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Nortel invoque la protection de la Cour

Préoccupé, Ottawa n'écarte pas la possibilité d'une aide financière

«Nortel doit retrouver des assises financières solides une fois pour toutes», a dit Mike Zafirovski, président et chef de la direction.
Photo : Agence Reuters
«Nortel doit retrouver des assises financières solides une fois pour toutes», a dit Mike Zafirovski, président et chef de la direction.
L'annonce par Nortel d'un recours à la protection des tribunaux contre ses créanciers a incité hier le gouvernement fédéral à tendre la main à l'ancien chouchou de Bay Street, usé par des années de transactions coûteuses, des scandales comptables, des recours collectifs et une récession qui complique sa situation financière.

En posant ce geste lourd de conséquences, Nortel, figure centrale de l'histoire technologique canadienne, signale qu'elle va s'imposer une transformation plus profonde que celle pressentie l'automne dernier, lorsqu'elle a mis certaines activités en vente. Avec tout ce que cela peut entraîner comme onde de choc dans son secteur.

«Le gouvernement du Canada reconnaît l'importance de l'industrie des télécommunications pour notre économie et continuera de travailler avec Nortel pendant sa restructuration par l'entremise d'Exportation et développement Canada (EDC)», a déclaré dans un communiqué le ministre de l'Industrie, Tony Clement.

Non seulement EDC va-t-elle fournir jusqu'à 30 millions en garantie de cautionnement à court terme, mais M. Clement a précisé que l'agence «accepterait de discuter avec Nortel d'un financement subséquent, en conjonction avec d'autres institutions financières». Il n'a pas été plus précis.

Fondée en 1895, la «Northern Electric and Manufacturing» a été au coeur du déploiement de la téléphonie au Canada et du développement de la technologie utilisée dans le satellite ANIK. Au sommet de la bulle technologique, la valeur boursière de Nortel, soit 375 milliards, représentait le tiers de la valeur des sociétés inscrites à la Bourse de Toronto. Hier, elle avait fondu à 62 millions.

Les rumeurs concernant le recours à la protection des tribunaux circulaient depuis un certain temps. La société continue de fonctionner. La mesure s'applique des deux côtés de la frontière mais n'affecte pas ses activités asiatiques.

Refaire les bases

Nortel estime que son redressement entamé en 2005 a permis d'accomplir certaines choses, mais qu'il a été torpillé par la crise financière mondiale. «Nortel doit retrouver des assises financières solides une fois pour toutes», a dit Mike Zafirovski, président et chef de la direction.

La société est aux prises avec une clientèle qui repousse certains investissements et qui, dans certains cas, choisit de faire confiance à ses concurrents, dont la technologie est parfois jugée plus rapide.

Nortel, qui compte environ 33 000 employés, a indiqué que ses liquidités se chiffrent à 2,4 milliards $US, comparativement à 3,6 milliards $US il y a un an. «La société dispose de liquidités suffisantes pour financer ses activités courantes», a-t-elle dit toutefois.

Dans ses résultats du troisième trimestre 2008, elle a dévoilé une perte de 3,4 milliards $US, annoncé le licenciement de 1300 employés et congédié certains cadres.

L'entreprise génère 40 % de ses ventes avec le matériel pour les grands réseaux de télécommunications. Affectée par la crise économique et incapable de vendre sa division Metropolitan Ethernet Networks, qui permet aux sociétés d'offrir des forfaits téléphone-Internet-télévision et représente 15 % de ses ventes, Nortel semble avoir cru bon d'agir plus vite.

«Ce processus permettra à Nortel de traiter de manière décisive le fardeau que représentent ses coûts et sa dette, de restructurer avec efficacité ses activités et de définir plus étroitement son orientation stratégique de manière efficace et opportune», a écrit l'entreprise.

À la Bourse de Toronto, l'action de Nortel a plongé hier de 69 %, à 12 ¢. Depuis un an, le titre s'est effondré de 99 %, comparativement à un recul de 37 % pour l'indice général du TSX. Parmi ses concurrents, Alcatel-Lucent a perdu 67 % dans la dernière année alors que pour Cisco, qui engrange des profits, la déconfiture boursière se chiffre à 40 %.

Selon Raymond Massi, qui pilote des dossiers de restructuration chez la firme RSM Richter, Nortel a probablement voulu se positionner pour prévenir une détérioration de sa situation financière. «L'industrie des télécommunications souffre en ce moment, et Nortel semble vouloir stabiliser les choses», a dit M. Massi, qui a notamment été responsable du redressement de SR Telecom. Le fait de se protéger contre les créanciers suspend les obligations financières et permet à une entreprise de se restructurer plus facilement, a-t-il ajouté.

En poste depuis octobre 2005, M. Zafirovski, âgé de 55 ans, est un ancien numéro deux de Motorola. Il a été recruté pour remettre Nortel sur les rails alors que l'entreprise était encore secouée par les allégations de malversations comptables contre l'ancienne équipe de direction.
 
 
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  • Guy Fafard
    Inscrit
    jeudi 15 janvier 2009 14h07
    À quoi peut servir l'aide gouvernemental...
    Cette aide avec notre argent va peut-être servir à sauver la compagnie Nortel, peut-être les 2 ou 3 cents sur des actions payées 120$ de quelques petits actionnaires; mais aussi malheureusement va sauver les plans de retraites dorés que possèdent encore Frank Dunn et John Roth, ces deux ex-présidents qui ont été dénoncés pour avoir trompés les actionnaaires de Nortel afin de se créer des retraites dorées.
    Combien de fournisseurs et travailleurs vont faire faillite à cause de ces sales individus?

    Ces deux là s'entendent comme larrons en foire.
    C'est fabuleux!

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