Les Bourses nord-américaines s'envolent - Les marchés applaudissent à la fin des tergiversations sur l'Irak
Photo : Agence Reuters
Les investisseurs tablent sur un scénario semblable à celui de la guerre du Golfe, quand les indices boursiers étaient repartis à la hausse dès la première bombe tombée sur l’Irak.
La Bourse américaine s'est envolée hier après l'annonce que le chapitre diplomatique aux Nations unies était terminé et que la guerre contre l'Irak paraissait donc imminente. «Les investisseurs voient enfin de la lumière au bout du tunnel», a constaté Hugh Johnson, directeur des investissements de First Albany. Et misent sur une guerre éclair.
«La situation en Irak est clarifiée. Le marché était très survendu et cela entraîne donc une reprise», a estimé Michael Driscoll, directeur du courtage de la banque Bear Stearns. «Le marché est persuadé que nous allons partir en guerre d'ici trois jours», a renchéri Tom Schrader, courtier de la maison de courtage Legg Mason.
À Toronto
La Bourse de Toronto a enregistré hier son gain quotidien le plus impressionnant depuis le début de l'année. L'indice composite S&P/TSX a ainsi ouvert la semaine sur un gain de 102,14 points, ou 1,62 %, à 6406,63 points.
Malgré le rebond qui a permis au parquet torontois d'atteindre son plus haut niveau en près de deux semaines, certains experts affirment qu'il ne s'agit que d'un positionnement des investisseurs avant le déclenchement d'une éventuelle opération militaire dirigée par Washington contre le régime de Bagdad. «C'est un peu comme lors de la guerre du Golfe de 1991; il fallait avoir acheté avant le début des bombardements, sinon, on restait derrière dans la poussière», a résumé Robert Spector, économiste principal chez Merrill Lynch Canada. «Ainsi, les gens n'attendent pas le début des bombardements, ils achètent avant que ne soient larguées les premières bombes.»
Le secteur des technologies de l'information a terminé en hausse de 2,9 %, tandis que celui des institutions financières s'octroyait 2,2 %. Dans l'ensemble, neuf des dix sous-indices ont terminé en hausse.
Aux États-Unis
Le Dow Jones a, pour sa part, bondi de 3,6 %, à 8141,92 points, clôturant au-dessus de la barre symbolique des 8000 points pour la première fois depuis le 21 février. L'indice composé du Nasdaq a pris 3,9 %, à 1392,26 points, et celui du Standard and Poor's 500, plus représentatif de la tendance générale, a gagné 3,5 %, à 862,79 points.
Après une ouverture à la baisse, les indices se sont retournés à la suite du retrait par Washington, Londres et Madrid de leur projet de résolution visant le feu vert à une guerre en Irak, les trois pays alliés n'ayant pas réussi à trouver une majorité au conseil de sécurité des Nations unies. L'annonce d'une intervention télévisée de George W. Bush hier soir au cours de laquelle le président américain devrait fixer un ultimatum à Saddam Hussein a achevé de propulser les indices plus loin dans le vert.
En achetant massivement des actions, les investisseurs applaudissent avant tout la fin des incertitudes géopolitiques, qui paralysaient depuis plusieurs mois les décisions des entreprises américaines et entretenaient la déprime des marchés. «Ces annonces dissipent les incertitudes qui pesaient sur la confiance [des consommateurs] et sur les investissements des [entreprises], et elles présagent donc d'un rebond de l'économie», a souligné M. Johnson. «Nous devrions assister à une hausse du prix des actions et à une baisse de celui du pétrole» au cours des séances à venir, a-t-il ajouté.
Le bond des indices boursiers hier démontre aussi que les investisseurs parient généralement sur une victoire «rapide, écrasante» contre Bagdad, selon les termes de Michael Driscoll. Les investisseurs tablent sur un scénario semblable à celui de la guerre du Golfe, quand les indices boursiers étaient repartis à la hausse dès la première bombe tombée sur l'Irak.
Alfred Kugel, stratège en investissement chez Stein Roe, émettait toutefois quelques réserves. «Les marchés peuvent conserver leurs gains et même continuer à monter», a-t-il estimé, mais pour cela, «les faits doivent coller avec les prévisions, et nous ne saurons peut-être pas si c'est le cas avant une semaine», a-t-il ajouté. Un avis partagé par Hugh Johnson, qui juge que «la hausse de la Bourse pourrait durer très longtemps», si et seulement si cette guerre ne rencontre aucun écueil. «Si l'offensive s'enlise, si l'approvisionnement en pétrole est interrompu», et si le terrorisme connaît un regain, «la Bourse va perdre son élan très rapidement», a-t-il affirmé.
Et l'embellie attendue de l'économie américaine pourrait virer au tableau noir, a-t-il conclu.
«On a vu plusieurs reprises courtes. Nous continuons à conseiller à l'investisseur à vendre dans ce cas parce que nous estimons qu'il y a encore plusieurs risques latents», a noté Richard Bernstein, chez Merrill Lynch.
Parmi ces risques figurent que les cours de Bourse sont encore très chers, vu la traditionnelle imprévisibilité de la croissance des bénéfices, qu'il y a un risque sur deux que l'économie retombe en récession, et qu'une autre baisse des taux de la Fed impliquerait qu'elle ne croit pas qu'il y ait reprise actuellement. Son comité de politique monétaire se réunit aujourd'hui.
«La situation en Irak est clarifiée. Le marché était très survendu et cela entraîne donc une reprise», a estimé Michael Driscoll, directeur du courtage de la banque Bear Stearns. «Le marché est persuadé que nous allons partir en guerre d'ici trois jours», a renchéri Tom Schrader, courtier de la maison de courtage Legg Mason.
À Toronto
La Bourse de Toronto a enregistré hier son gain quotidien le plus impressionnant depuis le début de l'année. L'indice composite S&P/TSX a ainsi ouvert la semaine sur un gain de 102,14 points, ou 1,62 %, à 6406,63 points.
Malgré le rebond qui a permis au parquet torontois d'atteindre son plus haut niveau en près de deux semaines, certains experts affirment qu'il ne s'agit que d'un positionnement des investisseurs avant le déclenchement d'une éventuelle opération militaire dirigée par Washington contre le régime de Bagdad. «C'est un peu comme lors de la guerre du Golfe de 1991; il fallait avoir acheté avant le début des bombardements, sinon, on restait derrière dans la poussière», a résumé Robert Spector, économiste principal chez Merrill Lynch Canada. «Ainsi, les gens n'attendent pas le début des bombardements, ils achètent avant que ne soient larguées les premières bombes.»
Le secteur des technologies de l'information a terminé en hausse de 2,9 %, tandis que celui des institutions financières s'octroyait 2,2 %. Dans l'ensemble, neuf des dix sous-indices ont terminé en hausse.
Aux États-Unis
Le Dow Jones a, pour sa part, bondi de 3,6 %, à 8141,92 points, clôturant au-dessus de la barre symbolique des 8000 points pour la première fois depuis le 21 février. L'indice composé du Nasdaq a pris 3,9 %, à 1392,26 points, et celui du Standard and Poor's 500, plus représentatif de la tendance générale, a gagné 3,5 %, à 862,79 points.
Après une ouverture à la baisse, les indices se sont retournés à la suite du retrait par Washington, Londres et Madrid de leur projet de résolution visant le feu vert à une guerre en Irak, les trois pays alliés n'ayant pas réussi à trouver une majorité au conseil de sécurité des Nations unies. L'annonce d'une intervention télévisée de George W. Bush hier soir au cours de laquelle le président américain devrait fixer un ultimatum à Saddam Hussein a achevé de propulser les indices plus loin dans le vert.
En achetant massivement des actions, les investisseurs applaudissent avant tout la fin des incertitudes géopolitiques, qui paralysaient depuis plusieurs mois les décisions des entreprises américaines et entretenaient la déprime des marchés. «Ces annonces dissipent les incertitudes qui pesaient sur la confiance [des consommateurs] et sur les investissements des [entreprises], et elles présagent donc d'un rebond de l'économie», a souligné M. Johnson. «Nous devrions assister à une hausse du prix des actions et à une baisse de celui du pétrole» au cours des séances à venir, a-t-il ajouté.
Le bond des indices boursiers hier démontre aussi que les investisseurs parient généralement sur une victoire «rapide, écrasante» contre Bagdad, selon les termes de Michael Driscoll. Les investisseurs tablent sur un scénario semblable à celui de la guerre du Golfe, quand les indices boursiers étaient repartis à la hausse dès la première bombe tombée sur l'Irak.
Alfred Kugel, stratège en investissement chez Stein Roe, émettait toutefois quelques réserves. «Les marchés peuvent conserver leurs gains et même continuer à monter», a-t-il estimé, mais pour cela, «les faits doivent coller avec les prévisions, et nous ne saurons peut-être pas si c'est le cas avant une semaine», a-t-il ajouté. Un avis partagé par Hugh Johnson, qui juge que «la hausse de la Bourse pourrait durer très longtemps», si et seulement si cette guerre ne rencontre aucun écueil. «Si l'offensive s'enlise, si l'approvisionnement en pétrole est interrompu», et si le terrorisme connaît un regain, «la Bourse va perdre son élan très rapidement», a-t-il affirmé.
Et l'embellie attendue de l'économie américaine pourrait virer au tableau noir, a-t-il conclu.
«On a vu plusieurs reprises courtes. Nous continuons à conseiller à l'investisseur à vendre dans ce cas parce que nous estimons qu'il y a encore plusieurs risques latents», a noté Richard Bernstein, chez Merrill Lynch.
Parmi ces risques figurent que les cours de Bourse sont encore très chers, vu la traditionnelle imprévisibilité de la croissance des bénéfices, qu'il y a un risque sur deux que l'économie retombe en récession, et qu'une autre baisse des taux de la Fed impliquerait qu'elle ne croit pas qu'il y ait reprise actuellement. Son comité de politique monétaire se réunit aujourd'hui.
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