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Plongée des cours du brut - La prime de guerre s'évapore avant le début du conflit

Le prix du baril de pétrole brut chute de 9,33 % à New York

19 mars 2003  Actualités économiques
Un travailleurs inspecte des installations mexicaine de stockage pétrolier. Selon les analystes, la chute des cours du brut depuis la semaine dernière, qui a fait passer le prix du baril de près de 38 $US mercredi dernier à moins de 32 $US hier, ne s
Photo : Agence Reuters
Un travailleurs inspecte des installations mexicaine de stockage pétrolier. Selon les analystes, la chute des cours du brut depuis la semaine dernière, qui a fait passer le prix du baril de près de 38 $US mercredi dernier à moins de 32 $US hier, ne s
New York — Les cours du pétrole ont plongé de 9,3 % hier sur le marché à terme de New York, alors que l'imminence d'une guerre en Irak et les perspectives d'une victoire américaine rapide encouragent les opérateurs à liquider la prime de guerre qui avait porté le baril à près de 40 $US récemment.

Le prix du brut de référence (light sweet crude) pour livraison rapprochée en avril a chuté de 3,26 $US, à 31,67 $US, après avoir baissé de 45 ¢US, à 34,93 $US, lundi. À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai, nouvelle référence sur l'International Petroleum Exchange (IPE) de Londres, valait 27,58 $US, après avoir ouvert à 27,30 $US et clôturé lundi à 29,48 $US, soit un repli de 6,4 %.

«C'est un cas extrême d'acheter sur la rumeur, vendre sur le fait, a indiqué Mike Fitzpatrick, analyste de Fimat. «Apparemment le marché croit fermement que la guerre va être terminée rapidement.» Pour Andrew Whittock, analyste à la banque Williams de Broe, «il semble que la prime de guerre se soit évaporée alors que le conflit n'a même pas encore commencé».

Le président américain George W. Bush a donné lundi soir 48 heures au président irakien pour quitter son pays, précisant que si cet ultimatum n'était pas respecté, les États-Unis lanceraient une guerre contre l'Irak à la date de leur choix. Le président irakien a rejeté cet ultimatum, promettant la victoire sur les États-Unis dans «l'ultime bataille de l'Irak».

Des conjectures

La chute des cours du brut depuis la semaine dernière, qui a fait passer le prix du baril de près de 38 $US mercredi dernier à moins de 32 $US hier, ne s'explique que par les conjectures au sujet de l'Irak, a souligné Mike Fitzpatrick, qui affirme que «rien n'a changé fondamentalement». Il n'y pas de vague de produits (essence et produits distillés) qui arrive sur le marché, a noté cet analyste qui estime qu'une correction est inévitable.

De son côté, Bill O'Grady, directeur de la recherche chez AG Edwards, a cité comme facteur négatif un article dans le New York Times hier selon lequel l'Arabie Saoudite a créé une réserve de près de 50 millions de barils que ce pays prévoit utiliser pour compenser d'éventuelles perturbations dans les exportations irakiennes. «Nous avons environ 50 millions de barils et la plus grande partie est dans le pays», a déclaré un responsable saoudien au quotidien new-yorkais sous couvert de l'anonymat. «Nous pouvons puiser dedans immédiatement dès qu'il y aura une insuffisance» des approvisionnements, a affirmé ce responsable.

«Les Saoudiens vont probablement mettre pas mal de brut sur le marché. Ils essaient d'éviter que les pays membres de l'Agence internationale de l'énergie [AIE] ne sortent du pétrole de leurs réserves stratégiques», a estimé M. O'Grady. «Les sorties de pétrole des réserves stratégiques ont tendance à se faire ponctuellement par gros volumes. Psychologiquement, cela a tendance à peser beaucoup sur le marché», a expliqué l'analyste, ajoutant que les Saoudiens «veulent vraiment que l'OPEP se charge» d'approvisionner le marché.

M. O'Grady estime que sans la prime de guerre, la situation actuelle sur le marché justifierait un prix du baril entre 29 $US et 29,50 $US, selon le prix de référence new-yorkais.
 
 
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