Les baisses d'impôt, thème chéri de Flaherty
Photo : Jacques Nadeau
Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, à Montréal hier.
L'hypothèse d'une nouvelle ronde de baisses d'impôt semble désormais être le mot d'ordre à chaque sortie du ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, qui a de nouveau lancé l'idée hier lors de son passage à Montréal en marge de ses consultations prébudgétaires.
Prié par les journalistes de dire si le spectre d'une baisse d'impôt de 300 milliards $US aux États-Unis le poussait à agir dans le même sens, le ministre Flaherty a affirmé lors d'un point de presse avant ses rencontres que plusieurs avenues s'offrent à lui pour stimuler l'économie, y compris celle d'un allégement fiscal.
«Ce que j'entends partout au Canada et auprès de mon conseil consultatif économique, c'est qu'on doit investir encore plus dans les infrastructures afin de soutenir l'économie, mais aussi qu'on doit envisager de nouvelles baisses d'impôt», a dit M. Flaherty sans préciser davantage ou donner des chiffres. Les conditions économiques «continuent de se détériorer», a-t-il ajouté.
Le ministre Flaherty a rappelé qu'Ottawa a déjà prévu des baisses d'impôt d'ici 2012 mais que le contexte de crise — un cocktail de récessions dans plusieurs régions du monde — méritait l'examen de ce qui pourrait permettre à l'économie canadienne de repartir sur des bases nouvelles une fois le ralentissement terminé.
Or M. Flaherty a aussi affirmé qu'Ottawa se penche sur certaines questions par rapport au régime d'assurance-emploi, notamment en ce qui concerne les craintes du milieu des affaires de voir les primes augmenter, mais aussi au chapitre de l'admissibilité et de la formation professionnelle. Il a ajouté que, puisque les pertes d'emplois se multiplient au Canada, il faudra prendre des mesures pour aider les travailleurs et leur permettre d'«encaisser le choc». Il n'a pas donné de détails.
Le budget du ministre Flaherty sera déposé à la Chambre des communes le 27 janvier, et le vote promet d'être un test important pour le gouvernement conservateur, en position minoritaire, devant la grogne qui anime les partis d'opposition depuis le mois dernier.
Déjà des baisses
Par exemple, le taux d'imposition des entreprises a de nouveau diminué le 1er janvier 2009, soit d'un demi-point de pourcentage à 19 %. Il s'agit de la deuxième baisse prévue par l'énoncé économique du gouvernement fédéral en 2007. L'objectif d'Ottawa est de faire passer le taux de 22 %, son niveau précédent, à seulement 15 % d'ici 2012.
L'efficacité des baisses d'impôt comme stimulant économique est loin de faire l'unanimité. Depuis quelques jours, plusieurs études, dont une du Fonds monétaire international, ont suggéré que des baisses d'impôt généralisées peuvent rater la cible et qu'il faudrait privilégier l'intervention gouvernementale (voir autre texte en page B 1).
Le ministre des Finances devait rencontrer plusieurs personnalités du milieu des affaires et de l'économie hier. Entre autres choses, il avait prévu un tête-à-tête avec le maire de Montréal, Gérald Tremblay.
Ottawa a affirmé peu avant Noël que le gouvernement fédéral devra déclarer un déficit en 2008-09, un premier en 12 ans.
La Presse canadienne a appris au mois de décembre d'un haut fonctionnaire que le déficit pourrait atteindre «entre 20 et 30 milliards». La part de ce déficit attribuable à l'augmentation des dépenses demeure inconnue. Le ministre Flaherty a dit hier qu'il est encore trop tôt pour chiffrer le déficit prévu au prochain budget.
«Est-ce qu'on fait un déficit pour entreprendre des travaux d'infrastructure — ce qui stimule l'économie et n'a pas d'effet récurrent — ou si on encourt un déficit en se privant de recettes en espérant que cette privation sera temporaire?», s'est demandé Luc Godbout, fiscaliste à l'Université de Sherbrooke, lors d'un entretien.
«Nous nous assurerons que les dépenses qui nous placent en situation de déficit soient temporaires, à des fins déterminées, pour éviter de tomber en situation de déficit permanent», a dit M. Flaherty le 23 décembre. Du même souffle, il avait alors promis que le budget du 27 janvier prochain montrerait la manière par laquelle Ottawa émergerait de la crise.
Impact sur les services
Hier, l'argentier du gouvernement fédéral a cependant contourné une question lui demandant de préciser l'impact d'une baisse des revenus fiscaux sur les programmes et services.
«Le but est de maintenir l'économie en bon état, a répondu M. Flaherty. Nous entrons dans une période difficile. Le monde est en récession et le Canada, qui pratique le libre-échange, est affecté par ça. Il nous faut prendre des mesures à court terme pour offrir un stimulant à l'économie, mais aussi, il faut prendre les moyens de renforcer les capacités de l'économie pour sortir de la crise en position de force. Les baisses d'impôt sont une façon d'encourager l'investissement et de laisser de l'argent dans les poches des contribuables», a-t-il dit.
«Il y a déjà eu des baisses d'impôt et ça n'a pas donné les résultats escomptés», a dit le porte-parole du Bloc québécois en matière de finances, Jean-Yves Laforest. «Le Parti conservateur est encore dans son mode de laisser-faire économique et pense que c'est ça qui va résoudre la crise. [...] En période de crise économique, il faudrait qu'ils élargissent leurs horizons et qu'ils reconnaissent que l'État a un rôle majeur à jouer pour relancer l'économie.»
Le 23 décembre, les données du ministère des Finances ont montré que le gouvernement fédéral a subi un déficit de 600 millions au cours du mois d'octobre, comparativement à un déficit de 500 millions un an plus tôt. De plus, pour les sept premiers mois de 2008-09, l'excédent s'est chiffré à seulement 200 millions, «soit un recul de 5,9 milliards comparativement à l'excédent de 6,1 milliards enregistré pour la même période de 2007-08».
En rappelant qu'un certain nombre d'investissements en infrastructures seraient envisagés pour redonner du tonus à l'économie, M. Flaherty a dit que les provinces devraient mettre la main à la pâte elles aussi.
Prié par les journalistes de dire si le spectre d'une baisse d'impôt de 300 milliards $US aux États-Unis le poussait à agir dans le même sens, le ministre Flaherty a affirmé lors d'un point de presse avant ses rencontres que plusieurs avenues s'offrent à lui pour stimuler l'économie, y compris celle d'un allégement fiscal.
«Ce que j'entends partout au Canada et auprès de mon conseil consultatif économique, c'est qu'on doit investir encore plus dans les infrastructures afin de soutenir l'économie, mais aussi qu'on doit envisager de nouvelles baisses d'impôt», a dit M. Flaherty sans préciser davantage ou donner des chiffres. Les conditions économiques «continuent de se détériorer», a-t-il ajouté.
Le ministre Flaherty a rappelé qu'Ottawa a déjà prévu des baisses d'impôt d'ici 2012 mais que le contexte de crise — un cocktail de récessions dans plusieurs régions du monde — méritait l'examen de ce qui pourrait permettre à l'économie canadienne de repartir sur des bases nouvelles une fois le ralentissement terminé.
Or M. Flaherty a aussi affirmé qu'Ottawa se penche sur certaines questions par rapport au régime d'assurance-emploi, notamment en ce qui concerne les craintes du milieu des affaires de voir les primes augmenter, mais aussi au chapitre de l'admissibilité et de la formation professionnelle. Il a ajouté que, puisque les pertes d'emplois se multiplient au Canada, il faudra prendre des mesures pour aider les travailleurs et leur permettre d'«encaisser le choc». Il n'a pas donné de détails.
Le budget du ministre Flaherty sera déposé à la Chambre des communes le 27 janvier, et le vote promet d'être un test important pour le gouvernement conservateur, en position minoritaire, devant la grogne qui anime les partis d'opposition depuis le mois dernier.
Déjà des baisses
Par exemple, le taux d'imposition des entreprises a de nouveau diminué le 1er janvier 2009, soit d'un demi-point de pourcentage à 19 %. Il s'agit de la deuxième baisse prévue par l'énoncé économique du gouvernement fédéral en 2007. L'objectif d'Ottawa est de faire passer le taux de 22 %, son niveau précédent, à seulement 15 % d'ici 2012.
L'efficacité des baisses d'impôt comme stimulant économique est loin de faire l'unanimité. Depuis quelques jours, plusieurs études, dont une du Fonds monétaire international, ont suggéré que des baisses d'impôt généralisées peuvent rater la cible et qu'il faudrait privilégier l'intervention gouvernementale (voir autre texte en page B 1).
Le ministre des Finances devait rencontrer plusieurs personnalités du milieu des affaires et de l'économie hier. Entre autres choses, il avait prévu un tête-à-tête avec le maire de Montréal, Gérald Tremblay.
Ottawa a affirmé peu avant Noël que le gouvernement fédéral devra déclarer un déficit en 2008-09, un premier en 12 ans.
La Presse canadienne a appris au mois de décembre d'un haut fonctionnaire que le déficit pourrait atteindre «entre 20 et 30 milliards». La part de ce déficit attribuable à l'augmentation des dépenses demeure inconnue. Le ministre Flaherty a dit hier qu'il est encore trop tôt pour chiffrer le déficit prévu au prochain budget.
«Est-ce qu'on fait un déficit pour entreprendre des travaux d'infrastructure — ce qui stimule l'économie et n'a pas d'effet récurrent — ou si on encourt un déficit en se privant de recettes en espérant que cette privation sera temporaire?», s'est demandé Luc Godbout, fiscaliste à l'Université de Sherbrooke, lors d'un entretien.
«Nous nous assurerons que les dépenses qui nous placent en situation de déficit soient temporaires, à des fins déterminées, pour éviter de tomber en situation de déficit permanent», a dit M. Flaherty le 23 décembre. Du même souffle, il avait alors promis que le budget du 27 janvier prochain montrerait la manière par laquelle Ottawa émergerait de la crise.
Impact sur les services
Hier, l'argentier du gouvernement fédéral a cependant contourné une question lui demandant de préciser l'impact d'une baisse des revenus fiscaux sur les programmes et services.
«Le but est de maintenir l'économie en bon état, a répondu M. Flaherty. Nous entrons dans une période difficile. Le monde est en récession et le Canada, qui pratique le libre-échange, est affecté par ça. Il nous faut prendre des mesures à court terme pour offrir un stimulant à l'économie, mais aussi, il faut prendre les moyens de renforcer les capacités de l'économie pour sortir de la crise en position de force. Les baisses d'impôt sont une façon d'encourager l'investissement et de laisser de l'argent dans les poches des contribuables», a-t-il dit.
«Il y a déjà eu des baisses d'impôt et ça n'a pas donné les résultats escomptés», a dit le porte-parole du Bloc québécois en matière de finances, Jean-Yves Laforest. «Le Parti conservateur est encore dans son mode de laisser-faire économique et pense que c'est ça qui va résoudre la crise. [...] En période de crise économique, il faudrait qu'ils élargissent leurs horizons et qu'ils reconnaissent que l'État a un rôle majeur à jouer pour relancer l'économie.»
Le 23 décembre, les données du ministère des Finances ont montré que le gouvernement fédéral a subi un déficit de 600 millions au cours du mois d'octobre, comparativement à un déficit de 500 millions un an plus tôt. De plus, pour les sept premiers mois de 2008-09, l'excédent s'est chiffré à seulement 200 millions, «soit un recul de 5,9 milliards comparativement à l'excédent de 6,1 milliards enregistré pour la même période de 2007-08».
En rappelant qu'un certain nombre d'investissements en infrastructures seraient envisagés pour redonner du tonus à l'économie, M. Flaherty a dit que les provinces devraient mettre la main à la pâte elles aussi.
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