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Des difficultés accrues en 2009

Toronto — Des économistes de grandes banques canadiennes, parmi les experts les plus en vue au pays, estiment que les Canadiens doivent s'attendre à faire face à une nouvelle année de resserrements et de difficultés économiques, qui seront sans doute plus sévères qu'en 2008.

Les problèmes économiques qui affligent les États-Unis remontent tranquillement la frontière en notre direction, a déclaré l'économiste principal de la Banque TD, Don Drummond, devant l'Economic Club de Toronto, hier. «Nous ne devrions pas être heureux de voir 2008 se terminer, parce que je crois qu'elle se révélera avoir été une meilleure année que 2009», a-t-il lancé.

Il a aussi prévenu que les données du quatrième trimestre seront probablement désastreuses, mais que les coups les plus durs seront encaissés pendant le premier trimestre.

Réduire les taux

Cela pourrait inciter le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, à réduire encore davantage les taux d'intérêt, possiblement jusqu'à 0,5 %, pour tenter de limiter les dégâts, a dit Avery Shenfeld, l'économiste principal de la Banque CIBC.

«La Banque du Canada a diminué les taux d'intérêt de manière agressive, et doit en faire encore davantage», a-t-il dit en conférence de presse hier. Il croit toutefois qu'il «ne sera peut-être pas nécessaire de réduire les taux à 0 %, compte tenu du fait que nous allons bénéficier des retombées du plan de relance américain, sans oublier que notre dollar est plus faible».

Le mois dernier, la banque centrale canadienne a réduit son taux directeur à 1,5 %, son niveau le plus bas en un demi-siècle.

Pour sa part, Sherry Cooper, de la Banque de Montréal, a déclaré que la situation actuelle est très certainement «sans précédent». «Elle est mondiale et affecte des secteurs partout sur le globe. Il n'y a aucun endroit où se cacher», a-t-elle exprimé.

Au Canada, les bouleversements économiques continueront de frapper le pays pendant la première moitié de l'année, au moins, avant que l'on observe un retour à une croissance modérée, ont unanimement prédit les économistes.

Un rapport de BMO Marchés des capitaux affirme que le PIB réel descendra à un peu plus de deux pour cent et que le taux de chômage augmentera à 8 % d'ici la fin de l'année.

Les prix des maisons devraient baisser davantage et les dépenses des consommateurs diminueront, surtout dans le domaine de l'automobile, peut-on lire dans le rapport.

Mme Cooper croit cependant que les politiques gouvernementales et les plans de relance réussiront à faire sortir le pays de la récession à compter du troisième trimestre. «À la fin, nous aurons mieux réussi que le reste du monde, certainement mieux que le reste du G7», a-t-elle prédit.

Les autres économistes principaux qui participaient à cette conférence sont Warren Jestin, de la Banque Scotia, et Craig Wright, de la Banque Royale.
 
 
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