qui sauvegardait d'éventuelle conflit entre les nations, un Vice a été institué en vertu soit, l'économie Abusive où il n'y avait plus aucune limite à la cupidité humaine qui se convertit en Vice de l'Avarice. Ainsi, ce Vice étant glorifié de manière illimitée avec toutes sortes de régimes financiers pour faire des profits illimités grâce aux intérêts cumulés indument et sans conscience des conséquences de cette cupidité à long terme, l'argent est devenu de plus en Plus Rare, jusqu'à ce qu'on traversent l'ébauche de la Récession Actuelle.

    Rien de surprenant là dedans car, par l'immaturité des Ogres Financiers(ères) de la Planète, le fait d'accumuler tous ces argents ne pouvait résulter qu'en une Récession comme Celle qu'on entrevoient à plus ou moins terme... sinon déjà commencer.

    C'est pourtant si simple d'éviter un tel bouleversement mais, pour ce, il faut avoir atteint un certain Niveau de Maturité, ce qui ne semble pas être le cas de beaucoup de nos dirigeants(es), malheureusement !

    Avant juin 1989, il était illégal de conserver plus d'un (1) million de dollars (ou son équivalent) plus de quatre années. Les surplus, s'ils n'avaient été investis dans l'achat de biens matériaux ou divers services pour édulcorer le Passage incarné(e) Ici-Bas, au bout d'une période de quatre ans, étaient récupérés par des Nonces auprès des Institutions Financières et ramenés à Rome d'où ils étaient réparties selon une certaine méthode de péréquation entre tous les Pays Démocratiques et Croyants de la Planète. Par contre, les États-Unis refusaient cette Solution d'équité mondiale

    Malheureusement, cette Règle de Bonne Gérance des Biens de notre Terre qui était encore d'Émeraude avant cette date Fatidique, n'existe plus. Ce pape karol wojtyla l'a abolie !
    Ce qui devait arriver, arriva et la Récession qui se pointe en est Directement le Triste Résultat. L'humanité ou plutôt ses dirigeants(es) sont complètement décollés(es) de la Réalité, incapables de "mettre leur culotte de dirigeants(es)" et Revenir aux Anciennes Méthodes de répartir l'argent dans le monde. Celui-ci est au bord d'une apocalypse qui aurait pu être évitée mais, qui sera fort possiblement irréversible. Je n'aimerais pas être dans leurs souliers quand ÇA va se précipiter car, c'est alors qu'ils / elles prendront conscience que leur cupidité est la cause de toute la Dégénérescence qui va se précipité de plus en PLUS. C'est déjà commencé depuis le milieu des années 90 mais, ÇA ira de pire en PIRE...

    Merci de votre Attention & il ne reste pas grand temps...

    Votre Ami, SAGE, lui,
    MAURICE MONETTE
    Biologiste #939
    Spécialité Écologie
    Grande Rivière

  • Bernard Gervais
    Abonné
    lundi 26 janvier 2009 16h02
    Quabd vous parlez de « populisme »...
    Que le populisme puisse conduire à certains dérapages (on l'a déjà vu en Argentine avec le mouvement péroniste), j'en conviens.

    Cependant, peut-on blâmer la population (en Grèce, en Espagne, en Italie et ailleurs) de crier sa colère surtout quand on songe que les grands financiers du monde, qui sont en grande partie responsables de la crise économique actuelle - en profitent malgré tout pour s'en mettre plein les poches ?

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
5 réactions
0 vote
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
© Le Devoir 2002-2010