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La crise? C'est la faute aux médias!

La couverture médiatique des problèmes de l’économie canadienne contribuerait à faire baisser la confiance des consommateurs.
Photo : Agence Reuters
La couverture médiatique des problèmes de l’économie canadienne contribuerait à faire baisser la confiance des consommateurs.
Vancouver — Si toutes ces mauvaises nouvelles économiques vous font hésiter à dépenser de l'argent ou à investir à la Bourse, pointez du doigt les gens qui vous en parlent.

Même si votre emploi n'est pas menacé, que la valeur de votre maison n'est pas tombée en flèche et que vos investissements ne vous empêchent pas de dormir, certains spécialistes affirment que les médias font craindre aux consommateurs de sortir leur portefeuille, ce qui ne fait qu'ajouter aux problèmes de l'économie du Canada, en récession.

«L'attitude des médias aide à déterminer de quelle façon se sentent les consommateurs», a indiqué Glen Hodgson, économiste en chef du Conference Board du Canada. «Si [les médias] continuent à dire que le ciel nous tombe sur la tête, les gens pensent que le ciel leur tombe sur la tête», a-t-il ajouté.

Bien qu'il y ait de toute évidence des facteurs qui affectent de façon négative l'économie, comme la crise mondiale du crédit, les problèmes ne sont pas aussi profonds ou étendus que les gens sont amenés à le croire, a dit M. Hodgson.

«Tout le monde s'inquiète — même si les chances de perdre son emploi, de perdre ses rentes de retraite, sont très minces. C'est pourquoi les médias existent. Nous voulons tous savoir ce qui se passe. Il reste à savoir si les mauvaises nouvelles sont amplifiées.»

Certains avancent que la couverture médiatique complète des problèmes de l'économie canadienne contribue à faire baisser la confiance des consommateurs, créant ce que le Conference Board a récemment qualifié de «psychologie de récession».

La confiance des consommateurs a chuté en décembre à son niveau le moins élevé depuis 1981-82, alors que le Canada traversait sa pire période de récession depuis la Deuxième Guerre mondiale et que le taux de chômage atteignait environ 13 %, a indiqué l'organisme d'Ottawa.

M. Hodgson a dit croire que la couverture des médias soit exagérée lorsque les nouvelles économiques sont bonnes ou mauvaises, ce qui, dans un cas comme dans l'autre, peut être problématique.

Bien qu'il soit impossible de mesurer l'impact de la couverture médiatique de la situation économique sur la confiance des consommateurs, son influence se fait sentir à différents niveaux, estimé M. Hodgson.

«L'attitude des gens est déterminée par [des questions telles que] "Est-ce que j'ai un emploi? Est-ce que j'obtiens une augmentation? Est-ce que le prix de ma maison augmente?" Les vraies choses comptent», dit-il.
 
 
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