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Royaume-Uni - Marks & Spencer replonge dans la crise

La chaîne a annoncé hier la fermeture d'une trentaine de magasins et la suppression de plus d'un millier d'emplois

8 janvier 2009  Actualités économiques
Souvent considéré au Royaume-Uni comme un temple de la classe moyenne anglaise traditionnelle, M&S est le premier distributeur de vêtements du Royaume-Uni et l’une des premières chaînes de supermarchés alimentaires du pays, au positionnement haut
Photo : Agence France-Presse
Souvent considéré au Royaume-Uni comme un temple de la classe moyenne anglaise traditionnelle, M&S est le premier distributeur de vêtements du Royaume-Uni et l’une des premières chaînes de supermarchés alimentaires du pays, au positionnement haut
Londres — La chaîne Marks & Spencer, enseigne phare de la Middle England depuis des générations, à peine remise de sa mauvaise passe du début des années 2000, a annoncé hier la fermeture d'une trentaine de magasins et la suppression de plus d'un millier d'emplois, illustrant à son tour la crise qui secoue l'économie britannique.

Alors que les dernières succursales de Woolworths, des bric-à-brac populaires, venaient tout juste de fermer définitivement leurs portes mardi, laissant 27 000 employés sur le carreau, et que plusieurs autres enseignes comme Zavvi (ex-Virgin Megastore) sont en dépôt de bilan, l'annonce de «M&S» est un nouveau coup dur pour le secteur britannique de la distribution.

À l'occasion d'un point sur ses ventes pendant la saison des fêtes, qui ont chuté de 7,1 % au Royaume-Uni (la pire performance depuis 10 ans selon des analystes), le groupe a dévoilé un plan visant à économiser 190 à 217 millions d'euros dès son prochain exercice, qui démarrera en avril. Il prévoit la fermeture de 27 magasins en Grande-Bretagne (essentiellement des supérettes Simply Food), et la réduction de 15 % des effectifs administratifs du siège. Au total, 1230 employés pourraient perdre leur poste, soit près de 2 % des effectifs mondiaux, qui s'élèvent à 75 000 personnes.

Frappé par la crise, qui pousse les Britanniques à se serrer la ceinture, Marks & Spencer a présenté ces mesures comme nécessaires pour maintenir sa compétitivité face au repli de ses ventes domestiques. «Nous savons bien que ces mesures proposées sont difficiles pour les employés qui seront touchés, mais [...] nous pensons que nous prenons les bonnes décisions pour que notre entreprise reste solide», a plaidé le p.-d.g., Stuart Rose.

Ces suppressions de postes n'ont pas étonné en tant que telles vu la tourmente que traverse le Royaume-Uni, qui est selon toute vraisemblance entré en récession au deuxième semestre 2008 (les statistiques officielles qui devraient le confirmer sont attendues à la fin du mois).

Mais leur ampleur a néanmoins surpris, des fuites dans la presse ayant évoqué plutôt un millier de licenciements. «Nous sommes choqués par la sévérité de ces licenciements et nous n'avions pas prévu que des magasins seraient fermés», s'est ainsi ému John Gorle, du principal syndicat des employés du commerce, l'Usdaw.

Un temple de la Middle England

Souvent considéré au Royaume-Uni comme un temple de la Middle England, la classe moyenne anglaise traditionnelle, M&S est le premier distributeur de vêtements du Royaume-Uni: des générations entières de Britanniques ont revêtu ses uniformes scolaires et autres sous-vêtements. C'est aussi l'une des premières chaînes de supermarchés alimentaires du pays, au positionnement haut de gamme.

Née au XIXe siècle, la chaîne, qui a conservé la particularité de ne vendre que des produits de sa propre marque, sortait à peine d'une précédente crise. Au début de la décennie, victime d'une chute de ses profits, le groupe à l'image alors désuète s'était lancé dans un grand chantier de modernisation. Les magasins d'Europe occidentale, dont ceux en France, qui employaient 4400 personnes, ont été cédés. Les gammes de vêtements ont été restylées avec l'aide de nouveaux designers, et les magasins ont été rénovés.

Cette précédente restructuration commençait à porter ses fruits: les bénéfices annuels avaient repassé la barre du milliard de livres lors de l'exercice achevé en mars 2008, pour la première fois depuis la fin des années 1990. Mais au premier semestre de l'exercice en cours, ils ont chuté de 43 %.
 
 
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